Coupe du monde 2023 : Pourquoi Toulouse tient absolument à accueillir le Japon (et ses supporteurs)

RUGBY Lors de la Coupe du monde 2023, le Stadium de Toulouse abritera cinq rencontres de poule, dont deux du Japon

Nicolas Stival

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Des supporteurs japonais lors du match de leur sélection contre l'Ecosse en Coupe du monde, le 13 octobre 2019 à Yokohama.
Des supporteurs japonais lors du match de leur sélection contre l'Ecosse en Coupe du monde, le 13 octobre 2019 à Yokohama. — Daisuke Tomita / AP / Sipa
  • Le Japon disputera deux matchs au Stadium lors de la Coupe du monde 2023 et pourrait implanter son camp de base à Ernest-Wallon.
  • Les collectivités locales y voient la perspective d’une manne économique.
  • Les « Cherry Blossoms » devraient déjà jouer à Toulouse en novembre 2022, lors d’un test-match face au XV de France.

C’est Claude Atcher, directeur général de la Coupe du monde 2023, qui l’a annoncé ce mercredi midi. Le XV de France viendra disputer un test-match au Stadium de Toulouse en novembre 2022, face à un adversaire pas encore officialisé, mais qui pourrait être le Japon. Un an plus tard, lors du Mondial, les Bleus ne fouleront pas la pelouse lors de l’une des cinq rencontres qu’abritera la plus petite enceinte de la compétition avec ses 33.000 places. Mais les « Cherry Blossoms » si, comme les All Blacks et  les Fidji.

Les coéquipiers de l’arrière clermontois Kotaro Matsushima se produiront même deux fois au Stadium contre l’équipe qualifiée d'« Amérique 2 » (Canada ou Etats-Unis) puis celle d'« Océanie 1 » (sans doute les Samoa). A la grande joie des autorités locales, qui espèrent bien les voir aussi planter leur camp de base à Ernest-Wallon. Quarts de finaliste de leur Coupe du monde en 2019, les Japonais présentent en effet des atouts qui vont bien au-delà du sport, aux yeux de Jean-Luc Moudenc.

« Un pouvoir d’achat assez intéressant »

« C’est un peuple avec un pouvoir d’achat assez intéressant, convient le maire LR de Toulouse et président de la métropole. J’en ai parlé avec l’ambassadeur du Japon lorsque je l’ai reçu l’an dernier. On a quelque chose à se dire entre son pays et nous, terre de rugby. Je souhaite qu’il y ait des supporteurs, qu’ils deviennent des touristes et que l’on puisse avoir des retombées économiques grâce à eux. »

Les Nippons ont déjà visité la capitale de l’ovalie française lors du Mondial 2007, avec un match face aux Fidji et un séjour à Seilh, dans la banlieue nord. Ils sont repassés en catimini à l’automne 2017 pour un duel face aux Tonga devant moins de 5.000 spectateurs à Ernest-Wallon, une semaine avant de précipiter l’éviction de Guy Novès en tenant en échec le XV de France à Nanterre.

« On peut imaginer que les Japonais vont venir en nombre »

Depuis, la sélection a changé de dimension sportive, et la notoriété du rugby a explosé dans l’autre pays du baseball. « Le quart de finale de la dernière Coupe du monde [Afrique du Sud – Japon, 26-3] y a rassemblé quasiment 50 millions de téléspectateurs », rappelle Claude Atcher.

Le patron de France-2023 confie que 23.000 billets ont déjà été vendus à l’agence de voyages japonaise agréée pour l’épreuve. « On peut raisonnablement imaginer que les Japonais vont venir en nombre. Et quand ils se déplacent pour un événement, ils restent au moins deux semaines. » De quoi allumer des étoiles dans les yeux des hôteliers et restaurateurs de la région, au fond du trou actuellement.

Quant au Stade Toulousain, il ne voit aucun problème à céder ses installations pendant quelques semaines. Bien au contraire. « On sent qu’il y a une émergence du rugby au Japon, confirme Didier Lacroix, le président du leader du Top 14. On a de plus en plus de discussions avec les Yamaha Jubilo [club partenaire du Stade] et on pense même approfondir ces relations. On pourrait penser à une tournée du Stade Toulousain au Japon pendant que nous prêtons nos installations à l’équipe nationale. Mais il faut d’abord "gagner" ce camp de base. »

Les managers des équipes qualifiées viendront visiter les sites candidats en novembre 2021. Dès 2019, un protocole d’accord avait été signé à Tokyo par la région Occitanie pour convaincre les autorités japonaises de la choisir comme camp de base. Vendredi, la présidente socialiste de la région Carole Delga avait dit s’attendre à 63 millions d’euros de retombées économiques lors de la prochaine Coupe du monde.