Champions Cup : Le Stade Toulousain lance son « sprint » avec une nouvelle formule digne de Polytechnique

RUGBY Le Stade Toulousain commence sa campagne européenne vendredi soir chez les Irlandais de l’Ulster. La nouvelle Champions Cup présente une formule particulièrement tarabiscotée

Nicolas Stival
— 
Les Toulousains Sofiane Guitoune et Romain Ntamack retrouvent l'Ulster, qu'ils avaient battu (36-8) en quart de finale de la précédente Coupe d'Europe, le 20 septembre 2020 au stade Ernest-Wallon.
Les Toulousains Sofiane Guitoune et Romain Ntamack retrouvent l'Ulster, qu'ils avaient battu (36-8) en quart de finale de la précédente Coupe d'Europe, le 20 septembre 2020 au stade Ernest-Wallon. — Frédéric Scheiber / AFP
  • Versé dans la poule A de la Champions Cup, le Stade Toulousain attaquera sa campagne européenne vendredi soir à Belfast contre l’Ulster.
  • Appelés à rencontrer également les Anglais d’Exeter, tenants du titre, les Rouge et Noir ont hérité de très solides adversaires.
  • Poussés par la crise sanitaire, les organisateurs ont imaginé une formule très particulière pour cette édition 2020-2021.

La boutade est signée Ugo Mola, à l’occasion de la présentation du maillot spécial Champions Cup du Stade Toulousain, lundi à la Cité de l’Espace : « Il s’agit de matchs croisés, je vous passe les détails car ça pourrait plomber la soirée. » Le manager stadiste évoque la nouvelle formule de la Coupe d’Europe, que son équipe, quasiment au complet, étrennera ce vendredi soir à Belfast, face à l’Ulster.


Enfantée par l’épidémie de Covid-19, cette compétition réunit 24 clubs répartis en deux poules, contre 20 équipes divisées en cinq groupes jusqu’à présent : huit viennent du Top 14, huit de la Premiership anglaise et huit du Pro12 (ancienne Ligue celte). Jusque-là rien de bien sorcier. Mais c’est ici que s’invite l’insolite : chaque formation ne disputera que quatre matchs de phase régulière, contre deux adversaires seulement, en aller-retour. Ces opposants sont forcément issus d’un autre championnat (les Irlandais de l’Ulster et les Anglais d’Exeter pour Toulouse).

« Ce nouveau format de tournoi doit beaucoup au pragmatisme, il nous garantit une action palpitante lors des journées de décembre et de janvier », lance l’Anglais Simon Halliday, forcément emballé en tant que président de l’EPCR, en charge de l’organisation de la Champions Cup et de son petit frère, le Challenge européen, lui aussi remanié.

La nouveauté des quarts de finale aller-retour

« Sur les phases de poule, ça trie encore plus vite qu’avant, constate Antoine Dupont, le demi de mêlée international de Toulouse. Cela amène peut-être un peu plus d’équité sur les phases finales. Jusqu’à présent, il y avait vraiment un avantage pour l’équipe qui jouait à domicile. » A l’issue de ce « sprint » (dixit Ugo Mola), les quatre premiers de chaque poule disputeront en effet les quarts de finale en matchs aller-retour (une innovation) avant les demi-finales sur un match sec et la finale programmée le 22 mai 2021 à Marseille.

« Avec 15 points, tu es qualifié et il y a une poule qui va se jouer sans doute à 12 ou 13 points », calcule Mola. Trois victoires minimum sont donc nécessaires, avec si possible quelques bonus offensifs ou défensifs grappillés çà et là. De probables égalités de points seront à trancher. Dans ce cas, « cela va se jouer au goal-average général, au nombre d’essais puis sur la discipline », décrypte le patron sportif du Stade Toulousain.

Pas de droit à l’erreur

Très prosaïquement, le quadruple lauréat de l’épreuve peut se retrouver au bord de l’élimination dès vendredi soir, s’il repart bredouille de Belfast. Avant même la réception d’Exeter, champions d’Europe en titre, le 20 décembre.

Seulement septièmes du Top 14 au moment du gel de la saison dernière au printemps, lors de la première vague de coronavirus, les Rouge et Noir se sont retrouvés dans le quatrième et dernier chapeau au moment de composer les poules. Ils ont donc hérité d’adversaires très dangereux rencontrés – petit clin d’œil du sort – voici à peine deux mois et demi, au moment de terminer l’édition précédente de la Champions Cup (tout est normal, c’est du rugby) : victoire en quart de finale contre l’Ulster (36-8), défaite en demi-finale à Exeter (28-18).

Cette nouvelle formule allégera le calendrier des équipes qui ne franchiront pas la phase régulière (quatre matchs au lieu de six jusqu’à présent), moins celui des futurs finalistes (huit au lieu de neuf). Mais elle ravira surtout les amoureux de règlements tarabiscotés. Ah oui, on allait oublier : les clubs classés de 5 à 8 dans la poule A et la poule B de la Champions Cup n’en auront pas fini avec l’Europe, puisqu’ils participeront aux huitièmes de finale du Challenge européen.