Affaire FFR/MHR : L’avocat de Mohed Altrad dénonce une garde à vue « à la limite de l’humanité »

RUGBY Le patron du MHR est sorti libre de sa garde à vue mercredi

A.L.G.

— 

Mohed Altrad, le patron du Montpellier Rugby.
Mohed Altrad, le patron du Montpellier Rugby. — Pascal GUYOT / AFP

Placé en garde à vue au même titre que les quatre membres de la Fédération française de rugby, le patron du MHR Mohed Altrad est ressorti libre mercredi en attendant que le Parquet national financier ne décide des suites à donner à cette affaire. D’ici là, son avocat, Me Antoine Vey, a accordé quelques mots à nos confrères de L'Equipe afin de dénoncer les conditions dans lesquelles s’est déroulée la garde à vue de son client.

« Mon client a 71 ans et il a passé la journée dans une cellule où vous, si vous y passiez deux heures, vous trouveriez cela inhumain. Les enquêteurs sont très courtois, arrangeants, sympathiques mais il y a une brutalité institutionnelle qui est scandaleuse », peste Me Vey.

« Il s’est fait un peu embringuer dans des combines à deux balles »

« Ils n’ont pas à dormir dans une geôle avec des types à côté qui leur ont hurlé dessus. Il (Altrad) n’a pas dormi de la nuit. La lumière dans la gueule à 23 h 30 pour vous poser des questions quand vous y êtes depuis le matin, ça n’a aucun sens. La mesure de garde de vue dans ce dossier est détournée, parce qu’elle n’a qu’un objectif : la médiatisation. On est à la limite de l’humanité », poursuit-il, furieux.

Quant à ce qui est reproché à son client, Antoine Vey assure ne pas bien comprendre. En revanche, il semble désolidariser Mohed Altrad des agissements de Bernard Laporte et consort. « Pour faire un pacte de corruption, il faut l’antériorité de la promesse. Vu son parcours, je ne pense pas qu’Altrad ait un intérêt à corrompre Bernard Laporte. Il y est allé [sponsoriser la FFR via une pub maillot] par passion, peut-être par vanité, il s’est fait un peu embringuer dans des combines à deux balles des uns et des autres, parce qu’une fédération sportive n’est pas gérée comme une entreprise du CAC 40. » On serait bien curieux de connaître la nature de ses « combines à deux balles ». La justice aussi a priori.