Monte-Carlo : « J’en ai rien à branler », Benoît Paire en roue libre après sa défaite au premier tour

TENNIS Le Français est en déprime depuis plusieurs semaines, mais il semble avoir atteint le point de non-retour à Monaco

N.C. avec AFP

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Benoît Paire lors du dernier Roland-Garros, en octobre 2021.
Benoît Paire lors du dernier Roland-Garros, en octobre 2021. — CHRISTOPHE SAIDI/SIPA

Les semaines passent et Benoît Paire ne va toujours pas mieux. Au contraire. Une nouvelle fois éliminé au premier tour ce dimanche à Monte-Carlo, l’Avignonnais n’a pas caché qu’il n’avait plus goût à rien en ce moment. Pas nouveau, mais à ce point-là, ç’en est presque inquiétant.

« Franchement je n’en ai rien à branler de ce match. Sur le match, on le voit, je ne dis rien. Ça ne m’apporte plus rien le tennis, quand on voit les conditions, a-t-il débriefé. C’est d’une tristesse absolue alors que d’habitude c’est le meilleur tournoi du monde. Rien à foutre, et je vais rentrer chez moi. »

Une sanction cette fois ?

Pourtant, Paire n’a pas complètement bâclé son match puisqu’il n’a cédé qu’au troisième set, après plus de trois heures de jeu, face à l’Australien Jordan Thompson (62e mondial). Mais le cœur n’y était pas. « J’en ai rien à cirer… me battre, pas me battre… On dit que c’est Monte-Carlo, mais on joue dans une ambiance d’une tristesse rarement vue. C’est comme ça, le circuit est devenu pourri », a-t-il poursuivi.

Alors qu’il avait il y a quelques semaines évité de justesse une sanction de la Fédération française de tennis après avoir présenté ses excuses et avoir reçu un appel du président de la FFT pour lui dire tout le mal qu’il pensait de son attitude, l’Avignonnais n’arrive pas à passer outre les conditions imposées par le Covid.

« Aucune magie à retrouver »

« Que je gagne ou que je perde, j’en ai rien à cirer, ça me passe à des années-lumière. Gagner ou perdre dans des conditions pareilles, je m’en fous. Je n’ai plus l’étincelle », a-t-il insisté. Pourquoi ne pas faire une pause, alors ? « J’ai pris 12.000 balles. Vous allez dire il parle encore beaucoup d’argent. J’ai pris 12.000 euros pour être à l’hôtel tranquille. Après je rentre chez moi. C’est parfait… », a-t-il répondu, assumant son ton provocant.

Espère-t-il retrouver la magie à domicile à Roland-Garros en juin ? « J’ai aucune magie à retrouver. J’ai rien à retrouver, franchement. Pour les rats morts du tennis, c’est sûr que c’est génial de venir jouer ici, c’est comme s’ils s’entraînaient. Mais si tu as connu un petit peu le circuit, et si tu connais Monte-Carlo, quand tu arrives et que tu vois comment c’est, franchement tu as envie de te jeter », a-t-il estimé.

« La vie normale est à chier, le circuit est à chier »

D’autant que le court Rainier III, au bord de la Méditerranée, « est normalement le plus beau court du monde », a-t-il relevé. Mais cette année, même là « on se retrouve dans une ambiance de cimetière ».

« Alors on va dire "oui, c’est comme la vie normale". Et ben très bien, moi je trouve que la vie normale elle est à chier en ce moment et le circuit est à chier pareil. Tout est pour l’instant à chier. Le seul moment de bonheur c’est quand je suis chez moi, que je ne mets pas mon masque, que j’en ai rien à foutre du covid », a-t-il conclu.