Violences sexuelles dans le patinage : Roxana Maracineanu a demandé à Didier Gailhaguet de démissionner

PATINAGE Le président de la Fédération était convoqué au ministère ce lundi

N.C. avec AFP

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Didier Gailhaguet, le président de la Fédération françaises des sports de glace.
Didier Gailhaguet, le président de la Fédération françaises des sports de glace. — FRANCK FIFE / AFP

Roxana Maracineanu a décidé de prendre le dossier des violences sexuelles dans le patinage, et dans le milieu du sport de manière générale, à bras-le-corps. La ministre des Sports a annoncé lundi qu’elle avait demandé au président de la Fédération des sports de glace (FFSG), Didier Gailhaguet, de démissionner de son poste.

L'inamovible patron de la FFSG depuis 1998, à l'exception de la période 2004-2007, était convoqué au ministère pour qu'il s'explique notamment sur le maintien en poste, dans les années 2000, de l'entraîneur Gilles Beyer, accusé de viol trente ans après les faits par la championne Sarah Abitbol, mais déjà soupçonné d'attitudes peu appropriées à l'époque.

« Didier Gailhaguet ne peut se dédouaner de sa responsabilité morale et personnelle »

« Un dysfonctionnement général existe au sein de la Fédération française des sports de glace (…). Au regard des révélations et des témoignages que j’ai pu recueillir, Didier Gailhaguet ne peut se dédouaner de sa responsabilité morale et personnelle, je lui ai donc demandé d’assumer toutes ses responsabilités et de démissionner du poste de président de la Fédération française des sports de glace », a expliqué Roxana Maracineanu ce lundi.

La ministre des Sports ne s’est pas arrêtée là. Elle a également annoncé qu’elle lançait la procédure de retrait de la délégation à la FFSG (la délégation est ce qui permet à une Fédération d’organiser des compétitions et d’inscrire ses athlètes à des compétitions internationales). « Ces dysfonctionnements sont le résultat de manquements quasi institutionnalisés au sein de cette Fédération. Le silence semble y être la règle », a lancé Roxana Maracineanu.

En attendant de connaître la décision de Didier Gailhaguet, une enquête de l’inspection générale doit désormais passer la FFSG au crible. « Je n’hésiterai pas, si les faits sont avérés, à retirer l’agrément », a fait savoir la ministre.