Municipales 2020 à Marseille : Qui est Michèle Rubirola, la tête de liste surprise du Printemps marseillais ?

MUNICPALES 2020 L’écologiste Michèle Rubirola a officiellement été investie vendredi tête de liste du Printemps marseillais à l’issue d’un vote interne

Adrien Max

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Michèle Rubirola, au centre, entourée de Benoit Payan du PS (à gauche), Jean-Marc Coppola du PCF et Sophie Camard de LFI.
Michèle Rubirola, au centre, entourée de Benoit Payan du PS (à gauche), Jean-Marc Coppola du PCF et Sophie Camard de LFI. — Raphaël Bianchi
  • Michèle Rubirola a été investie tête de liste du Printemps marseillais vendredi après un vote interne.
  • Alors que Benoit Payan (PS) était pressenti pour occuper cette tête de liste, c’est finalement l’écologiste, suspendue par son parti, qui mènera cette liste composée de partis de gauche, et de mouvements citoyens.

Une caution écologiste avancée par le Printemps Marseillais pour mettre échec et mat les autres listes de gauche, ou une dirigeante politique courageuse aux convictions à même de relancer Marseille après 25 ans de règne de Gaudin ? L’écologiste Michèle Rubirola a officiellement été investie tête de liste du Printemps Marseillais, une union de partis de gauche dont le PS, le PCF, LFI, et de mouvements citoyens, vendredi soir à l’issue d’un vote interne par 96 % des 2.157 votants.

Mère de trois « grands enfants », Michèle Rubirola a commencé sa carrière en tant que médecin de famille à Marseille, où elle est née. « J’ai toujours eu une activité libérale et une activité salariée. J’ai par exemple contribué à l’instauration du RMI santé, j’ai aussi été médecin dans des foyers de jeunes. J’adore travailler en équipe et le domaine social a toujours été aussi important pour moi que le combat écologiste », explique-t-elle.

Son combat écologiste

Son engagement écologiste date d’une vingtaine d’années avec son combat antinucléaire, ou des rassemblements contre les barrages sur la Loire, et un séjour sur le plateau du Larzac. « J’étais très sympathisante avec les idées des Verts, mais je ne me suis engagé qu’en 2003, à la sortie de la période du “ni, ni” et je n’ai plus jamais quitté le parti », avance-t-elle.

Jusqu’à ce qu’EELV la suspende, à la suite de son rapprochement avec le Printemps marseillais, quand Sébastien Barles faisait le choix d’aller seul aux municipales pour le parti écologiste. « Je n’ai pas suivi le même chemin qu’eux, même si je partage toujours leurs valeurs. Je me sens incomprise au sein de cette famille, mais pas abandonnée. J’espère qu’il ne s’agit que d’une crise comme il en existe dans toutes les familles », plaide-t-elle.

Une tête de liste surprise

Pour son ami Sébastien Barles, le Printemps marseillais « se sert d’elle pour verdir [son] image, comme les entreprises se servent de l’écologie pour faire du green-washing », tout en lui reconnaissant un « vrai engagement écologiste ». « Elle m’a longtemps dit qu’elle n’avait pas l’intention d’y aller. Elle déteste la vie politicienne et s’est souvent reposée sur d’autres personnes. Pas par forme de naïveté, mais par rejet du jeu politicien ce qui est plutôt à son honneur. C’est une victime collatérale », croit savoir la tête de liste écolo. Michèle Rubirola, ex-conseillère fédérale d’EELV, explique avoir pris « [s]es responsabilités en pensant à Marseille » tout en concédant s’être détachée de son parti « avec grande émotion ».

Il y a quelques semaines, personnes n’aurait parié sur Michèle Rubirola comme tête de liste du Printemps marseillais, alors que Benoit Payan (PS) était pressenti pour occuper ce poste. Mais les crispations autour de sa personne l’ont poussé à renoncer au profit de celle-ci. Au point d’emporter l’adhésion de Jean-Luc Mélenchon. « C’est la seule écologiste à porter la légitimité du suffrage universel depuis qu’elle a été élue conseillère départementale face à 12 listes, un record pour cette élection », estime Benoit Payan, qui est aussi son binôme au conseil départemental, dirigé par Martine Vassal, candidate à la mairie pour LR.

Un nouveau combat collectif

« Bien avant d’affronter Martine Vassal au sein de l’hémicycle, je l’ai affronté dans les urnes. Je sais ce qu’elle porte comme volonté pour Marseille et nos points de vue sont différents. Je n’ai pas peur du combat, je suis une ancienne sportive », clame-t-elle. Elle a notamment fait partie de la première équipe féminine de l’OM à une époque où « Courbis était jeune et beau », avant de revenir à son premier amour : le basket.

Pour « sortir Marseille du gaudinisme », elle appelle à la responsabilité « ceux qui divisent », et espère que sa nomination comme tête de liste du Printemps marseillais « impulsera un rassemblement ». Elle qui a toujours joué collectif sait qu’elle pourra « compter sur les compétences de [s]on équipe » pour remporter la deuxième ville de France.