Bordeaux : Quand des étudiants traitent le football sous le filtre sociétal à travers un magazine

MAGAZINE « Caviar » est trimestriel sur la culture foot produit bénévolement par une vingtaine de jeunes

Clément Carpentier
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Louis et Paul, étudiants à Sciences-Po Bordeaux, collaborent à l'écriture de Caviar.
Louis et Paul, étudiants à Sciences-Po Bordeaux, collaborent à l'écriture de Caviar. — Clément Carpentier / 20 Minutes
  • Caviar est un magazine trimestriel créé en 2019 par des étudiants qui abordent le football sous l’angle sociétal.
  • Une vingtaine de jeunes collaborent bénévolement au magazine mais aussi au site internet, lancé en avril 2020.
  • Malgré l’impossibilité d’être en kiosque pour l’instant, ces étudiants vendent un plus de 3.000 exemples de chaque numéro (8,50 euros l’unité).

Parler de football, mais différemment. Voilà comment l’on pourrait résumer la philosophie du trimestriel Caviar . Vous n’y trouverez pas le compte rendu de PSG-Barcelone ou son analyse tactique. En revanche, vous pourrez peut-être y découvrir un jour à dossier sur comment le capitaine parisien Marquinhos et ses compatriotes apprennent si vite le français ou comment le football peut être le meilleur prof de géographie du monde. Ce deuxième sujet sera notamment à lire dans le prochain numéro consacré au thème foot et voyage, début mai.

« Notre magazine a été créé en septembre 2019 part quatre étudiants de Sciences-Po Aix avec un objectif : traiter le football sous l’angle sociétal. Comment il est inséré dans notre société avec un vrai travail en profondeur sur du long format », explique Louis Fabre, 21 ans, étudiant lui à Sciences Po Bordeaux. Depuis son lancement, la vingtaine d’étudiants qui collabore bénévolement à ce trimestriel ont abordé les thèmes des migrations africaines, de la géopolitique, de la mode dans le football. Un numéro a également été consacré au football rural et le dernier, sorti début février, s’intéresse à la place des sciences dans le sport, avec par exemple une interview de Cédric Villani, mathématicien et député français.

Les six premiers numéros de Caviar.
Les six premiers numéros de Caviar. - Louis Fabre

Un site internet depuis avril 2020

Paul, 20 ans, vient de rejoindre l’équipe : « Ce que j’apprécie avant tout c’est la liberté que l’on a. On est complètement indépendant. On propose les sujets qu’on veut et on voit ce que ça peut donner. On réalise aussi des séries comme sur l’arbitrage en janvier. » À la différence de son copain Louis, il publie sur le web chaque semaine. Caviar a aussi son site depuis avril 2020. Pour les deux amis, qui préparent leur concours d’école de journalisme, « c’est déjà magnifique de produire ça et puis cela nous permet de progresser à titre personnel, de mettre la main à la pâte. »

Cette collaboration est aussi une vraie soupape pour ces jeunes alors que le mal-être étudiant est de plus en plus fort avec la crise sanitaire. Pour l’instant, Caviar tient aussi le cap dans cette période compliquée. Malgré l’impossibilité d’être en kiosque pour le moment, les étudiants vendent un peu plus de 3.000 exemplaires de chaque numéro via leur boutique en ligne. Cela permet tout juste de couvrir les frais (8,50 euros l’exemplaire). La rédaction, elle, continue de grandir et reçoit très régulièrement de nouvelles demandes d’étudiants pour participer à ce joli projet.