Real Madrid-PSG : Les Parisiens en font-ils trop sur l’arbitrage et le contact sur Donnarumma ?

FOOTBALL Nasser Al Khelaïfi, Leonardo, et Mauricio Pochettino ne décoléraient pas de la décision d’accorder le but de l’égalisation à Karim Benzema, celui qui a marqué le début de la fin pour le PSG, éliminé en 8es de finale retour de Ligue des champions (3-1)

Julien Laloye
— 
Hakimi et Marquinhos discutent avec Danny Makkelie lors de Real-PSG.
Hakimi et Marquinhos discutent avec Danny Makkelie lors de Real-PSG. — JAVIER SORIANO / AFP
  • Nasser Al-Khelaïfi et Leonardo auraient piqué une grosse colère en descendant voir l’arbitre de la rencontre Danny Makkelie.
  • Les deux hommes, comme Mauricio Pochettino, ne digèrent pas qu’une faute de Benzema sur Donnarumma n’ait pas été signalée sur le premier but.

De notre envoyé spécial à Madrid,

Il s’était pourtant rabiboché, au moins en façade, avec Florentino Perez lors d’un déjeuner cordial autour d’une salade de homard et d’un loup de mer accompagné de son concassé de tomates. Miam. Il avait même accepté le cadeau de son ennemi personnel, une maquette du nouveau Bernabeu. Si Nasser Al-Khelaïfi avait su, il lui aurait jeté à la figure. Selon nos confrères espagnols, le président parisien, qu’on avait déjà vu  furibard dans ces lieux en 2018 à cause d’un ou deux coups de sifflet discutables, a complètement perdu les pédales après l’élimination parisienne.

Nasser et Pochettino mauvais perdants ?

Tout n’était pas très clair mercredi soir, mais dans sa volonté d’en découdre avec l’arbitre de la rencontre, NAK, parti en furie de la tribune d’honneur, se serait d’abord trompé de vestiaire, tombant nez à nez avec plusieurs membres de la délégation madrilène. « Une rencontre très désagréable » selon plusieurs témoins. La Cadena SER, toujours très fiable, précisait qu’en employé a filmé la scène, et que le Qatari l’a menacé avec des mots durs : « Je vais te tuer ».

Accompagné de Leonardo, le président du PSG aurait finalement trouvé ce qu’il cherchait, et hors de lui, aurait ciré à plusieurs reprises et donné un coup au drapeau de l’un des juges de ligne, si l’on en croit un extrait du rapport arbitral, qui a fuité bien vite dans la presse espagnole. Le club parisien a de son côté nié en bloc les informations espagnoles, évoquant une altercation pas méchante avec un cameraman de la chaîne officielle du Real.

« Je ne pardonnerai jamais cette erreur d’arbitrage »

Dans le viseur du dirigeant parisien, évidemment, ce duel entre Karim Benzema et Gigio Donnarumma sur le premier but du Real, celui qui a déclenché l’impensable cataclysme, alors que le pauvre gardien italien n’avait pas eu un pu… d’arrêt à faire depuis le coup d’envoi au Parc il y a trois semaines. Pareil pour Pochettino qui a tourné en rond là-dessus en conférence de presse comme on ressasse une rupture en enfilant les verres de chardonnay sur le canapé. Déjà sur Canal +, l’entraîneur argentin n’avait parlé que de ça :

« Expliquer ce qui s’est passé, c’est facile, il y avait faute sur Donnarumma lors du 1er but, et ça a tout changé. C’est difficile de ne pas parler de cette grosse erreur d’arbitrage, que je ne comprends pas et que je ne pardonnerai pas. Je ne comprends pas pourquoi l’arbitre n’a pas fait appel à la VAR. A partir de cette action tout a changé dans le stade, nos joueurs étaient énervés, même s’il faut reconnaître que nous avons fait des erreurs »

On pouvait penser que le petit quart d’heure avant son passage en conf lui permettrait de refroidir les circuits, mais non, rien à faire. « Ce but est une grande injustice, il y a une faute claire de Benzema sur Donnarumma […] J’ai vu une faute et je dis après avoir vu les images 30 ou 40 fois sous différents angles ».

Oui, vous avez bien lu, 40 fois, signe que la lucidité avait complètement déserté les esprits parisiens longtemps après le KO technique. Parce qu’en vrai, faut-il crier au vol caractérisé de monsieur Makkelie, quand le reste du match ne souffre pas de grossières erreurs ayant pu influencer le résultat, le VAR se chargeant de clarifier les hors-jeu de Mbappé et le non hors-jeu de Benzema ? Plusieurs remarques nous concernant :

  • Dans le stade, personne ne s’est demandé s’il y avait faute

Surtout pas les journalistes français. La première impression n’est pas toujours la bonne, mais elle est un bon indicateur de la réalité d’une faute éventuelle. Benzema avait d’ailleurs l’air surpris qu’on se pose la question : « C’est un pressing tout simplement, il n’avait qu’à dégager ».

  • Au ralenti, le contact existe, c’est indéniable.

Mais le contact n’entraîne pas la faute systématique, ça se saurait, et même après 40 visionnages, on peut toujours se dire que c’est 50/50. L’arbitre aurait pu siffler, mais ce n’est pas un cas ou la VAR doit rentrer en compte, si l’on s’en tient aux règles originelles.

  • Donnarumma fait une erreur en ne dégageant pas plus rapidement.

Même Leonardo l’a reconnu, le gardien italien « a raté son mouvement », offrant la seconde supplémentaire à Benzema pour venir le presser. En fait, l’action nous a rappelé de loin celle de Paqueta sur Jardim au Parc OL récemment. Turpin, comme Makkiele avait estimé que c’est surtout le gardien qui s’était loupé, et il ne s’était déjugé qu’après appel de la VAR qui n’aurait jamais dû exister, le DTN Pascal Garibian l’avait confirmé.

C’est un peu le même cas de figure ici. Peut-être que l’arbitre néerlandais aurait changé d’avis à Bernabeu en voyant les images sur le bord de la pelouse, mais ce n’est pas une erreur manifeste, donc la VAR n’avait pas à bouger une oreille. D’ailleurs les supporters parisiens, beaucoup plus élégants dans la défaite que leurs dirigeants, n’ont pas demandé l’intervention du TAS dans la minute, d’avantage révoltés par l’écroulement psychologique de leurs troupes après ce but.

N’empêche, cela fera un nouvel album dans la collection « chair de poule » du PSG en Ligue des champions, bien au chaud entre la main de Kimpembé, la boulette de Buffon, la tête de Coman, ou le portrait d’Aytekin. Il n’y aura bientôt plus de place sur l’étagère, à ce rythme.