Les accusations directes de Gailhaguet ? « Du brouillard pour échapper au fond de l’affaire », pour Marie-George Buffet

VIOLENCES SEXUELLES L’ancienne ministre des Sports est accusée par le président de la FFSG « d’avoir laissé commettre ces exactions »

N.C., J.L. (avec AFP)

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Marie-Georges Buffet, ministre des Sports de 1997 à 2002, a été directement visées par Didier Gailhaguet dans l'affaire des violences sexuelles dans le patinage.
Marie-Georges Buffet, ministre des Sports de 1997 à 2002, a été directement visées par Didier Gailhaguet dans l'affaire des violences sexuelles dans le patinage. — PATRICK KOVARIK / AFP

La meilleure défense, c’est l’attaque. Mis en cause lundi par Roxana Maracineanu, qui a demandé sa démission du poste de président de la Fédération française des sports de glace, Didier Gailhaguet n’a pas hésité à charger en retour le ministère des Sports. Plus précisément, il accuse la ministre de l’époque, Marie-Georges Buffet, « d’avoir laissé commettre ces exactions », en parlant des viols.

Au début des années 2000, sur la base d’un signalement de parents, Gilles Beyer avait fait l’objet d’une enquête judiciaire qui n’a pas abouti, puis d’une enquête administrative, qui a conduit le ministère des Sports à mettre fin à ses fonctions de cadre d’Etat, un poste d’agent public rattaché à la Fédération, le 31 mars 2001.

« J’ai transmis l’affaire au parquet »

« Elle lui a retiré (son statut), et elle nous l’a renvoyé (…) Il n’est pas resté à la Fédération, il est reparti dans son club d’origine dans lequel le ministère lui a redonné une carte professionnelle », a voulu corriger Gailhaguet, sans davantage de précisions.

Marie-Georges Buffet a répondu à ces attaques dans la soirée, lundi. Les « enquêtes et les divers témoignages concordent tous sur le fait que j’ai suspendu l’entraîneur Gilles Beyer, diligenté une enquête administrative demandant expressément l’éloignement de cet entraîneur et transmis l’affaire au parquet », a-t-elle écrit sur sa page Facebook, raillant « du brouillard pour échapper au fond de l’affaire ».

Malgré cette mise à l’écart, Gilles Beyer a poursuivi sa carrière au club parisien des Français volants, présidé par son frère Alain, jusqu’à son éviction vendredi. Il a aussi effectué plusieurs mandats au bureau exécutif de la FFSG jusqu’en 2018.

Contactée par 20 Minutes, elle a réitéré ces propos et estime que Didier Gailhaguet, qui doit tenir une conférence de presse mercredi, ne partira jamais de lui-même. « Il ne démissionnera jamais, il tient toute la Fédération, tout le système, dit-elle. Il faut que Roxana Maracineanu aille jusqu’au bout de la démarche, que l’agrément soit retiré à la FFSG. » L’ancienne ministre (1997 à 2002) rappelle qu’elle-même l'avait fait pour la Fédération d'haltérophilie, en 1998, en raison « d’une situation financière déficitaire et du refus de s’engager clairement dans la lutte contre le dopage ».