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Thibaud Flament veut conquérir l’Angleterre avant de débarquer à Toulouse

Stade Toulousain : La folle histoire de Thibaud Flament, à la conquête de l’Angleterre avant de débarquer en France

RUGBYLe futur deuxième ou troisième ligne du Stade Toulousain Thibaud Flament, formé en Belgique et actuel joueur des Wasps en Angleterre, a suivi une trajectoire extraordinaire qui s’est accélérée depuis un peu plus d’un an
Nicolas Stival

Nicolas Stival

L'essentiel

  • Actuellement blessé, Thibaud Flament espère être de retour pour jouer les phases finales du championnat d’Angleterre avec les Wasps de Coventry.
  • Le deuxième ligne français, capable de jouer flanker, rejoindra le Stade Toulousain dès la fin du parcours de son club actuel.
  • En à peine plus d’un an, la carrière du jeune joueur de 23 ans, qui a grandi en Belgique, a connu un formidable coup d’accélérateur.

Quand un joueur de rugby change de club, il débarque rarement en terre inconnue. Il y a toujours ce coéquipier avec lequel on a évolué quelques années plus tôt, ce collègue croisé en sélection de jeunes… Rien de tout ça pour Thibaud Flament, le « Frenchie » des Wasps de Coventry, qui quittera bientôt l’une des meilleures équipes anglaises afin de rejoindre le Stade Toulousain pour les trois prochaines saisons.

« Je ne connais absolument personne », se marre au bout du fil le 2e ligne de 2,03 m pour 115 kg, capable aussi d’évoluer comme 3e ligne aile. Il en faudrait plus pour l’inquiéter. Car si l’adjectif « atypique » est l’un des plus galvaudés de la langue française, il colle sans souci au parcours de ce globe-trotter de 23 ans. Né à Paris, Flament a (beaucoup) grandi et découvert le rugby en Belgique, à l’ASUB Waterloo, puis rejoint l’Angleterre une fois le bac en poche, sans oublier une parenthèse sud-américaine.

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« J’ai fait des études de commerce à l’université de Loughborough, dont le club de rugby a cinq équipes, détaille-t-il. La première année, je jouais en équipe 5, puis en équipe 3 la deuxième année. Je suis parti un an en stage en Argentine où j’ai évolué en première division [avec le Club Newman] Je suis revenu à l’université en équipe une puis j’ai été repéré par les Wasps. »

Une trajectoire fulgurante

Nous sommes alors en juin 2019, et tout va encore s’accélérer pour Flament : après deux mois au centre de formation, il intègre l’équipe première, avec laquelle il dispute 16 matchs, avant d’être stoppé comme le monde entier par le confinement, au printemps dernier. « Mon objectif, c’était de jouer une rencontre, je pense qu’il est atteint », rigole le double mètre, victime d’une fracture de deux métatarses du pied gauche fin août et actuellement en phase de reprise.

Les premiers pas tonitruants outre-Manche de ce très solide gaillard, habile ballon en mains, ne sont pas passés inaperçus dans son pays natal. « Vers novembre, alors que je n’étais que depuis deux mois et demi en équipe une des Wasps, j’ai reçu un SMS d’Ugo Mola [le manager du Stade Toulousain] qui me disait qu’il faudrait qu’on s’appelle, qu’on discute un peu, raconte le titulaire d’une licence en commerce international. J’étais dans les vestiaires, j’ai vu ça et je me suis dit : "Là, ça rigole plus !" » Quelques coups de fil plus tard, l’affaire était dans le sac, malgré les approches de Bayonne et du Racing 92.

Les Wasps, grands seigneurs

« J’adore ce challenge d’aller gagner ma place, comme je l’ai fait avec les Wasps », avance-t-il. Et les « Guêpes » justement, n’ont-elles pas trop été piquées de voir Flament partir chez leurs victimes de la mythique finale de Coupe d’Europe 2004 ? Apparemment non, selon l’intéressé. « J’ai beaucoup apprécié la manière dont ça a été géré. Le coach [Lee Blackett] m’a dit qu’il comprenait la situation, que c’était mon pays, qu’il aurait bien aimé me garder mais qu’il ne m’en voulait pas. »

Avant de rentrer en France 20 ans après l’avoir quittée, la révélation de la saison en Premiership a un boulot à finir. « Nous sommes sur une super dynamique, avec des grosses victoires. Nous sommes dans le Top 4 [deuxième avant la réception du leader Exeter dimanche, lors de la dernière journée de la phase régulière]. Nous comptons gagner le titre. » « Avec un peu de bol », comme il le dit, Thibaud Flament jouera la demi-finale du championnat d’Angleterre le 10 ou 11 octobre, voire la finale le 24 à Twickenham. Il plongera dans l’aventure toulousaine dès que sa saison britannique sera terminée.

Avant de viser plus haut, à un poste de deuxième ligne où le XV de France ne dispose pas d’un réservoir très fourni ? « Tout joueur de rugby veut atteindre le plus haut niveau, réplique le futur Rouge et Noir. Mais je veux déjà que ça se passe bien à Toulouse. Il ne faut pas aller trop vite. » Parole de spécialiste.