Roland-Garros 2022 : Coworking, télétravail… Comment regarder Roland-Garros sans le moindre scrupule

TENNIS Le développement du télétravail et du coworking a complètement changé le rapport au travail pendant Roland-Garros

François Launay
— 
Un espace de coworking a été installé pendant les qualifications de Roland Garros
Un espace de coworking a été installé pendant les qualifications de Roland Garros — Wojo
  • Pendant longtemps, il fallait se cacher au bureau pour regarder Roland-Garros
  • Mais depuis le Covid et l’émergence du télétravail, il est devenu beaucoup plus simple de suivre le tournoi pendant les heures de bureau.
  • Et pour la première fois cette année un espace de coworking a directement été créé dans Roland-Garros.

A Roland-Garros,

« Le travail, c’est ce qui donne un sens à sa vie. » La déclaration date d’une semaine et est signée Elisabeth Borne. La nouvelle Première ministre du pays a mis la valeur travail au centre de son action. Sauf que les Français ne sont pas toujours d’accord.

Car ce qui donne un sens à sa vie à la fin du mois de mai, entre les ponts de l’Ascension et de la Pentecôte, c’est aussi de se mater peinard Roland-Garros sans se faire choper au taf. Pendant longtemps, le système D était même de rigueur en entreprise pour regarder les matchs en pleine journée.

Plus besoin de jouer les apprentis Bill Gates pour mater les matchs

« Il y a trente ans, un de mes collègues avait sa petite télé dans son tiroir au bureau pour suivre Roland-Garros… C’est comme ça qu’en 1991, nous avons même suivi le retour de Björn Borg à Monte-Carlo », raconte Dominique dans l’appel à témoignages lancé sur le sujet. Sans remonter à aussi loin, d’autres malins ont développé depuis longtemps une technique simple sur leur ordi de bureau à l’image de Romain.

« Avec un petit logiciel adéquat qui simule l’activité de l’ordinateur sur un logiciel de bureautique, pas de souci pour regarder les matchs ». Mais désormais, plus besoin de jouer les Bill Gates pour assister entre deux réunions aux exploits de Nadal et Djokovic.

« Je travaille en même temps que je suis les matchs »

Depuis le Covid et l’essor du télétravail, se poser dans le canap pour regarder des bouts de matchs du tournoi est devenu bien plus simple que d’entrer au Stade de France un soir de finale de Ligue des champions. « Ma télé est allumée toute la journée sur Roland-Garros, je travaille en même temps que je suis les matchs, le télétravail est vraiment une aubaine pour ça ! », sourit Capucine.

D’autres, qu’on n’est pas obligés de croire, assurent même avoir évolué dans leur rapport au travail. « Je dirai que le télétravail m’a rendu plus mature par rapport aux exigences de mon métier. La télé reste allumée avec le son et lorsque les commentaires s’emballent je me permets de jeter un œil alors que sans le son, tu restes accroché à l’image ou au score pour éviter de rater de belles émotions », explique Paul.

Travailler à Roland-Garros, c’est désormais possible

Même si certains râlent, comme Michel estimant qu'« en télétravail, on travaille, et ce serait bien d’arrêter avec ces poncifs comme quoi on peut glander tranquillement », faut reconnaître qu’il n’y a plus besoin de se cacher pour regarder le tournoi en pleine journée.

D’autres ont même poussé le concept plus loin en venant tout simplement bosser à Roland-Garros pendant le tournoi. Pendant la semaine des qualifications, qui précède le début du tournoi, la société Wojo a ainsi installé un espace de coworking sous le court Suzanne-Lenglen.

Plus de mille personnes sont venues passer une ou plusieurs journées de travail à Roland

Moyennant 45 euros par jour, il était possible à la fois de bosser mais aussi d’aller mater des matchs sur tous les courts entre deux visios. Bilan de l’opération : un vrai succès selon Sébastien Dupic. « Plus de 1.100 personnes sont venues du lundi au vendredi. Les réservations sont parties très vite. Et contrairement à ce qu’on pourrait penser, les gens ont vraiment travaillé », assure le vice-président des opérations chez Wojo qui n’exclut pas de renouveler l’expérience l’année prochaine.

Parmi ceux qui en ont bénéficié, figure Ronny Rajinundun. Ce cadre de la société Nomattitude confirme avoir bossé tout en profitant du cadre de Roland-Garros pour à la fois développer son réseau et voir des matchs. « Même si on n’a pas été à 100 % productifs, quand on montrait en visio qu’on bossait à Roland-Garros, c’était pas mal pour l’image de la boîte. On travaillait pendant deux heures puis on allait voir des matchs pendant deux heures… On s’est adaptés comme ça toute la journée. Et puis on a rencontré plein d’entreprises avec lesquelles on a bien discuté dans ce cadre exceptionnel. Ça a facilité les échanges », apprécie le chef d’agence. La preuve que Roland-Garros peut aussi changer le rapport au travail.