HBC Nantes : De la N3 à la Ligue des champions en deux ans, l’incroyable trajectoire de Thibaud Briet

HAND L'arrière gauche nantais de 20 ans jouait encore à Rouen (en N3) il y a deux ans. Ce jeudi soir (20h45), à la H Arena, il affronte Barcelone en Ligue des champions

David Phelippeau

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Thibaud Briet.
Thibaud Briet. — SEBASTIEN SALOM-GOMIS/SIPA
  • Ce jeudi soir (20 h 45), Thibaud Briet affronte Barcelone avec le HBC Nantes en phase de poule de la Ligue des champions.
  • Cet arrière gauche de 20 ans évoluait il y a encore deux ans à Rouen en Nationale 3.

Parfois, la vie bascule sur un coup de fil. Comme celui de Thibaud Briet, joueur de handball anonyme de Rouen en N3 (cinquième division nationale), à Gregory Cojean en début d’année 2019. Sa candidature non retenue par le centre de formation du HBC Nantes, l’arrière gauche de 19 ans (à l’époque) se paie le culot – « il en faut parfois », rit-il aujourd’hui – d’appeler le directeur de la formation pour lui demander « un ticket pour un essai ». Un an et demi plus tard, Thibaud Briet fait partie intégrante du groupe professionnel. Face à lui, finis les Marolles, Puteaux et Villemonble, place à Veszprem, Kiel et encore Barcelone (ce jeudi à la H Arena à 20 h 45).

« C’est énorme ce qu’il m’arrive quand on y réfléchit, reconnaît, spontanément, Thibaud Briet, qui a inscrit quatre buts à Kiel en Ligue des champions et cinq dimanche face à Ivry en championnat. C’est assez incroyable, je joue contre des mecs que je regardais encore à la télé il y a deux ans comme Sagosen. Dika Mem, je me suis beaucoup inspiré de lui… » Jeudi soir, l’idole barcelonaise sera en chair et en os face à lui. Thibaud Briet prend beaucoup de hauteur sur sa trajectoire supersonique. Ses 2,03 m y contribuent peut-être… « Il me bluffe car il semble bien appréhender sa nouvelle vie, cette capacité à changer de vie en deux ans, loue Greg Cojean, adjoint d' Alberto Entrerrios et ex-directeur du centre. Il a la tête sur les épaules. »

Il a poussé de plus de 20 cm en trois ans

Déjà la saison dernière, pour sa première année au « H », Thibaud passait le plus clair de son temps chez les grands. « Contre le PSG (29-29), j'avais eu du temps de jeu en février, mais j’avais eu peur d’Hansen et de Karabatic​, confie celui qui a obtenu récemment son IUT génie thermique. Cette année, je me suis dit que j’étais pro [il a signé un contrat de trois ans cet été] et que je m’en foutais de l’équipe adverse. Je ne suis plus dans le monde des Bisounours. Je suis là pour la performance de l’équipe. » Avec les nombreuses absences sur la base arrière depuis un mois, Thibaud croque à pleines dents dans les matchs durant lesquels son temps de jeu semble augmenter au fil des semaines. Malgré sa grande taille, sa mobilité fait merveille sur les parquets, tout comme son bras.

« Il a grandi très tardivement, il s’est donc construit techniquement comme un joueur plus petit, analyse Cojean. Il est capable de déborder des deux côtés, il a une bonne vision de jeu et il bouge bien. Il ne s’est pas construit que sur des tirs de loin. » Thibaud confirme : « A 17 ans, je faisais max 1,80 m, j’ai donc beaucoup travaillé sur la mobilité car j’étais un peu mou. » Au point que le Normand n’a jamais envisagé d’intégrer un pôle de formation durant sa jeunesse. « J’étais vraiment trop limite pour prétendre à ça. » Trois ans plus tard, Thibaud s’apprête à affronter le Barça. « C’est marrant, en avril 2019, j’étais avec mon père en tribune pour le dernier HBCN-Barcelone, je venais juste de savoir que j’étais pris au club… » A peine deux ans plus tard, Thibaud sera sur le parquet.