OL-PSG : « On continue de grandir »… Après son « exploit » à Lyon, Paris peut-il rêver de sacres majeurs ?

FOOTBALL FEMININ Battues à l’aller (0-1), les joueuses d’Olivier Echouafni ont signé une performance majeure dans leur histoire, en se qualifiant ce dimanche au Parc OL (1-2) pour le dernier carré de la Ligue des champions

Jérémy Laugier

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Ashley Lawrence, Marie-Antoinette Katoto et toutes les Parisiennes savourent leur épatante qualification pour les demi-finales de Ligue des champions. JEFF PACHOUD
Ashley Lawrence, Marie-Antoinette Katoto et toutes les Parisiennes savourent leur épatante qualification pour les demi-finales de Ligue des champions. JEFF PACHOUD — AFP
  • Conquérantes comme rarement, ce dimanche au Parc OL (1-2), les Parisiennes ont éliminé les quintuples championnes d’Europe en titre et affronteront le Barça en demies.
  • Si Olivier Echouafni a tenu à la jouer modeste après cet « exploit » en Ligue des champions, le PSG peut légitimement ambitionner ne plus rester dans l’ombre de l’OL.
  • Le 29 mai, Paris aura d’ailleurs une opportunité unique de devenir champion de France pour la première fois de son histoire, à l’occasion d’une quasi-finale de D1 à Lyon.

Au Parc OL,

Deux Coupes de France remportées en 2010 et 2018. Malgré une évidente montée en puissance depuis le début de l’ère qatarie, le palmarès de toute l’histoire du PSG féminin se résume à ces deux trophées, aux allures de miettes laissées en chemin par ces gloutonnes de Lyonnaises. Car Paris a dû se contenter dans le même temps de huit « titres » de vice-champion, ainsi que de quatre finales de Coupe de France, et même d’une finale de Ligue des champions (2017), à chaque fois dans l’ombre d’une conquête lyonnaise.

Alors ce dimanche, peu avant 16 heures, au bout d’un passionnant quart de finale retour de Ligue des champions au Parc OL (1-2), toutes les joueuses parisiennes ont hurlé leur rage, après tant d’années de frustrations dans le rôle du méritant faire-valoir rendant la bande à Wendie Renard toujours meilleure. Oui, le PSG avait déjà bien remporté un 8e de finale de C1 en aller-retour contre Lyon (1-1, 0-1), en 2014-2015.

« Je pense que la qualification est vraiment méritée »

Mais cet OL-là n’avait pas entamé sa folle série de cinq sacres européens consécutifs (de 2016 à 2020). Et surtout, le PSG alors dirigé par Farid Benstiti avait signé un hold-up parfait, avant d’échouer en finale de l’épreuve contre Francfort (1-2). Là, même si le Covid-19 a eu un impact indéniable sur cette double confrontation, le groupe d’Olivier Echouafni a dominé le match aller, et plus encore le retour. Et il aura clairement son mot à dire dès le 25 avril et le 2 mai prochains en demi-finale, face au Barça.

« C’est une grande performance des filles qui ont fait preuve d’abnégation et de courage, savoure Olivier Echouafni. Il y a une grande fierté de tout le monde. On n’a pas paniqué après le début de match compliqué. Je pense que la qualification est vraiment méritée au vu des deux matchs. » Impossible de lui donner tort, notamment au vu du danger permanent constitué par le trio offensif Baltimore-Diani-Katoto, ou de l’abattage au milieu de Grace Geyoro, auteure qui plus est de l’épatante égalisation ce dimanche (1-1, 24e).

Olivier Echouafni félicite sa capitaine Irene Paredes et tout son groupe après la belle première victoire de son groupe au Parc OL. JEFF PACHOUD
Olivier Echouafni félicite sa capitaine Irene Paredes et tout son groupe après la belle première victoire de son groupe au Parc OL. JEFF PACHOUD - AFP

« On ne va pas dire qu’on passe devant l’OL »

« On a toujours cru qu’on pouvait marquer, même après avoir pris ce but [de Catarina Macario dès la 4e minute], confirme la latérale canadienne Ashley Lawrence. On a montré beaucoup de caractère, en ayant toujours en tête la qualification. » Jamais le PSG n’a dégagé une telle force collective. Le 29 mai prochain, l’actuel leader surprise de la D1, avec un point d’avance sur l’OL, pourrait même valider son premier titre de champion de France dans ce même stade, empêchant un 15e sacre de rang du rival lyonnais.

« Sortir les tenantes du titre, ce n’est pas rien, reconnaît Olivier Echouafni. Mais on ne va pas dire qu’on leur passe devant. On a beaucoup d’humilité et de respect par rapport à cette grande équipe. On continue de grandir, de prendre de l’expérience et de la maturité. Etre capables de l’exploit de gagner dans ce stade pour la première fois, ça n’est qu’une étape supplémentaire. » C’est peut-être celle du déclic pour ce groupe en quête de lumière.