Marseille : Ségolène Royal est « prête » pour la présidentielle (mais assure ne « pas être en campagne »)

POLITIQUE Officiellement, Ségolène Royal était à Marseille pour soutenir Samia Ghali, candidate aux municipales. L'ancienne ambassadrice des pôles en a profité pour amorcer sa propre campagne pour la présidentielle

Jean Saint-Marc

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De nombreux journalistes étaient présents à Marseille, le 23 janvier 2020, pour une journée de campagne de Ségolène Royal aux côtés de Samia Ghali.
De nombreux journalistes étaient présents à Marseille, le 23 janvier 2020, pour une journée de campagne de Ségolène Royal aux côtés de Samia Ghali. — C. Simon / AFP
  • Ségolène Royal était à Marseille ce jeudi pour soutenir la candidate divers gauche Samia Ghali et apposer un « label » (sic) écologique à son projet.
  • L’ancienne ambassadrice des pôles a aussi évoqué ses propres ambitions pour la présidentielle de 2022.
  • Elle estime qu’elle peut incarner une « troisième voie » entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen.

C’est tout le charme des campagnes électorales : il faut parfois vous arracher des fauteuils moelleux d’un restaurant chic pour aller respirer les effluves nauséabonds d’une décharge géante. « Ségolène, je voulais que tu voies ce que tu as fait en tant que ministre de l’Environnement », lance Samia Ghali, devant l’entrée de « l’installation de stockage de déchets non dangereux » de Septèmes-les-Vallons, qui fermera en 2022. « Je suis très heureuse d’être ici, de voir la continuité d’une décision que j’ai signée* », apprécie Ségolène Royal, qui avoue, avec son sourire inamovible mais le nez pincé : « Les campagnes sont toujours agréables ! »

Qui était en campagne électorale, ce jeudi, à Marseille ? Officiellement, Samia Ghali, sénatrice PS des quartiers Nord et candidate divers gauche aux élections municipales à Marseille. Ségolène Royal était là pour la soutenir et apposer un « label » (sic) écologique à son projet. Mais l’ex ambassadrice des pôles joue aussi sa carte personnelle. Après Toulouse, elle enchaîne à Marseille un nouveau déplacement sur le terrain, « pour prendre la température, prendre le pouls de ce que veulent les Français », selon les mots de Samia Ghali.

« Je ne suis pas en campagne »

« Je ne suis pas en campagne électorale, cette visite a été fixée avant que je lance mon mouvement “Désir de France, avenir de la planète” », assure Ségolène Royal. Elle dévoile toutefois sans ambages son ambition pour la présidentielle de 2022 :

Je constate que j’ai déjà 2.000 personnes qui me soutiennent sur mon site… Il me semble que par rapport à la brutalité de la politique, l’angoisse des Français face au démantèlement des protections sociales, il faut qu’on se prépare à construire une troisième voie entre ce face-à-face qu’on nous présente comme incontournable (entre Le Pen et Macron). Si je suis la mieux placée pour l’incarner, je serai prête ! »

Ségolène Royal dit avoir été « choquée » par la polémique autour de ses absences aux réunions du Conseil de l’Arctique : « C’est la première fois dans ma vie politique que l'on insinue que je ne suis pas rigoureuse dans mon travail ou avec l’argent public. » Un « choc » qui lui donne envie de repartir au combat contre Emmanuel Macron, qu’elle n’a pas épargné, ce jeudi, face aux nombreux micros et caméras venus la suivre à Marseille.

« On peut faire les réformes dans l’apaisement, affirme l’ancienne ministre socialiste, qui n’a pas repris sa carte au PS cette année. Le système social français est un trésor qu’il faut protéger ! Et on a un gouvernement qui désécurise, qui impose des mutations sans en expliquer le sens, en faisant toujours payer les moyens et les petits. » Ces derniers sont-ils favorables à une éventuelle campagne de Ségolène Royal ? A Marseille, elle a dû se contenter de quelques poignées de main, deux-trois encouragements ou selfies lointains. 2022 est encore loin.

* Une source interne à Veolia indique que contrairement à ce qu'ont affirmé Ségolène Royal et Samia Ghali, la fermeture du site a été actée par décision préfectorale dès 2007.