Elections à la FFR : « Je ne pense pas qu’il y ait magouille ! », des présidents de clubs au soutien de Bernard Laporte à Bordeaux

RUGBY Le président sortant de la Fédération française de rugby était en meeting lundi à Bordeaux quelques jours après sa garde à vue dans « l’affaire Altrad » et à la veille des élections pour la présidence de la FFR 

Clément Carpentier
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Bernard Laporte (au centre) lors de son meeting à Bordeaux.
Bernard Laporte (au centre) lors de son meeting à Bordeaux. — Clément Carpentier / 20 Minutes
  • Bernard Laporte était en meeting à Bordeaux lundi soir avant les élections à la FFR samedi prochain.
  • Une semaine après sa garde à vue dans « l’affaire Altrad », le président sortant est persuadé d’avoir gagné. Ses soutiens aussi.
  • Lors de cette réunion publique, il a également répondu aux critiques sur la situation financière de la fédération.

Bernard Laporte en a connu des bagarres sur les terrains de rugby. Mais là, il avoue avoir été « impacté ». Car une garde à vue et 36 heures dans les locaux de la Brigade de répression de la délinquance économique (BRDE) ne sont pas un simple affrontement entre rugbymen. En attendant de connaître les suites judiciaires que donnera le Parquet national financier à la dite « affaire Altrad » (soupçons de favoritisme et de conflit d’intérêts avec le milliardaire montpelliérain), le président de la Fédération française de rugby n’a pas eu le temps de souffler.

Et pour cause, il joue cette semaine sa réélection à la tête de la FFR face à Florian Grill. Lundi soir, il était à la maison près de Bordeaux lui l’ancien joueur du CABBG (Club athlétique Bordeaux Bègles Gironde). Il y tenait son avant-dernier meeting de campagne avant la fin de celle-ci aujourd’hui à Toulouse et le vote samedi prochain. Avec cette question : quelles peuvent être les éventuelles conséquences de cette garde à vue sur les choix de 1.900 clubs amateurs ?

« Ça n’a pas du tout changé mon avis »

Comme Bernard Laporte l’a lui-même exprimé sur Facebook dès sa remise en liberté, beaucoup de ses soutiens trouvent avant tout « bizarre » ce qu’il s’est passé. « On a été surpris par le timing. Ça nous dérange un peu. Ce n’est pas innocent. Il y a eu un concours de circonstances très bizarre mais bon, on l’a vécu sereinement car on connaît le dossier. On était sûr de notre président. Après c’est pesant ! », avoue Christian Laclau, président du club de Tyrosse et colistier de Bernard Laporte. Son collègue de l’Etoile Sportive Eysines, Patrick Bidalle va plus loin et n’hésite pas à parler « d’un règlement de compte entre la LNR et la FFR ».

« Ça n’a pas du tout changé mon avis sur lui. Je pense qu’il a eu une très bonne réaction en réagissant rapidement sur les réseaux sociaux. C’était assez touchant ses propos. Je ne pense pas qu’il y ait magouille ! », insiste le coprésident du club de la banlieue bordelaise aux 170 licenciés. Il rappelle au passage qu’il a économisé 13.000 euros en quatre ans grâce aux mesures de l’actuel président sur un budget annuel de 50.000 euros : « C’est énorme pour nous ! »

Laporte répond aux critiques sur la situation financière de la FFR

Au micro, le boss de la FFR ne revient que très rapidement sur l’épisode de la semaine dernière. Il a simplement quelques mots de remerciements pour ses soutiens. Pas question d’en faire des caisses. Bernard Laporte n’a aucun doute de toute façon : « Je suis plus que confiant. Je suis certain qu’on a gagné donc je ne peux pas vous dire mieux. On est très confiant et très déterminé à poursuivre tout ce que nous avons déjà entamé. Je crois qu’en quatre ans la Fédération française de rugby a fait plus qu’en 20 ans. C’est ce qu’on nous dit. On est très fier de notre bilan. On a fait ce qu’on a dit à 90 %. C’est pour ça qu’on a la confiance de tous. »

Il énumère tout ce qu’il a fait pendant ce premier mandat pour les clubs amateurs. Et leur fait même une promesse : « On a déjà fait déjà un plan de relance de 35 millions. […] Et s’il faut en refaire un, on en refera un. On a déjà anticipé. Il n’y a pas un club qui fermera. » Pas d’inquiétude, les finances tiendront en mode « quoi qu’il en coûte » comme dirait un autre président. Il ajoute que la FFR, c’est 70 millions d’euros de trésorerie, 32 millions d’euros de fonds propres et que Marcoussis sera payé dans deux ans. La maison du rugby français a été estimée à 50 millions d’euros toujours selon ses dires. A l’écouter, tous les clubs peuvent donc dormir sereinement sur leurs deux oreilles.

Une promesse pour le rugby professionnel

Même s’il lance quelques attaques au passage vers son adversaire qui est selon lui « dans la destruction permanente et sans programme » car « 300 engagements, ça ne veut rien dire, il pourrait y en avoir 1.000… Faut être concret dans la vie », il se retient bien de prononcer son nom que ce soit face aux journalistes ou à son auditoire dans la soirée. Il préfère toujours mettre son bilan en avant, rappeler que le XV de France est passé de la 9e place mondiale à la 5e et peut-être à la 4e en deux ans et demi en cas de victoire contre l’Irlande cet hiver.

Il sort tout de même un gros plaquage sur la LNR dont « tout le monde se fout car le rugby français, ce n’est pas Paul Goze ou Emmanuel Eschalier [le président et le directeur de la Ligue] » avant d’avoir un mot pour ceux qu’il respecte « beaucoup plus » dans le rugby professionnel, les présidents de club : « Beaucoup de clubs professionnels sont des amis. Vous croyez que je vais laisser tomber Thomas Lombard ou Didier Lacroix. Il n’en a jamais été question. J’ai été le premier à vouloir annuler la tournée en Argentine en juin pour essayer de finir le championnat à l’époque. » Il poursuit :

Bien sûr que je viendrai toujours en aide au rugby professionnel car c’est clair que si ça continue comme on le prédit, il va y avoir des jours difficiles. Il fait partie intégrante de la fédération. »

Parmi ses ambitions pour l’après la Coupe du Monde 2023 en France, Bernard Laporte vise les 100.000 licenciés. A voir si les clubs souhaiteront samedi que ce soit lui qui gère la FFR jusqu’en 2024.