FC Nantes : Il y a quarante-cinq ans, Saupin devenait (pendant 92 matchs !) un stade imprenable

FOOTBALL Le 4 juin 1976, les Canaris font match nul (1-1) contre Nice. C’est le début pour le club d’une série d’invincibilité de presque cinq années dans son antre

David Phelippeau

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Le stade Marcel-Saupin.
Le stade Marcel-Saupin. — Jean-Félix Fayolle - Nantes Métropole
  • Il y a quarante-cinq ans jour pour jour, les Canaris commençaient une série incroyable de 92 matchs sans défaite au stade Marcel-Saupin.
  • Jean Vincent a un jour raconté que cette invincibilité pouvait être liée au fait qu’il avait versé du sable (venu d’Afrique) devant les deux buts !

Quatre-vingt-douze matchs sans aucune défaite à Saupin, record toujours en cours. Il y a quarante-cinq ans, jour pour jour (le 4 juin 1976), le FC Nantes commençait, en faisant un nul (1-1) face à Nice, une série sans défaite de près de cinq années dans leur enceinte. « Je ne l’ai jamais vraiment vécu comme une série d’invincibilité, avoue aujourd’hui Gilles Rampillon, tout heureux d’évoquer ces heures de gloire du club. On ne courait pas après. Il y avait forcément beaucoup moins de médiatisation à l’époque. » Ce sont les Auxerrois de Guy Roux qui avaient réussi à mettre fin à cette étonnante dynamique en battant les Canaris de Jean Vincent, le 7 avril 1981.

La série aurait pourtant pu se finir bien plutôt se souvient le milieu offensif nantais. Le 15 octobre 1977, le PSG mène sur la pelouse nantaise à la mi-temps… 0-3 ! « C'était la stupeur dans le stade, on n’y était pas du tout. A la pause, on s’est dit qu’on ne pouvait pas en rester là. » Rampillon signe un doublé avec un dernier but à la 85e. « Je n’avais jamais vu le public nantais chavirer comme ça pour un match nul. »

Le fameux sable « magique » venu de Côte d’Ivoire

Cette série ne hantait pas du tout l’esprit des Canaris tant ils étaient sûrs de leurs forces. « On savait à chaque match qu’on allait gagner, mais la question c’était par combien de buts d’écarts. » Durant ces presque cinq années, Nantes gagne 80 fois et partage douze fois les points à Saupin. Pendant cette période, le club remporte deux titres de champion de France (1977 et 1980) et une Coupe de France (1979).

Quelques années plus tard, le technicien Jean Vincent révèle un secret bien gardé jusque-là : le coach avait (avant le début de la série) versé une poignée de sable, envoyée par un supporteur des Canaris, originaire de Côte d’Ivoire, devant chaque but. « Jean Vincent ne nous en avait jamais parlé, on l’a su après… », reconnaît aujourd’hui Gilles Rampillon. Un sable « magique » censé protéger de la défaite. Et pourquoi alors la série s’était interrompue ? L’entraîneur nantais avait alors expliqué à Ouest-France : « Moi aussi, j’ai voulu savoir. Je suis retourné au stade Marcel-Saupin. Les jardiniers, croyant bien faire, avaient remplacé la pelouse devant les buts et, du même coup, enlevé le sable. En commander d’autre ? Impossible, je n’avais pas l’adresse de l’expéditeur… »