Real-PSG: «L’UEFA doit faire quelque chose », furibard, Nasser al-Khelaïfi en a fait presque «too much» sur l’arbitrage

FOOTBALL Le président parisien a beaucoup assisté sur le rôle de M.Rocchi dans la défaite concédée à Madrid en 8e de finale aller de la Ligue des champions (3-1)…

Julien Laloye
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Lo Celso a provoqué un penalty suite à une faute sur Kroos.
Lo Celso a provoqué un penalty suite à une faute sur Kroos. — CURTO DE LA TORRE / AFP
  • Nasser Al-Khelaïfi s'en est pris à l'arbitre de la rencontre de manière surprenante.
  • L'état-major du club estime être défavorisé depuis trop longtemps en Coupe d'Europe.

De notre envoyé spécial,

Dédoublement de personnalité inquiétant chez le président du PSG. Mercredi, après cette nouvelle fin de match cata dans un stade espagnol, on a fait connaissance avec Jean-Michel Al-Khelaïfi. Jamais vu le bonhomme dans cet état. L’œil noir, NAK a vidé son chargeur sans même attendre la question sur l’arbitre italien M.Rocchi, qu’on imagine déjà sur une liste noire quelque part à Doha.

« Quand on joue contre une grande équipe, c’est la même chose, toujours. L’année dernière contre Barcelone, cette année contre le Real… Ok, le Real Madrid c’est une grande équipe, mais ça suffit maintenant, l’UEFA doit faire quelque chose. »

A la sulfateuse le Nasser. Les suiveurs se regardent alors interloqués, le temps de faire le point dans leurs petits cerveaux à fond les turbines. A notre décharge, on ne voit pas tout passer des tribunes, encore moins quand on est placés tout en haut au niveau du Mont-Blanc comme à Bernabeu. Trois faits de jeu discutables nous reviennent en tête.

  • Le péno sur Kroos ? Pas énorme, mais Lo Celso est en retard et il doit éviter le contact
  • La main de Ramos ? Sur le coup, à part Rabiot, le tireur, aucun parisien ne semble scandalisé de devoir se contenter d’un corner. Elle peut se siffler, OK, mais à part s’amputer d’un bras, le capitaine madrilène ne peut pas faire grand-chose d’autre.
  • La faute de Ronaldo sur Kimpembé qui amène au deuxième but ? Les ralentis qu’on a pu voir montrent que le défenseur s’écroule sans être touché pensant que ce sera sifflé quand même, peut-être sa seule erreur de la soirée

 

Il y a aussi une histoire de Mbappé signalé hors-jeu à tort, mais ça, on l’a loupé. Bref. On en est là de nos réflexions (ouais, on réfléchit vachement vite), qu’on retend l’oreille pour écouter Nasser rajouter la deuxième couche de peinture.

« Je ne dis pas qu’on a perdu à cause de l’arbitre, parce que les choses étaient claires, mais il y a de petits détails qui changent beaucoup de choses. Je pense spécialement au carton jaune d’Adrien Rabiot, ce n’est pas un carton jaune, c’est sûr. On va faire appel ».

On vous la fait courte, hien. Cette histoire de carton de Rabiot a duré une grosse minute, comme si c’était l’affaire du siècle, alors qu’on parle d’un coup-franc, certes totalement imaginaire, mais pas du tout décisif puisque Ronaldo l’a envoyé dans le mur comme les 2 456 derniers qu’il a tirés. Emery n’a pas parlé de Rabiot, mais il a lui aussi envoyé sur l’arbitrage, comme quand deux gars accordent leur version avant une garde à vue.

« Le penalty n’est pas très clair, il y a un autre penalty clair avec une main de Ramos, une faute sur Kimpembe… Si toutes les choses à Paris sont différentes et plus équilibrées, le scénario sera différent. Les arbitres ont pris des décisions qui nous ont porté préjudice. »

Mettons-nous bien d’accord. Il y a un fond de vérité dans le constat que les faits de jeu n’ont pas été dans le sens des Parisiens mercredi soir. Mais rien à voir avec le scandale de Barcelone l’an passé. Notre impression ? L’état-major parisien, comme sonné ce soir-là par cette fin de match impensable, avait presque oublié de s’en prendre à l’arbitrage. Depuis, il se rattrape, en se disant, sûrement à raison, que parler fort était un moyen comme un autre de commencer à se faire respecter par les instances. Il faut croire que ce n’était pas pour ce coup-ci.

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Les joueurs pas d’accord avec l’analyse

Puisque la mauvaise foi est souvent partagée par ceux qui regardent, on a voulu savoir ce qu’en avaient pensé ceux qui jouent. Le premier à parler, quelques secondes après le coup de sifflet final, a été Rabiot (au micro de Bein). Encore dans le feu de l’action et privé du recul de son président qui a eu le temps de réfléchir à ce qu’il allait dire, le milieu parisien n’a jamais parlé de l’arbitrage. Il a préféré flinguer ses attaquants avec une punchline mémorable. « Ce problème c’est que c’est facile d’en mettre 8 à Dijon, ou 4 en championnat. C’est dans ces matches-là qu’il faut être décisif. »

Marco Verratti non plus n’a pas évoqué le sujet spontanément. Il a fallu le lancer pour gratter un peu. « Ça n’a pas été des erreurs très, très claires, mais je pense que sur les petits détails, les choses vont toujours dans leur sens. C’est difficile mais ce n’est pas à cause de l’arbitre qu’on a perdu 3-1. » Toujours écouter les joueurs. C’est encore eux qui savent le mieux, et mercredi, c’est après leurs propres insuffisances qu’ils en avaient. Ou la malchance de prendre les deux derniers buts sur des actions pas claires, à la rigueur. C’est déjà plus honnête.