Manchester City - OL : Comment le banc lyonnais a créé une ambiance électrique et gagné « la bataille de la communication »
FOOTBALL•Il y avait une grosse ambiance sur le banc de l'OL au Estadio de AlvaladeWilliam Pereira
De notre envoyé spécial à Lisbonne,
Attention, ceci n’est pas l’apologie du match à huis clos. Mais n’empêche. Il y avait dans ce Manchester City-OL quelque chose de très foot district. Pas question ici de niveau de jeu – les deux équipes ont produit du beau football – mais d’ambiance. Le stade était vide, comme partout depuis la reprise post-coronavirus, rien de nouveau là-dedans. Mais le génie des Lyonnais aura été précisément de s’approprier ce néant pour en tirer un truc positif. « On a gagné la bataille de la communication, le banc, les remplaçants en tribune, et c’est important à huis clos ça », dira Rudi Garcia après la victoire 3-1 contre les Citizens.
Revenons sur notre métaphore. Il faut imaginer un match du dimanche comme il y en avait des milliers chaque week-end en France avant la pandémie. 22 types venus en découdre devant absolument personne si ce n’est deux, trois, amis ou membres de la famille de joueurs. Pas de supporters autour. Juste 22 gars, un staff, des remplaçants et un arbitre au milieu. La bataille de la communication dont parle le coach lyonnais, c’est l’essence même du match du dimanche. On braille, on s’encourage, on en fait des caisses quand on prend un taquet sur le protège-tibia, on essaye d’influencer l’arbitre directement ou indirectement. Autant d’outils qui permettent parfois à des équipes moins fortes mais plus malignes de dominer un adversaire qui avait plus de ballon. Comme l’OL contre City.
« On s’est beaucoup encouragés »
Pour être tout à fait honnête, l’idée de ce parallèle entre le comportement du banc lyonnais et le football vrai nous est venu bien avant la décla de Rudi Garcia. En début de match, autour du quart d’heure de jeu, Kevin De Bruyne est coupable d’un petit tacle à retardement sur Houssem Aouar. Réaction immédiate au bord du terrain. Ça gueule, ça lance des « oh, oh, oh » dans tous les sens. Tout est bon pour engrener, comme on dit, mettre le feu. Si faire passer un petit coup à la cheville pour une amputation sommaire permet de gratter un carton jaune à l’adversaire, on le fait. Et vous savez quoi ? Lyon a eu raison de le faire. Parce que ça fait partie du foot. Et parce que de toute façon, au fond, c’est l’arbitre qui décide. La preuve : De Bruyne n’a pas été averti sur ce coup.
Il n’y a pas que du vice dans cette bataille de la communication à laquelle n’a jamais vraiment pris part Manchester City – c’est d’ailleurs un des points faibles de Guardiola, ne jurer par le jeu et que par lui. Le huis clos, couplé à la délocalisation a créé un climat neutre. L’Olympique lyonnais s’est donc chargé de créer sa propre ambiance pour galvaniser les hommes sur le terrain. Avant d’entrer en seconde période, les remplaçants étaient supporters. « On s’est beaucoup encouragés », tient à souligner l’entraîneur de l’OL.
Des ressources insoupçonnées
Autre séquence marquante en première période. A la lutte sur son côté avec Walker, Maxwel Cornet s’arrache pour protéger son ballon en six mètres. Quand il parvient à ses fins, le latéral gauche de Lyon est copieusement félicité, presque autant que quand il ouvre le score, alors que l’action est tout à fait anodine. Il ne s’agissait pas tant de le féliciter que d’entretenir un climat devenu électrique à la fin de la rencontre.
A un partout, chaque situation chaude maîtrisée autour de la cage de Lopes faisait l’objet d’applaudissement appuyés, et toute situation chaude et intéressante était prétexte à gueuler le plus fort possible comme pour faire rentrer le ballon dans les buts d’Ederson. Force est de constater que ça a fini par marcher. Garcia, toujours : « on a vu combien les joueurs étaient capables de trouver des ressources insoupçonnés [même s’ils étaient très empruntés en fin de match]. » Comme l’a dit Jean-Michel Aulas après le match, « City c’est une puissance fantastique et on sent bien que normalement cette équipe aurait dû passer. » Mais pour gagner la guerre contre son adversaire en quarts, il fallait aussi remporter cette bataille de la communication.


















