Vendée Globe 2020 : « C’est presque inconcevable »… Avec les bonifications, le vainqueur ne sera « certainement pas » le premier à franchir la ligne

VOILE L’arrivée du Vendée Globe est prévue pour mercredi dans l’après-midi. Mais le vainqueur ne sera probablement pas celui qu’on croit

B.V.

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Trois bateaux au départ du Vendée Globe, aux Sables d'Olonne le 8 novembre 2020.
Trois bateaux au départ du Vendée Globe, aux Sables d'Olonne le 8 novembre 2020. — Sebastien SALOM-GOMIS/SIPA
  • C’en est bientôt fini du Vendée Globe, avec une arrivée estimée mercredi dans l’après-midi aux Sables-d’Olonne
  • De nombreux skippers vont arriver en très peu de temps, ce qui promet un grand suspense
  • Le risque, c’est aussi que le troisième ou le quatrième à l’arrivée remporte la course grâce aux bonifications

Depuis quelques jours, on ne parle plus que d’un skipper sur le Vendée Globe. Charlie Dalin ? Non. Louis Burton alors ? Non plus. Boris Herrmann ? ! Nein. Le marin du moment s’appelle Yoann Richomme et il a pour l’instant les pieds sur terre, derrière son ordinateur. Grâce à plusieurs fichiers météo, le (double) vainqueur de la solitaire du Figaro et de la Route du Rhum effectue en cette fin de Vendée Globe différents calculs de routage qui permettent de donner des estimations des heures d’arrivée.

Et tous ceux qui se sont pris de passion pour cette fin de course hallucinante attendent fébrilement chacune de ses mises à jour. Dans la dernière, datant de ce lundi matin, il prévoyait une arrivée mercredi pour Charlie Dalin, premier à franchir la ligne des Sables d’Olonne, entre 16h30 et 21h30. Louis Burton en terminerait à peine 1h10 derrière lui, Boris Hermann à 2h21, Thomas Ruyant à 4h48 et Yannick Bestaven à 5h54. Des écarts plus qu’infimes après trois mois de course.

« Ces calculs comportent une part de théorie, nuance-t-il, il faut que les conditions météos soient exactement les mêmes que dans la réalité, ce qui n’est jamais le cas. Et il peut y avoir des erreurs humaines sur les bateaux. Donc il y a encore des inconnues, mais sur leur bateau, les skippers se basent sur le même calcul. »

Capture d'écran des prévisions de Yoann Richomme
Capture d'écran des prévisions de Yoann Richomme - Twitter Yoann Richomme

Ce qui veut grosso modo dire que sauf avarie, on se dirige tout droit vers un scénario de sprint final avec des bateaux quasiment sur la même image à la photo-finish. « C’est tout à fait envisageable, et c’est ça qui va être génial, poursuit Richomme. On va assister à un vrai finish de régate, avec énormément de suspense. » D’autant plus que Richomme prévoit, pour la journée de ce mardi, une « compression de la flotte » à cause d’une journée assez lente, ce qui aurait donc tendance à encore rapprocher les leaders.

Et si tous arrivent dans la même demi-journée – ou demi-nuit, c’est comme vous voulez – la question des bonifications va jouer un rôle majeur. Pour le dire clairement, le scénario où le vainqueur du Vendée Globe n’est pas celui qui passe la ligne en premier est quasiment inévitable. Pour rappel, Boris Herrmann bénéficiera d’une remise de peine de 6 heures à l’arrivée pour avoir dérouté son bateau lors du sauvetage de Kevin Escoffier, Yannick Bestaven de 10 heures.

Ainsi, si, les routages de Richomme étaient précis à la seconde près, l’actuel quatrième Yannick Bestaven terminerait 5h54 après Dalin, mais remporterait le Vendée Globe grâce à la bonification devant Boris Herrmann, lui-même troisième au dernier pointage. « Je suis à peu près persuadé que ça va se terminer comme ça, confie Richomme. Hélas, les bonifications vont jouer un rôle majeur même si elles sont justifiées. Que la victoire se joue entre le 3e et le 5e, c’est dingue, presque inconcevable. Ce sera un scénario imparfait. On retiendra peut-être deux classements, un vainqueur moral et un vainqueur technique en temps compensé. C’est comme ça, c’est pas très grave. On court avec des règles que tout le monde a accepté avant de partir. » Même si aucun d’entre eux n’avait prévu un sprint à l’arrivée.