Stade Toulousain : Après un mois de frigo, Maxime Médard a enfin retrouvé la lumière

RUGBY Hors du groupe depuis la première journée du Top 14, Maxime Médard a joué l’intégralité du match gagné par Toulouse contre Toulon (39-19), dimanche. L’arrière international a plutôt mal vécu cette mise à l’écart

Nicolas Stival

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L'arrière du Stade Toulousain Maxime Médard contre Toulon en Top 14, le 4 octobre 2020 au stade Ernest-Wallon.
L'arrière du Stade Toulousain Maxime Médard contre Toulon en Top 14, le 4 octobre 2020 au stade Ernest-Wallon. — Frédéric Scheiber / AFP
  • Après avoir raté la phase finale de la Coupe d’Europe sur choix de ses entraîneurs, Maxime Médard a retrouvé la compétition, dimanche lors du succès du Stade Toulousain sur Toulon (39-19), en Top 14.
  • Porteur d’eau pour ses coéquipiers en Champions Cup, l’arrière de 33 ans n’a pas perdu son âme de compétiteur alors qu’il dispute peut-être la dernière saison de sa carrière.

Au stade Ernest-Wallon,

Quand on passe un mois au frigo, on est forcément frais au moment d’en ressortir. C’est ce qu’ont prouvé Maxime Médard (33 ans) et Lucas Tauzin (22 ans), alignés 80 minutes durant dimanche soir contre Toulon (39-19). Les deux trois-quarts n’avaient plus figuré dans le groupe du Stade Toulousain depuis la spectaculaire défaite à Clermont (33-30) le 6 septembre, lors de l’ouverture du Top 14.

Rageant lorsqu’on est un sportif professionnel, et encore plus pour Médard qui dispute possiblement la dernière saison d’une carrière dorée. « Je n’avais pas forcément les crocs, il y a d’autres joueurs dans ce club qui sont dans une situation peut-être plus délicate que la mienne, a lâché l’arrière aux 63 sélections à l’issue de la rencontre. Mais je suis un compétiteur, donc forcément pas très content de ne pas être aligné lors de la phase finale de Coupe d’Europe. »

Comme contre La Rochelle (39-23) lors de la deuxième journée de championnat, Médard ne figurait même pas sur la feuille de match face à l’Ulster (36-8) en quart de finale de Champions Cup, ni à Exeter en demie (défaite, 28-18). « J’ai essayé au mieux d’apporter à l’équipe, avec mon gilet bleu de "water boy", a glissé l’homme aux plus célèbres rouflaquettes de France depuis Louis-Philippe. Certes, ce n’est pas forcément ce que je voulais faire, mais voilà, c’est comme ça. »

Un essai refusé qui ne passe pas

Dans cette remarque, l’ironie le dispute à la franchise et à une pointe d’amertume. Toulousain de toujours, encore titulaire avec les Bleus voici un an lors de la Coupe du monde au Japon, Médard n’a pas envie de finir son épopée sportive dans le rôle d’un figurant.

Ni qu’on le prive d’un essai de manière assez incompréhensible comme contre Toulon, au milieu d’une première mi-temps stadiste de rêve, sur une très hypothétique passe en avant de Cheslin Kolbe. « J’aimerais bien qu’on m’explique. Apparemment, c’est l’arbitre vidéo qui a appelé l’arbitre de champ. Il y a trop de retours à la vidéo pour chaque action, chaque essai. C’est un peu agaçant. » Des mots prononcés sur un ton calme par un double champion d’Europe et quadruple champion de France que l’on sent pourtant bouillir à l’intérieur.

La longue fenêtre internationale qui ne va pas tarder à s’ouvrir, avec le départ en sélection d’une pléiade de Toulousains dont éventuellement son concurrent Thomas Ramos, devrait lui ouvrir de nouvelles perspectives. Echaudé, l’arrière ou ailier sort un bon gros cliché pour se dégager du sujet, comme il use de son pied gauche pour taper en touche.

« On prend match après match et on verra. Je ne vais pas me mouiller. » Mais on ne s’avance pas beaucoup en affirmant qu’il se voit davantage dans un maillot Rouge et Noir que dans la tenue bleue de porteur d’eau.