Vendée Globe : Certains skippers profitent de la foule avant leur confinement

VOILE Encore une petite semaine pour apercevoir certains navigateurs sur les pontons des Sables d’Olonne. A partir de dimanche et à une semaine du départ, tous seront confinés

David Phelippeau

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Beaucoup de monde ce lundi sur les pontons.
Beaucoup de monde ce lundi sur les pontons. — David Phelippeau/20 Minutes
  • Dans moins d’une semaine, plus aucun skipper ne sera présent sur les pontons des Sables d’Olonne.
  • Tous ont l’obligation de confiner à partir du 1er novembre, certains sont déjà isolés depuis plusieurs jours, voire semaines.
  • Ce lundi, plus de la moitié de la flotte était encore présente pour saluer la foule qui était nombreuse.

Virginie, professeure en vacances, et sa fille Lola, marquent un temps d’arrêt devant le bateau vert V and B-Mayenne. « Il est là, je le vois… », lance la petite fille. Maxime Sorel, le skipper, est en pleine interview sur le pont de son bateau. Les deux femmes ne regrettent pas d’avoir fait le déplacement de la région bordelaise pour apercevoir les « aventuriers ». Enfin, ceux qui sont encore là aux Sables d’Olonne, à quinze jours du départ.

Maxime Sorel, sur son bateau, avec des élèves de Mayenne.
Maxime Sorel, sur son bateau, avec des élèves de Mayenne. - David Phelippeau/20 Minutes

« Un peu plus de la moitié est encore présente [ils seront 33 pour cette édition] », nous indique la direction. L’autre moitié est déjà confinée. Depuis longtemps pour certains. Aucune trace du Britannique Alex Thomson sur Hugo Boss par exemple. Certaines mauvaises langues n’hésitent pas à souligner qu’il a même brillé par son absence pour la photo officielle… Le dimanche 1er novembre, les skippers n’auront plus le choix, ils devront rester confinés jusqu’au départ le dimanche 8. Il reste donc encore que quelques jours pour espérer apercevoir les navigateurs encore présents aux Sables d’Olonne.

Maxime Sorel assume son choix de rester le plus longtemps possible visible du grand public : « C’est un choix de ma part. J’ai l’impression de devoir tout ça à ces gens. Je trouve ça normal d’être présent et de faire quelques séances de dédicaces. Ce sont des personnes qui rêvent à travers ce qu’on fait et on leur doit ça ! » Exactement l’avis de Jean-François, venu aux Sables d’Olonne pour un week-end prolongé : « C’est tellement énorme ce qu’ils font, ça me tenait à cœur d’être là. Après, ils font tellement de sacrifices pour faire cette course que je comprends que certains se soient confinés depuis longtemps. »

Interdit de faire… des selfies avec les skippers

Thomas Ruyant sur Linkedout et Louis Burton sur Bureau Vallée 2 sont partis par exemple se mettre à l’écart jeudi soir. Nicolas Troussel (Corum L’Epargne) s’est, lui, isolé deux jours avant. Armel Tripon sur L’Occitane en Provence envisage de se mettre à huis clos « avec son coach dans un logement à la Chaume » en fin de semaine. Il ne regrette pas d’être encore là à proximité de la foule qui grossit au fil de la journée : « Peut-être que je ne ferai qu’un Vendée Globe donc il faut le vivre, il faut le partager avec le public. C’est tellement chouette d’être là. »

Au micro, contexte sanitaire oblige, le speaker rappelle néanmoins à plusieurs reprises aux badauds quelques règles simples. Notamment l’impossibilité de faire « des selfies avec les skippers ». Une consigne parfaitement comprise par le public, qui a dû réserver en amont des créneaux pour avoir accès aux pontons. Frédéric, venu de Touraine, ne s’en offusque pas, bien au contraire. Pour beaucoup, la visite est même « plus qualitative ». « Il y a de fait beaucoup moins de monde que les années précédentes, se réjouit Thomas de Vendée. On circule plus facilement. »

Le public est libre de prendre en photo les skippers encore là.
Le public est libre de prendre en photo les skippers encore là. - David Phelippeau/20 Minutes

En début d’après-midi, ce lundi, la file d’attente a pourtant bien grossi, malgré un temps pluvieux et de plus en plus venteux. Le flux est géré par de nombreux bénévoles. Le masque est évidemment obligatoire. Du gel hydroalcoolique est distribué à différents points stratégiques. « Il y a une vraie vigilance à avoir, c’est anxiogène, confie tout de même le skipper Armel Tripon. Personne ne monte à bord, au niveau du cockpit. » Maxime Sorel, qui confinera dans une semaine, a lui bien conscience de « prendre plus de risques » que les navigateurs qui se sont assez vite isolés.

« Avant, on faisait des visites à l’intérieur du bateau, ce n’est plus le cas, explique-t-il. On essaie aussi de réaliser les interviews au maximum en extérieur. Je consomme quelques litres de gel chaque jour et je change de masques quatre fois par jour. J’ai quelqu’un qui passe les posters aux gens afin que je n’aie pas de contacts avec eux. Je pense que le public comprend la situation et qu’il n’est pas déçu de ne pas pouvoir nous approcher plus. » A voir les sourires sur les pontons, à 17 heures, ce lundi, c’est certain.