Sarthe : Réputée pour ses trophées sportifs, la fonderie Macheret a conçu celui du Vendée Globe

ART Dans quelques heures, le vainqueur de la course à la voile autour du monde recevra un trophée, fabriqué dans une fonderie de l’est de la Sarthe

David Phelippeau

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Paul Macheret et le trophée du Vendée Globe.
Paul Macheret et le trophée du Vendée Globe. — Fonderie d'art Macheret
  • Le vainqueur du Vendée Globe, connu dans quelques heures, recevra un trophée fabriqué dans une fonderie de l’est de la Sarthe.
  • Cette société familiale travaille beaucoup pour des clients sportifs (PSG, FFF, FFR etc.) mais pas seulement.
  • L’entreprise a été obligée de se diversifier pour faire face à une baisse de l’activité sur les trophées notamment.

Dans quelques heures, le vainqueur du Vendée Globe soulèvera le trophée de la prestigieuse course à la voile autour du monde. Un objet fabriqué en Sarthe, à la fonderie d’art Macheret, située à Montfort-le-Gesnois. Paul (48 ans) et Yves (40 ans), ont pris la suite en 2012 de l’entreprise, créée en 1982 par leur papa Philippe. C’est d’ailleurs ce dernier qui en 2004 avait remporté un appel d’offres pour le trophée du Vendée Globe. « Mon père étant fan de bateaux, il avait proposé une création avec les codes de la voile, raconte Paul, qui s’occupe entre autres de la commercialisation au sein de la société familiale. Elle a fait mouche et c’est toujours le même trophée depuis. » Ce prix mesure 70 cm de haut et est en bronze massif avec un plaquage argent.

Depuis sa création, la société sarthoise travaille le bronze sur des marchés de trophées, de médailles et d’ornement décoratif. Elle fabrique entre 2.000 et 3.000 trophées par an. Beaucoup de ses clients sont issus du monde du sport. La Fédération française de foot, la Fédération française de rugby, la Ligue internationale de volley encore le PSG (entre autres) collaborent avec la fonderie Macheret. « On a réalisé des médailles pour les départs de Pastore et Cavani par exemple », se souvient Paul.

Une diversification salutaire dans le secteur du luminaire

Dimanche prochain, le trophée remis au vainqueur du prix d’Amérique est estampillé Macheret, par exemple. « On crée, on propose des designs et des maquettes à nos clients. Mais on a carte blanche pour nos créations. » Comme ce fut le cas dans les collaborations (autres que le sport) avec la principauté de Monaco ou pour les NRJ Music Awards. « On est une des rares fonderies à tout faire de A à Z, c’est-à-dire à dessiner, fabriquer et commercialiser des trophées haut de gamme en France », observe Paul.

Depuis 2012, le chiffre d’affaires de la Fonderie, qui est à hauteur de 2 millions d’euros à ce jour, a été multiplié par trois et le nombre de salariés est passé de 10 à 19. Pourtant, en 2017, les deux frères décident de se diversifier en se lançant dans une gamme de luminaires en bronze et en albâtre. La fabrication de milliers de trophées et de récompenses pour les fédérations sportives ou pour des cérémonies en tout genre ne représente aujourd’hui que 35 % du chiffre d’affaires.

L’annulation de nombreux événements en 2020 a forcément eu un impact sur l’activité économique de la Fonderie. « On a compensé cette perte par cette diversification dans le secteur du luminaire, justifie Paul. On est des explorateurs, c’est comme ça qu’on a été éduqué par notre père. Cette idée d’autodidacte nous va bien. »