Bernard Laporte, le 8 septembre 2020.
Bernard Laporte, le 8 septembre 2020. — EMMA PROSDOCIMI/SIPA

RUGBY

Affaire Altrad : Bernard Laporte sort libre de deux jours de garde à vue

Le patron du groupe Altrad, Mohed Altrad, a également été remis en liberté, tout comme le directeur général du Mondial-2023 Claude Atcher

Ce n’est pas le meilleur calendrier pour Bernard Laporte. A dix jours de briguer un nouveau mandat à la tête de la Fédération française de rugby (FFR), l’ancien secrétaire d’Etat chargé des Sports de Nicolas Sarkozy est ressorti libre mercredi soir de garde à vue après deux jours d’interrogatoires à Paris. La justice le soupçonne d’avoir usé de son influence en faveur d’un grand argentier de ce sport.

Cinq gardes à vue

Le patron du groupe Altrad, Mohed Altrad, propriétaire du club de Montpellier et sponsor maillot du XV de France, a également été remis en liberté dans la soirée, tout comme le directeur général du Mondial-2023 Claude Atcher, et deux hauts responsables de la Fédération, son vice-président Serge Simon et son responsable des relations internationales Nicolas Hourquet. Les cinq hommes avaient été placés en garde à vue mardi matin à leur arrivée dans les locaux de la Brigade de répression de la délinquance économique (BRDE).

Il revient désormais au Parquet national financier (PNF) de décider des suites à donner à cette enquête ouverte en 2017 pour examiner notamment les liens entre Bernard Laporte et Mohed Altrad. Le PNF peut décider de poursuivre son enquête préliminaire, d’ouvrir une information judiciaire confiée à des juges d’instruction ou bien de mettre un terme aux investigations. Dans ce cas, il peut décider de classer le dossier ou de le renvoyer devant un tribunal. « L’enquête est voie d’achèvement, aucune décision n’a été prise à ce stade », a fait savoir le Parquet dans la soirée.

Des révélations en 2017

L’affaire, partie de révélations du JDD en août 2017, avait gâché le début de mandat de Bernard Laporte, élu le 3 décembre 2016. Elle risque maintenant de gêner sa fin de campagne auprès des clubs, chargés de le départager le 3 octobre face à son principal opposant, Florian Grill. Le patron du rugby français est notamment soupçonné d’avoir favorisé Montpellier (Top 14) en intervenant auprès de la commission d’appel de la FFR pour réduire des sanctions contre le club, fin juin 2017.