OL-Stade de Reims : Le Lyon de Peter Bosz se rapproche-t-il de la crise après ce nouveau couac ?

FOOTBALL Les Lyonnais ont pris une claque terrible, mercredi soir contre Reims, en s'inclinant une nouvelle fois dans le temps addiionnel (1-2)

Jérémy Laugier
— 
Bruno Guimaraes, Malo Gusto et tous les Lyonnais avaient le visage des mauvais jours, mercredi contre les Rémois. OLIVIER CHASSIGNOLE
Bruno Guimaraes, Malo Gusto et tous les Lyonnais avaient le visage des mauvais jours, mercredi contre les Rémois. OLIVIER CHASSIGNOLE — AFP
  • L’OL 2021-2022 a pris l’habitude d’encaisser des buts très importants dans le temps additionnel, comme mercredi face au Stade de Reims (1-2).
  • Une cinquième défaite en Ligue 1 (en 15 journées) pour l’OL qui pose question : la crise se profile-t-elle à Lyon (10e en Ligue 1) ?
  • De Peter Bosz à Lucas Paqueta, 20 Minutes fait le point sur les dossiers chauds des prochaines semaines à l’OL.

Au Parc OL,

Comme un symbole, même Anthony Lopes a fini par commettre une boulette inattendue mercredi, en plein-temps additionnel contre le Stade de Reims. La frappe lointaine d’Alexis Flips était certes puissante, mais surtout plein axe. Le plus souvent impérial depuis le début de la saison, le gardien de l'OL a cette fois été incapable de stopper ce ballon quasi anodin. A l’affût, Hugo Ekitike s’est amusé en mystifiant la doublette Lopes-Denayer (1-2, 90e+4).

Les conséquences sont terribles pour les Lyonnais : les voilà 10es, largués à 7 points de l’OM (2e) après une inquiétante série de trois défaites sur les cinq derniers matchs en Ligue 1. Et encore, les deux seuls succès en championnat depuis un mois et demi sont en partie dus à une réussite quasi-totale contre Lens (2-1) et à la suspension de Téji Savanier lors du déplacement à Montpellier dimanche (0-1). Pourquoi tout semble-t-il donc partir à ce point en fiasco, malgré le sans-faute en Ligue Europa ?

Rayan Cherki et Malo Gusto étaient abattus après cette 5e défaite de la saison, après seulement 15 matchs disputés..
Rayan Cherki et Malo Gusto étaient abattus après cette 5e défaite de la saison, après seulement 15 matchs disputés.. - Laurent Cipriani/AP/SIPA

Une médiocrité collective bien trop fréquente

« C’était très mauvais ce soir, on ne mérite pas de gagner, il faut être honnête là-dessus. Dès le début de match, on n’a pas bien joué et c’est un moment difficile. » Même quand il se trouve personnellement dans le dur, Peter Bosz n’est pas du genre à enjoliver une soirée de lose. Son équipe est jusque-là incapable d’afficher sur la durée une identité de jeu et des résultats cohérents. Si bien que de terribles stats se multiplient : pire total de buts concédés (23) dans son histoire depuis 19 ans, après 15 matchs dans l’élite, dont 6 rien que dans le temps additionnel comme mercredi.

« Ce n’était pas un OL qui pressait, qui était agressif, regrette l’entraîneur néerlandais. Normalement, on joue beaucoup mieux que ça. Je n’ai pas vu une équipe qui fait des choses ensemble, avec agressivité. » Son capitaine du soir Houssem Aouar allait volontiers dans ce sens : « Le temps passe et on n’a toujours pas les points qu’on voudrait. On sait qu’on a un groupe de qualité mais ça ne fait pas tout. Il faut mettre de l’intensité, jouer avec beaucoup de cœur, d’envie, et surtout un peu plus collectif par moments. » Un tacle même pas voilé envers l’état d’esprit de certains de ses coéquipiers.

A court de solutions, Peter Bosz reconnaît être « inquiet »

On avoue avoir eu la sensation de mieux percevoir le projet de jeu de Peter Bosz lors de son premier match de préparation au Parc OL, le 17 juillet contre Wolfsburg (4-1), que quatre mois et demi plus tard. Sa fameuse règle des cinq secondes durant lesquelles il faut réussir à récupérer le ballon en transition défensive est-elle encore d’actualité ? Elle semble aux oubliettes tant la bande à Yunis Abdelhamid s’est tranquillement sortie du pressing durant toute la rencontre mercredi. L’intéressé se montre-t-il fragilisé par ce constat, alors que le vent de fraîcheur porté par un jeu parfois flamboyant semble de l’histoire ancienne ? « Bien sûr que ça m’inquiète. 10e, ce n’est pas une place pour nous. Mais il faut être honnête, ce n’est pas qu’une question de prendre trois points. On doit mieux presser et mieux jouer. Ça n’a rien à voir avec le physique. Ça n’a à voir qu’avec la tactique : les joueurs sont-ils bien placés pour presser ? ».

Difficile de ne pas voir dans certains de ses choix récents un manque de cohérence, comme la titularisation de Xherdan Shaqiri contre l’OM (match interrompu dès la 5e minute de jeu), alors que l’international suisse n’a pas du tout été utilisé avant contre Rennes, puis depuis face à Montpellier et Reims. « Là où je trouve qu’il joue le mieux, c’est dans l’axe. Là où on a Houssem et aussi Paqueta, qui jouent plutôt sur le côté droit. On a plusieurs joueurs avec les mêmes qualités. » Un désaveu lourd de sens quant à la pertinence de ce choix fort du dernier mercato estival. Avec Peter Bosz, l’OL a déjà perdu cinq matchs en moins d’une demi-saison, contre six sur l’intégralité de 2020-2021, un exercice pourtant bouclé sans qualification en Ligue des champions. Autant dire que le Néerlandais a encore, depuis mercredi, un peu plus le profil du premier coach limogé de notre chère Ligue 1.

Lucas Paqueta est moins éblouissant

Est-ce le départ quasi-acté de Juninho, le 17 novembre, qu’il a lui-même annoncé sur RMC Sport, ou le fait d’être ballotté du poste d’avant-centre à celui d’ailier droit qui a eu raison du rayonnement de Lucas Paqueta ? Le 16 octobre, le Parc OL était totalement euphorique pour l’entrée en jeu bluffante du meneur de jeu brésilien contre Monaco (2-0).

Lucas Paqueta a loupé une balle de 2-1 en or massif, mercredi contre Rajkovic et le Stade de Reims. OLIVIER CHASSIGNOLE
Lucas Paqueta a loupé une balle de 2-1 en or massif, mercredi contre Rajkovic et le Stade de Reims. OLIVIER CHASSIGNOLE - AFP

Mercredi, c’est un stade à huis clos terriblement triste qui a été le théâtre d’un match moyen de sa part. Même quand il a bien senti certaines tendances, comme ce coup franc joué astucieusement et très vite en profondeur par Thiago Mendes, Paqueta a manqué de réussite, à l’image de cette balle en or de 2-1 (1-1, 71e). A quand le retour d’une « Paquetamania » devant des virages en délire ? On en saura plus le 8 décembre, avec la commission de la discipline de la LFP.

Une pelouse très abîmée en plus du huis clos

Houssem Aouar et Peter Bosz ont martelé ne pas vouloir se servir de « l’excuse du huis clos ou de la pelouse ». Mais l’entraîneur lyonnais reste formel au sujet du terrain du Parc OL, qui n’a jamais été dans un état aussi détérioré qu’actuellement. « C’est gênant, on a une équipe qui joue au ballon, et sur ce terrain c’est presque impossible de le faire, confirme Peter Bosz. Ce n’est pas du tout une pelouse de haute qualité. »

Là aussi, Houssem Aouar va dans son sens : « Ce soir, ça n’était pas une très bonne pelouse. Par moments, ça a pu être compliqué au niveau des contrôles. » Voilà, on connaît l’explication aux déchets techniques répétés et indignes d’une équipe de cette qualité. A moins que la 10e place actuelle ne soit le juste reflet du niveau de ce collectif qui tangue de plus en plus.