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Stade Rennais : « Il y a une accumulation »… Le père d’un jeune joueur tente d’expliquer pourquoi il a frappé un dirigeant
FOOTBALL•Le père du joueur de la réserve du Stade Rennais Noah Françoise avait frappé le directeur du centre de formation en avril après un matchCamille Allain
L'essentiel
- Le père d’un joueur du centre de formation du Stade Rennais était jugé ce vendredi pour avoir violenté un dirigeant du club en avril.
- Interrogé sur les raisons de son geste, Robert Françoise a expliqué qu’il avait un différend avec le directeur du centre de formation au sujet de la carrière de son fils.
- « Ces agressions se multiplient », a dénoncé l’avocat de l’Union des entraîneurs et cadres techniques du football français.
«Je ne vais pas me défausser. Malgré l’accumulation de faits, j’aurais dû avoir la hauteur nécessaire pour ne pas perdre mon sang-froid ». Face au tribunal correctionnel de Rennes, Robert Françoise a reconnu les violences à l’encontre du directeur du centre de formation du Stade Rennais perpétrées le 23 avril, après une défaite de la réserve rennaise face au Stade Brestois. Mais il a nié avoir porté le moindre coup à Denis Arnaud, seulement l’avoir « pris au col ». Il n’a pas non plus présenté d’excuses, ce qui a agacé les avocats des parties civiles. Jugé pour violences ce vendredi matin, le prévenu a vu le procureur demander une simple peine d’amende de 800 euros et l’obligation d’effectuer un stage de citoyenneté sous six mois. Mise en délibéré, la décision sera rendue le 28 juin.
Sans se justifier, le père du jeune Noah Françoise a tenté d’expliquer ce qu’il décrit comme une « perte de sang-froid ». Calmement, les mains croisées dans le dos, l’homme a expliqué la relation tendue qu’il entretenait avec le directeur du centre de formation. « Il y a un fond, une accumulation. Au moment de la signature du contrat pro, ça se passait déjà très mal », a expliqué le prévenu âgé de 49 ans. Le père du capitaine de la réserve accuse le directeur du centre de formation d’avoir « caché le nom de Noah » lorsque le coach Bruno Genesio a pris les rênes de l’équipe phare en mars 2021. Ou encore un prétendu appel au sélectionneur de l’équipe de France U19 Landry Chauvin lui demandant de ne pas sélectionner son fils. « Un raisonnement délirant », selon l’avocat du Stade Rennais Thierry Fillion. « C’est impossible et impensable », a ajouté l’avocat.
Une vidéo amateur projetée lors de l’audience
Le 23 avril, le club avait été le théâtre d’une altercation violente entre le directeur du centre de formation et le père du capitaine de la réserve. Alors qu’il partait en direction de son véhicule, Denis Arnaud avait aperçu le père de Noah Françoise et aurait voulu le saluer, ce que ce dernier a refusé. La victime a alors été bousculée, attrapée par le col puis projetée contre le grillage. Alors qu’ils avaient été séparés, les deux hommes étaient revenus au contact, sous l’impulsion du père. Y a-t-il eu des coups assénés par le prévenu ? Lui assure que non. La vidéo amateur diffusée lors de l’audience ne permet pas non plus de se faire une idée. « Dans leur rapport, les enquêteurs expliquent que vous armez un coup de poing et que vous l’assénez sur le haut du corps de la victime ». « Je n’ai porté aucun coup », assure le père. Le médecin qui a examiné Denis Arnaud a décelé une fracture à une côte, occasionnant 15 jours d’arrêt de travail.
Absent de l’audience, le directeur du centre de formation a été « très choqué » par cette agression, rapporte son avocat, qui précise que son client est toujours en suivi psychologique. Une agression condamnée par le joueur. « La réelle victime de tout ça, c’est Noah », a osé son père, avant d’être rapidement repris par la juge. « Non monsieur. La victime de tout ça, c’est Denis Arnaud et le Stade Rennais », répond la magistrate. Capitaine de la réserve, son fils a continué à porter le brassard jusqu’à la fin de saison, conclue par une montée en National 2. « Le fond de l’histoire, ce n’est pas Noah, c’est l’ambition de monsieur. Il vient se présenter comme étant la victime, sans exprimer une excuse », tacle Didier Lacombe.
«Ces agressions se multiplient»
L’avocat du barreau de Saint-Etienne est venu plaider la cause de l’Union nationale des entraîneurs et cadres techniques du football français (UNECATEF), qui s’est portée partie civile. « Agresser un éducateur, c’est agresser toute la profession. Et ces agressions se multiplient parce que des parents sont insatisfaits de la situation de leur enfant. C’est dans la même veine que les agressions d’enseignants à la sortie de l’école », estime Didier Lacombe.
Après avoir cité l’ancien international Dominique Rocheteau, le procureur interroge le prévenu. « Votre fils, il n’avait pas honte ? ». Réponse maladroite du père. « Pour vous, quelles sont les valeurs principales du football ? ». Le prévenu répond sans hésiter : « La tolérance, l’acceptation et l’ouverture ». Ce jour d’avril, elles ont été largement piétinées. Avant même de connaître la décision du tribunal le 28 juin, le prévenu a déjà reçu une première condamnation. Éducateur spécialisé dans l’accompagnement de sportifs de haut niveau, Robert Françoise a vu l’agence avec laquelle il travaillait mettre un terme à son contrat.



















