VIDEO. Municipales 2020 à Marseille : Des piscines en mer ou financées par des montages immobiliers... Les propositions étonnantes face au manque de bassins

PROGRAMME (6/8) Face au manque de piscines à Marseille, plusieurs candidats aux élections municipales formulent d'étonnantes propositions. «20 Minutes» les a compilées

Jean Saint-Marc, M. Cei et A.M.

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La piscine Desautel, dans le 9e arrondissement, est l'une des neuf piscines actuellement ouverte à Marseille.
La piscine Desautel, dans le 9e arrondissement, est l'une des neuf piscines actuellement ouverte à Marseille. — J. Saint-Marc / 20 Minutes
  • Tous les candidats ont conscience de la vétusté et du manque de piscines à Marseille.
  • Ils proposent de construire des bassins pendant la prochaine mandature.
  • Certaines de leurs idées sont surprenantes, qu’il s’agisse de faire des piscines en pleine mer… Ou de demander aux propriétaires de piscines d’apprendre à nager aux jeunes Marseillais.

Elle reçoit 120.000 nageurs par an. Facilement accessible, rénovée fin 2016, la piscine Vallier est l’équipement préféré des baigneurs marseillais. Etait, plutôt : elle est fermée depuis le 17 décembre, après le fléchissement d’une poutre. Et la mairie ne rassure pas les habitués de Vallier : « Une seconde phase de travaux va débuter. Impossible de vous donner une date de réouverture. »

Entre vidanges, rénovations et fermetures hivernales, seules neuf des quinze piscines marseillaises sont accessibles en ce moment. Un bassin pour 96.000 Marseillais. « Un enfant sur deux ne sait pas nager à son entrée en sixième ! Marseille mérite un vrai plan piscine, pour bien mailler le territoire », lance au futur maire Jacques Favre, président du Team Marseille natation.

Les candidats en appellent à la métropole

L’écologiste Sébastien Barles veut « idéalement, une piscine par arrondissement à la fin de la mandature. » Michèle Rubirola, du Printemps marseillais, souhaite « en construire deux, dont une dans les quartiers Nord. » Yvon Berland, soutenu par La République en marche, compte « d’abord réhabiliter les infrastructures défaillantes. » Martine Vassal, pour Les Républicains, évoque la nécessité « d’un audit précis » et veut « réhabiliter Luminy », bassin mythique fermé en 2008 pour des problèmes d’amiante.

Mais comment financer tout cela ? « On va appeler Sainte Martine, il paraît qu’elle envoie du blé », ironise le candidat du Rassemblement national Stéphane Ravier, qui rêve donc de piscines financées par le Conseil départemental et la métropole, actuellement tenus par sa rivale Martine Vassal. Bruno Gilles (divers droite) exige que les piscines « deviennent métropolitaines et que la métropole s’engage à construire une piscine à Marseille, comme elle l’a fait à Cassis et à Venelles. » Plus inattendu, la candidate divers gauche Samia Ghali compte « vendre à un promoteur une partie du terrain autour de la piscine Nord, et récupérer la manne financière pour réaménager la piscine ». Elle est fermée depuis 2010.

Le projet d'extension du Parc Borély de Martine Vassal, avec une piscine en pleine mer.
Le projet d'extension du Parc Borély de Martine Vassal, avec une piscine en pleine mer. - Capture d'écran

Plus original encore : le marcheur Yvon Berland propose que, face à l’urgence, « des citoyens qui ont des piscines puissent recevoir des jeunes Marseillais pour leur apprendre à nager, sous la surveillance de maîtres-nageurs. » Enfin, les deux candidats de la droite rêvent d’installer des piscines en pleine mer. « Sur le modèle du bassin de la Villette », précise Martine Vassal, qui a notamment un projet pharaonique pour le parc Borély. Bruno Gilles a la même idée, mais plutôt entre le Mucem et la Villa Méditerranée : « Il suffit de filtrer l’eau de mer pour que ce soit bien propre, comme à Copenhague. Et on peut même réchauffer l’eau de quelques degrés avec une bâche en plastique. »

Est-ce faisable ? Pertinent ? Jacques Favre ne le pense pas :

Une piscine en pleine mer, c’est un objet urbanistique, sans doute magnifique, mais ça n’entre pas dans le champ d’une politique sportive d’apprentissage de la natation ! Envoyer des enfants dans les piscines des quartiers chics, ça ressemble à une fausse bonne idée, il faut être très vigilant sur la sécurité. »

L’ancien directeur technique national conclut, assassin : « Le problème des piscines à Marseille mérite autre chose que des propositions gadgets ! »