JO Tokyo 2021 : « Je ne comprends pas », favori pour l’or, Olivier s’est écroulé sur le 10km en eau libre

EAU LIBRE Le Français avait de grandes ambitions au Japon mais il n’a pas pu suivre le rythme de la tête de course et termine finalement 6e

Julien Laloye
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Marc-Antoine Olivier, le 4 août 2021 à Tokyo.
Marc-Antoine Olivier, le 4 août 2021 à Tokyo. — Oli SCARFF / AFP

De notre envoyé spécial à Tokyo,

Un immense coup de bambou pour toute la délégation tricolore, qui comptait entamer ce jeudi prometteur par une médaille d’or en eau libre, mais un coup de bambou, surtout, pour Marc-Antoine Olivier, bronze à Rio, favori à Tokyo, et largué dans le dernier tour. Rien n’annonçait la catastrophe pourtant. Un temps superbe, une température élevée comme attendu, Philippe Lucas torse poil devant l’écran géant installé sur la baie d’Odaiba, et un Français dans le peloton de tête dès les premières minutes de course. Mais on ne le savait pas encore, Marc-Antoine Olivier était déjà en surrégime :

« Je ne comprends pas. J’ai bossé comme un dingue pendant cinq ans. J’avais largement un meilleur niveau qu’à Rio mais le niveau général a considérablement augmenté. Je pensais quand même être capable de chercher l’or… L’Allemand a été très fort aujourd’hui, il a mis un rythme tout au long de la course et c’était monstrueux, beau à voir. Mais impossible pour moi de répondre. J’avais déjà du mal à rester dans les pieds dès les premiers tours. Musculairement, je n’en pouvais plus. Physiquement, je n’avais pas la caisse ».

La thèse du manque de travail est ici à écarter, ou alors cela voudrait dire que son entraîneur Philippe Lucas s’est adouci avec le temps, ce que personne ne peut croire. Alors quoi ? Stéphane Lecat, le directeur de l’équipe de France d’eau libre, avait du mal à digérer. « On connaissait la stratégie de l’Allemand, on savait ce qui allait se passer. Bravo à Wellbrock. Même Marc-Antoine a fait ce qu’il fallait, mais il a explosé. Le sport de haut niveau c’est impitoyable. Wellborck il a fait 12 semaines de stage, huit en altitude… C’est un échec pour tout le monde, il faut que nous on se remette en cause et lui aussi ».

Aubry forcé d’abandonner

Le vice-champion du monde ne s’est pas astreint au même stage, mais il s’était préparé avec applications aux courants chauds du bassin de Tokyo (la mer est à 30 degrés), en installant notamment un jacuzzi sur son balcon ou en nageant au quotidien dans une piscine très chaude à Montpellier. « La chaleur, je l’avais travaillée, c’est pour ça que je ne suis pas monté en altitude et que je suis resté à Montpellier. Je ne comprends pas pourquoi je n’avais pas la caisse. J’ai fait du kilométrage, encore plus qu’habituellement. C’est vraiment dur à avaler. »

Au moins a-t-il pu finir le 10km, au contraire de son compatriote David Aubry, qui a filé la frousse à tout le monde en abandonnant sur civière à un tour et demi de la fin à cause de difficultés respiratoires. Le médaillé de bronze des mondiaux de 2019 sur le 1500m allait mieux quelques minutes après sa course, mais cela n’a pas empêché Lecat de lui adresser un bon tacle à la gorge :

« David ça fait deux ans qu’il ne sait pas où il est. On ne peut pas faire les choses à la place des gens, parfois je suis plus motivé que certains. Il a abandonné parce qu’il n’est pas préparé ». Une sale matinée pour tout le monde.