VIDEO. Nantes : « Le premier bateau neuf de ma vie de skipper », se réjouit le Nantais Armel Tripon

VOILE Le bateau flambant-neuf du skipper nantais Armel Tripon est mis à l’eau pour la première fois ce vendredi matin à Nantes

David Phelippeau

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Armel Tripon devant son bateau tout neuf.
Armel Tripon devant son bateau tout neuf. — P. Bouras
  • Ce vendredi matin, à Nantes, l’Imoca « L’Occitane » d’Armel Tripon va être mis à l’eau pour la première fois.
  • Son monocoque a été construit dans un chantier nantais depuis près de neuf mois.
  • Le skipper nantais a pour objectif le Vendée Globe avec un bateau qui se démarque résolument des autres, surtout au niveau de la carène.

« J’aurais préféré du vert avec du jaune en bon Nantais, mais… » Le skipper Armel Tripon plaisante évidemment. Son monocoque «  L’Occitane » (en jaune et noir), il en est extrêmement fier. « C’est le premier bateau neuf de ma vie de navigateur », confie le Nantais. Un Imoca pur LU. Fabriqué dans la cité des ducs et piloté par un skipper né il y a 44 ans sur les bords de l’Erdre.

Mercredi, deux ans après avoir été pensé, le bateau est sorti du chantier Black Pepper, quartier Bas-Chantenay à Nantes, où il était en construction depuis près de neuf mois. Ce vendredi matin, il va être mis à l’eau pour la première fois. Enfin, dimanche, le public pourra découvrir l’Imoca, de 10 h à 17 h, depuis le ponton du Belem.

En novembre prochain, « L’Occitane » fera partie des huit bateaux neufs sur trente-quatre qui prendront le départ du Vendée Globe aux Sables d’Olonne. « C’est une chance incroyable pour moi d’avoir pu construit mon propre Imoca, avoue celui qui s’alignera pour la première fois sur la plus grande course de voile au monde. Il n’y a pas beaucoup de marins qui ont cette opportunité. » Ce monocoque est « le fruit d’une histoire de rencontres » entre un navigateur (Armel Tripon), un architecte (Samuel Manuard) et un constructeur (Michel de Franssu). Trois hommes pour une seule passion, la navigation, et surtout pour un pari, celui de l’audace.

La carène de type scow, un parti pris audacieux

« On va être attendu sur le Vendée Globe, finit par confesser le skipper nantais, qui se fixe déjà comme objectif « de finir ». Car on a innové sur plein de choses. » La première et la plus marquante, c’est le choix de la carène du bateau. « Très rond devant avec du volume derrière comme un cône de glace, détaille Armel Tripon. Avec ce type de carène, on constate que dans des vents forts aux allures portantes, le bateau, quand il rattrape une vague, au lieu d’enfourner, tend plutôt à surfer sur le dos de celle-ci. On a ainsi nettement moins d’à-coups, nettement moins de stress, et on peut espérer une vitesse constante plus régulière et plus élevée. »

Michel de Franssu, le constructeur, ajoute : « La perte de vitesse due au raccourcissement de la ligne de flottaison sera compensée largement par le fait que le bateau n’aura pas les décélérations qu’on risque de rencontrer avec un bateau plus profond au niveau de l’étrave. » On appelle cela la carène de type scow. Une option inédite sur Imoca (monocoque 60 pieds), mais qui a fait ses preuves en gagnant des courses en Class 40 ou en Mini. Un bon présage pour Armel Tripon ?