Vendée Globe: «Je n'ose pas regarder sur un téléphone»... Premier à franchir la ligne, Dalin sait qu'il va pourtant perdre

VOILE En raison des compensations attribuées aux navigateurs s’étant déroutés après le naufrage de Kevin Escoffier, le Havrais, qui a franchi le premier la ligne d’arrivée mercredi soir, pourrait être détrôné dans la nuit par ses poursuivants

David Phelippeau

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Charlie Dalin.
Charlie Dalin. — Yohan Bonnet/AP/SIPA
  • Charlie Dalin (Apivia) a franchi la ligne du Vendée Globe le premier mercredi soir.
  • Insuffisant sans doute pour être déclaré vainqueur officiel en raison des compensations attribuées à deux de ses poursuivants, attendus dans la nuit.

David Phelippeau, aux Sables d'Olonne

Il est dans l’attente, mais il semble ne pas se faire trop d’illusions. Charlie Dalin (Apivia) a franchi le premier la ligne du Vendée Globe mercredi soir après 80 jours, 6 heures, 15 minutes et 47 secondes de course autour du monde en solitaire sans escale et sans assistance. Il faudra pourtant attendre l’arrivée de Boris Herrmann (bonifié de 6 h) et de Yannick Bestaven (bonifié de 10 h 15) – les deux skippers s’étaient déroutés pour aller tenter de sauver Kevin Escoffier - cette nuit pour savoir si Dalin transforme les honneurs sur la ligne en victoire au classement final.

« C’est particulier forcément, a avoué Dalin en conférence de presse. J’aurais préféré que les réponses soient plus nettes que ça. Je vais retenir que j’ai franchi en tête et ça, on ne me l’enlèvera pas. Après, il se passera ce qu’il se passera. En tout cas, j’ai le sentiment d’avoir fait mon job. »

Il reste beau joueur

Le skipper de 36 ans a avoué ne pas vouloir être mis au courant de la situation de la course. « Il me suffirait de jeter un œil sur la cartographie pour voir si c’est fait ou pas. Je n’ai pas envie de regarder. Je n’ose pas regarder sur un téléphone… Je profite de l’instant présent. C’est hors de mon contrôle maintenant. Moi, j’ai fait ce que j’ai pu… »

Même si la frustration est perceptible à chaque question sur cette situation inédite, Dalin reste beau joueur. « C’est tout à fait normal que Boris [Herrmann] et Yannick [Bestaven] aient bénéficié de compensations. Si la direction de course m’avait appelé pour aller secourir un marin du Vendée ou un autre, j’y serais allé sans hésiter. Il n’y a pas de problèmes à ce niveau-là ! »