OL : Lyon va installer « à contrecœur » des filets de protection devant les virages, les supporteurs sont remontés

FOOTBALL Neuf jours après le jet de bouteille d’un supporteur lyonnais sur Dimitri Payet, l’OL annonce ce mardi l’installation à venir de filets de protection devant les deux virages

Jérémy Laugier
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Le virage nord du Parc OL, le 21 novembre lors du match interrompu contre l'OM.
Le virage nord du Parc OL, le 21 novembre lors du match interrompu contre l'OM. — A.Benayache/Sipa
  • L’OL sait qu’il risquera gros, le 8 décembre devant la commission de discipline de la LFP, en raison de la bouteille jetée par l’un de ses supporteurs sur Dimitri Payet, le 21 novembre.
  • Le club lyonnais a publié ce mardi un communiqué, dans lequel il annonce l’installation de filets de protection devant les deux virages de supporteurs.
  • Déjà vus au Parc OL durant deux saisons européennes après les graves incidents du match contre Besiktas, ceux-ci déplaisent fortement aux supporteurs.

Un « acte isolé » mais une sanction collective à l’encontre de ses deux virages de supporteurs ? C’est la réflexion que se font de nombreux passionnés de l’OL, ce mardi, à la lecture du communiqué publié par le club sur son site. Neuf jours après l’interruption du match contre l’OM en raison d’un jet de bouteille sur Dimitri Payet, l’OL indique ainsi qu’il « installera des filets devant les virages ».

« Nous le faisons à contrecœur, assure à 20 Minutes le stadium manager lyonnais Xavier Pierrot. Malgré tout le travail en amont des groupes de supporteurs, des capos et du club, cet acte individuel n’a pas pu être empêché. On va étudier une solution plus pérenne et moins gênante. » C’est la première fois en Ligue 1 que le Parc OL, qui sera à huis clos mercredi (21 heures) face à Reims, présentera ce dispositif destiné à bloquer d’éventuels projectiles lancés par des supporteurs.

« Le club veut se couvrir au maximum »

A l’image de l’OGC Nice, qui avait pris la même initiative à la suite de son match contre l’OM marqué par un autre lancer de bouteille sur Dimitri Payet (et par un envahissement de terrain), l’OL a donc tenu à vite réagir en misant sur des filets de protection. Il avait déjà été contraint d’en faire de même de 2017 à 2019, uniquement dans les compétitions européennes, en raison des deux ans de sursis donnés par l’UEFA après la soirée de chaos contre Besiktas en Ligue Europa en avril 2017. En cas de récidive, l’OL aurait immédiatement été exclu de C3 ou de C1, ce qui constituait une menace encore plus forte qu’aujourd’hui.

« Le club veut se donner une bonne image auprès des autorités et se couvrir au maximum avant de passer devant la commission de discipline de la LFP [le 8 décembre], décrypte Jean-Pierre, un habitué du virage nord. Mais je me souviens avoir mal vécu les matchs de Coupe d'Europe avec filets. Tu te sens un peu persona non grata et ce n’est jamais agréable, d’autant que tout se passe bien depuis très longtemps entre les virages et le club. Là, tu pénalises plus de 10.000 supporteurs pour un fait isolé. »

« Ça ne peut pas être la solution à tout »

L’un des leaders des Bad Gones n’a pas tardé à interpeller sur Twitter l’OL quant à « un dédommagement à prévoir avec la dégradation de la qualité d’un abonnement », en raison de la visibilité nettement contrariée par ces filets. Une déception partagée par Richard, supporteur du virage sud : « On sait que ça va répondre à la problématique du moment pour le club mais c’est vraiment chiant. On perd souvent le ballon de vue dans ces conditions. En plus, les dirigeants demandent "une réflexion collective empreinte de sang-froid" et ils tombent eux aussi dans une réaction à l’émotion. Il y a très peu de rencontres à risques dans une saison. Ça se limite au derby et aux matchs contre l’OM et le PSG, alors pourquoi vouloir laisser ces filets en permanence ? Ça ne peut pas être la solution à tout. »

En place depuis longtemps du côté de l’OM et de l’ASSE, ce dispositif n’est d’ailleurs pas gage de réussite. Que ce soit au Vélodrome ou à Geoffroy-Guichard, les filets n’ont pas empêché les incidents réguliers, comme les jets de projectiles multiples lors d’OM-PSG ou les fumigènes ayant atterri sur la pelouse et même brûlé les filets… d’un but avant le coup d’envoi d’ASSE-Angers. « Ces filets peuvent certes retenir des projectiles, précise Jean-Pierre. Mais si vraiment des mecs ont envie de balancer des torches ou des bouteilles sur la pelouse, croyez-moi, ils y parviendront… »