Stade Rennais-PSG : En faisant tomber le leader, Bruno Genesio a-t-il trouvé son onze type ?
FOOTBALL•Les Rennais ont mis fin à l’invincibilité du leader parisien dimanche en s’imposant 2-0 au Roazhon ParkCamille Allain
L'essentiel
- Le Stade Rennais a livré une grosse prestation dimanche devant son public pour infliger au PSG sa première défaite de la saison.
- De Flavien Tait à Gaëtan Laborde en passant par Jonas Martin, l’ensemble de l’équipe semble avoir lancé sa saison.
- Bruno Genesio semble avoir trouvé un onze type mélangeant jeunesse et expérience.
Au Roazhon Park.
« Mais si, mais si, Rennes va gagner ». On préfère vous prévenir, on va faire un peu de pub pour un promoteur immobilier rennais. Mais à part les communicants de Blot qui surfaient sur la venue de Lionel Messi (Mais si… Vous l’avez ?) pour s’afficher sur les panneaux publicitaires du Roazhon Park, peu de gens voyaient le Stade Rennais gagner face à Paris dimanche. La suite, vous la connaissez. Le coup franc de Messi a été repoussé par la transversale de Gomis, la reprise d’un excellent Gaëtan Laborde a crucifié Donnaruma et le deuxième pion de Flavien Tait a parachevé le succès rennais. En difficultés depuis le début de la saison, les hommes de Bruno Genesio ont réalisé l’impensable en infligeant à l’invincible PSG sa première défaite de la saison. Rennes plus fort que Manchester City donc…
Au coup d’envoi, on doutait pourtant des chances des Rennais. D’abord parce qu’ils avaient joué trois jours plus tôt aux Pays-Bas (victoire 2-1 à Arnhem). Ensuite parce qu’une partie de leurs ultras étaient absents ce dimanche pour une histoire de vol de bâche. Mais surtout parce que leur défense se montrait en grande souffrance depuis le début de saison et qu’il était légitime de s’inquiéter face au quatuor de rêve Messi, Neymar, Mbappé et Di Maria. Auteur d’une prestation XXL, le Stade Rennais a pourtant privé Paris d’une neuvième victoire de rang en Ligue 1 grâce à un plan de jeu respecté à la lettre. Conquérants et sans complexes, les hommes de Bruno Genesio ont affiché une solidarité collective qui leur a offert trois points. « Quand on joue comme ça, on peut faire mal à de grosses équipes. On a joué ensemble. Sur le plan collectif, sur l’abnégation, il y a de quoi être fier. Il faut garder ces valeurs-là », résumait Flavien Tait après la rencontre.
A l’image de son milieu de terrain, impressionnant dimanche, Rennes a sans doute livré son meilleur match de la saison. Un succès que Bruno Genesio a su acquérir en proposant un véritable 4-4-2 taillé pour profiter des largesses défensives parisiennes. Préférant Omari à Badé et Terrier à Guirassy, l’ancien coach de l’OL a sans doute dessiné son onze type. « On a trouvé des associations, un système qui convient bien. Oui, il y a une équipe type qui se dégage. Le système fonctionne bien. Martin et Gaëtan fonctionnent bien. Biggy (Meling) et Sulemana, ça fonctionne bien, c’est vrai. Mais ça ne veut pas dire que ceux qui ne sont pas sur le terrain ne joueront plus », assure Pep Genesio, qui a battu le PSG pour la quatrième fois dimanche.
Dimanche, le Stade Rennais a surtout surpris en ne refusant pas le jeu, jouant les contres à fond sans penser aux quatre fusées qui pouvaient décoller dans leur dos. « J’ai beaucoup apprécié les prises de risque offensives même si parfois ça a créé des déséquilibres. Le peu de fois où on a été moins organisés, on a été sanctionnés. Mais c’était un risque qu’il fallait assumer. Je l’avais dit aux joueurs avant le match. Il fallait prendre des risques, quitte à avoir une défaite large », précise Genesio.
« C’était un peu de la Playstation »
Porté par un Gaëtan Laborde meilleur buteur de Ligue 1 et un Jonas Martin en plein renouveau, Rennes affiche un mélange de jeunesse et d’expérience et peut désormais regarder devant. « Avec Martin (Terrier), on commence à comprendre les automatismes. Je pense qu’on peut faire quelque chose de bien cette saison, même si on a eu du retard à l’allumage », estime Laborde, six buts cette saison (dont trois avec Montpellier).
Incapables de tuer le match à Bordeaux où ils avaient perdu deux points, les Bretons ont cette fois su concrétiser leurs occasions, y compris quand ils étaient dans le dur. Libéré par le but de Gaëtan Laborde qui a sabordé le moral des Parisiens, le Stade Rennais a récité son football pour inscrire un but d’école somptueux sur l’engagement de la seconde période. « C’était un peu de la Playstation », glisse Flavien Tait en rigolant, avant de préciser. « C’est une demande du coach. Tout le monde se projette. Le coach nous demande d’avoir trois, quatre ou cinq joueurs dans la surface. Parce que c’est là que se mettent les buts ». Lucide. S’ils avaient été plus filous, les locaux auraient même pu en inscrire davantage quand Paris courrait après le score.
Revenus au contact de certains gros avec douze points au compteur, les Rouge et noir entendent bien profiter de la trêve pour peaufiner leurs réglages. Et réintégrer deux éléments importants sur le flanc depuis des semaines. Blessés, Jérémy Doku et Lovro Majer seront candidats à un poste de titulaire. Le onze type n’est pas si figé.


















