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Covid, PSG… Comment Lorient a redressé la barre en pleine tempête

FC Lorient : Comment les Merlus ont redressé la barre en pleine tempête

FOOTBALLLes joueurs de Christophe Pélissier ont glané six de leurs 18 points face à Dijon et Paris
Camille Allain

Camille Allain

L'essentiel

  • Le FC Lorient se déplace à Rennes mercredi soir pour tenter de poursuivre sur sa bonne lancée.
  • Dernier de Ligue 1 et frappé par le Covid-19, le club du Morbihan a redressé la tête en battant Dijon puis le PSG dans des matchs spectaculaires.
  • Le coach Christophe Pelissier estime que son équipe souffrait d’un manque de chance depuis le début de la saison.

Une boulette du gardien de Dijon à la 96e​ et un but libérateur de Moffi à la 92e pour punir des Parisiens suffisants. Ces deux faits de jeu survenus dans le temps additionnel ont suffi au bonheur des Lorientais, qui ont réussi l’exploit de glaner un tiers de leurs points en deux matchs et cinq jours. Plombé par l’épidémie de Covid-19 qui a frappé 22 membres de son staff, le FC Lorient a surgi au moment où on l’attendait le moins. Alors qu’ils étaient derniers de Ligue 1, les Merlus ont enchaîné deux victoires glanées sur le même score (3-2). D’abord en battant Dijon dans un match qui coûtait cher pour le maintien puis en punissant le grand PSG quelques jours plus tard. A l’approche d’un déplacement périlleux chez le voisin rennais, les Merlus apparaissent soulagés et décomplexés. Les secrets de cette réussite soudaine ? En voici trois. Et une mise en garde, offerte par le coach Christophe Pélissier.

Le brin de chance qui manquait

Quand on a demandé à Christophe Pélissier ce qui avait changé entre le FC Lorient qui perdait tout et celui qui a battu le PSG dimanche, il n’a pas hésité. « On manquait beaucoup de réussite. On avait l’impression que ça ne basculait jamais du bon côté. Quand on a vu que ça tournait en notre faveur à la 96e face à Dijon (CSC du gardien), ça nous a vraiment soulagés », reconnaît l’ancien coach d’Amiens. Son défenseur central Julien Laporte abonde. « A la mi-temps, face à Dijon, on s’est retrouvés dos au mur. On restait à 12 points, eux en avaient 18. On mangeait notre pain noir. Et pour une fois, ça a tourné en notre faveur », explique le joueur formé à Clermont.

Lui qui fut l’un des premiers à être touché par le coronavirus espère que son club sera désormais épargné par l’épidémie. Deux matchs avaient dû être reportés. Il reste aux Lorientais un match en retard à jouer face à l’actuel dernier de Ligue 1, Nîmes, dans un mois de février très dense où ils joueront tous les trois jours. « Avec le Covid, on ne sait pas comment les organismes vont réagir sur le long terme », reconnaît Julien Laporte.

L’attaque de feu qui s’enflamme

Mercredi soir, le Stade Rennais pourra jalouser son adversaire dans un secteur. Celui de l’efficacité offensive. Ses meilleurs buteurs sont à quatre buts et sont défenseur, milieu ou remplaçant. En face, Christophe Pélissier pourra aligner ses deux hommes à six buts Yoane Wissa et Terem Moffi, et piocher dans son réservoir constitué notamment de Pierre-Yves Hamel et Adrian Grbic. « Quand on marque contre Paris dimanche, c’est Pierre-Yves Hamel qui récupère un ballon dans nos 18 mètres. Il met ses qualités individuelles au service d’un groupe. C’est peut-être ça qui nous a fait passer un cap », explique le coach. «C’est une équipe très joueuse, qui joue très bien en transition. Enzo le Fée apporte une vraie touche technique au milieu. Il faut les prendre au sérieux», prévient l’entraîneur rennais Julien Stéphan.

Le système à cinq défenseurs pas si défensif

Si le FC Lorient s’est habitué à végéter dans les dernières places du classement de Ligue 1, il est pourtant l’un des clubs les plus spectaculaires cette saison. Ce n’est pas toujours pour le meilleur, tant les Merlus ont du mal à tenir leur cage inviolée. Après Nîmes, Lorient est la pire défense de Ligue 1 avec 42 buts encaissés. « On a progressé. Surtout, on ne concède pas tant d’occasions », estime Julien Laporte. « A Nice, ils ont deux occasions et ils font deux ficelles (trois tirs en réalité). Nous, on en a 24, mais on en met que deux ».

Comme il le faisait à Amiens, Christophe Pélissier aime opter pour une défense à cinq. Mais il dément être un coach défensif et les stats évoquées ci-dessus parlent pour lui. « Ce groupe a des ressources extraordinaires mais il faut qu’il joue son jeu. Notre système est très offensif. On avait fait de bons matchs depuis le début de saison mais ça ne se voyait pas quand on regardait le prisme des résultats ».

La mise en garde du coach

« Avoir gagné face au PSG, c’est très bien pour les têtes et sur le plan comptable. Mais il faut faire preuve d’humilité ». A l’heure d’affronter le Stade Rennais, Christophe Pélissier a mis en garde ses joueurs sur le risque de déconcentration qui pourrait exister après les deux victoires consécutives. Le coach n’a pas oublié le match aller, où ses hommes avaient été giflés 3-0. Une rencontre marquée par le décès d'un jardinier du club, après le coup de sifflet final. « Il y a un mois, on n’avait pas existé. Ils nous avaient été supérieurs dans tous les domaines ». « Ce sera une autre équipe. Elle a rempli son réservoir de confiance », prévient de son côté Julien Stéphan. Le derby s’annonce indécis.