Vendée-Arctique-Les Sables d'Olonne : Pour les skippers, des tests et le confinement avant le retour à la compétition

VOILE La course de préparation et de qualification pour le Vendée Globe démarre le 4 juillet

William Pereira

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Pierre Bouras

Sables d’Olonne, Arctique et Vendée. Le plus dur n’est pas de retenir ces trois noms mais de placer le tiercé dans le bon ordre. La Vendée-Articque-Les Sables d’Olonne, course de préparation pour le prochain Vendée Globe prendra le départ samedi et permettra à une flotte de 22 imocas de renouer avec la compétition en haute-mer à un moment de l’année où les skippers étaient censés avoir bouclé deux courses transatlantiques.

« Je me surprends à rêver d’un monde ou je serais en train de rentrer de ma deuxième transat’ », confie Clarisse Cremer (Banque Populaire X). Pour le parcours, aucun mystère, tout est dans le nom ou presque : un départ des Sables, un passage non loin du cercle polaire arctique, un crochet par les Açores pour claquer la bise à l’anticyclone et un retour en Vendée une quinzaine de jours plus tard. « C’est pas si anodin de monter autant au Nord, observe Thomas Ruyant (LinkedOut), la tête dans le planisphère. On sera d’ailleurs proportionnellement plus au nord qu’on ne sera au sud sur le Vendée Globe. C’est un parcours atypique. »

Pas de village départ

En même temps, qu’est-ce qui dans cette course ne l’est pas, serait-on tenté de dire. La conjoncture sanitaire prive navigateurs et public du traditionnel village départ avec tout le flot humain et ballet de voiliers impliqués. Les skippers se rendront sur la ligne de départ directement depuis leur port d’attache sans passer par la case bain de foule et avec la stricte obligation de passer 24 heures en mer pour des raisons d’équité sportive. Tristoune de prime abord mais pas déplaisant pour Sébastien Simon (Arkéa Paprec) : « On est le seul sport où les concurrents sont accessibles une heure avant l’échéance. Ce contexte d’avant-course nous permet de penser un peu à nous. »

« D’habitude avant le départ on sent une grosse tension qui monte, là c’est pas le cas, on est plus au calme, abonde Ruyant. J’ai l’impression quand même qu’on est dans un sport où la course peut se suffire à elle-même, même si les villages sont toujours très sympas évidemment. On a les supports nécessaires à bord pour faire vivre la course et la partager. Ça fait partie de notre sport, on doit savoir le faire et ça fait même partie des obligations imposées par les organisateurs. C’est un sport un peu précurseur là-dessus. »

Un test positif = retour à la maison

La relative tranquillité sur les plages des Sables d’Olonne se veut être une conséquence de toutes les mesures sanitaires prises par l’organisation pour s’assurer d’un feu vert du gouvernement. Et elles sont plutôt nombreuses.

  • Un test Covid-19 pour les skippers et leur équipage le lundi 29 juin
  • Un confinement de cinq jours avant la course
  • Un test juste avant de larguer les amarres la veille de la course

« Si le test est positif on rentre, avec confinement obligatoire et on essaye de retracer les personnes avec qui on a été en contact, explique Sébastien Simon, qui joue quasiment sa qualification pour le Vendée Globe sur cette course. C’est le jeu, il faut éviter toute contamination pour éviter les secours en haute-mer. » La protégée d’Armel Le Cléac’h est quant à elle déjà assurée de se mesurer à l’Everest des mers, mais, en quête d’expérience avant le grand départ en novembre, se passerait bien d’un forfait de dernière minute.

« En mettant de côté toutes les considérations sur ma santé et en étant un peu vulgaire, je dirais que ça me ferait un peu chier (rires). Donc je fais attention mais j’y pense pas au quotidien parce que je dois être en mode course. Il faut que je me dise que je vais passer 15 jours en mer pour être opérationnelle. »

Il faudra ceci dit plus qu’un contexte anxiogène pour atteindre la sérénité de nos trois skippers pour qui le confinement sera de toute façon studieux, entre derniers préparatifs et analyses météo. Cremer, plaisantine : « De toute façon, avant la course on essaye toujours de se reposer. C’est pas le moment où je vais faire la fête avec les copains ! » On vous laisse avec le programme confinement-détente de Thomas Ruyant pour finir. « Je vais faire du sport, je ne me priverai pas d’aller surfer s’il y a de bonnes conditions. Dans ces cas-là, je prends ma planche et j’ai des petits spots où il y a pas grand monde. Dans l’eau on n’est pas collés les uns aux autres. Ça me permet de prendre l’air, d’être bien dans ma tête. »