01:00
Stade Toulousain : Le Supersevens après le Brennus ? Toulouse veut devenir le premier champion de France de rugby à VII
SPORT SPECTACLE•Avec une équipe mêlant jeunes pros et espoirs du centre de formation, le Stade Toulousain participera au Supersevens samedi à la Paris-La Défense Arena. En jeu : le premier titre de champion de France à VIINicolas Stival
L'essentiel
- La Ligue nationale de rugby organise le premier Supersevens, championnat de France de rugby à VII, samedi dans la salle du Racing 92.
- Champion de France en titre à XV, le Stade Toulousain se veut ambitieux, malgré une équipe expérimentale composée de quelques habitués de l’équipe professionnelle et d’espoirs.
- Les joueurs habitués au XV n’ont que trois séances pour s’adapter à une discipline avec beaucoup moins de combat, mais bien plus de vitesse.
Les mains sur les genoux, des rugbymen souffrent ce mardi midi, sur le synthétique d’un terrain annexe du stade Ernest-Wallon. « On est dans le dur, récupérez ! », assène Michel Marfaing. Le directeur sportif du centre de formation du Stade Toulousain s’est mué en « team manager » de la toute nouvelle équipe de rugby à VII rouge et noire, qui tentera samedi à Nanterre d’entrer dans l’histoire, en gagnant le Supersevens, premier championnat de France de la discipline.
L’ancien international à XV comme à VII (49 ans) conduira une délégation d’une vingtaine de personnes dans l’antre du Racing 92, dont 15 joueurs. Parmi eux : beaucoup d’espoirs mais aussi trois pros (Pierre Fouyssac, Arthur Bonneval, Tristan Tedder) et deux éléments du centre de formation habitués au Top 14 (Lucas Tauzin et Matthis Lebel). Pas de pilier ni de deuxième ligne dans le lot, forcément, vu les contraintes du sport.
« Le club est venu nous voir, précise l’arrière-ailier Lebel, double champion du monde des moins de 20 ans (à XV). Cela permet de jouer à un bon niveau et d’avoir du temps de jeu. » L’entraînement de ce mardi (le plus dur des trois programmés dans la semaine) est intense, les phases de jeu se succèdent.
Un centre qui saute en touche et pousse en mêlée
« C’est dur pour eux, mais les repères vont vite se mettre en place, assure Marfaing. Ils passent du XV au VII, un sport complètement différent, qui va presque à l’’opposé du XV dans certains domaines. A XV, on attaque la ligne en permanence. A VII, il faut être capable de l’attaquer à des moments et de refuser de l’attaquer pour la contourner par la suite. »
Dans la discipline, olympique depuis 2016, les joueurs dépassent leur fonction, comme lorsque le centre Fouyssac saute en touche tel un deuxième ligne sur un lancer du jeune demi de mêlée Théo Idjellidaine. Ou quand le centre ou ailier Tauzin pousse façon pilier dans une mêlée à trois contre trois.
« Cela fait beaucoup de choses à voir en peu de temps, note ce dernier. A VII, il faut être athlétique et complet, avec une bonne technique de passe car les distances sont plus longues. » « Il faut aller vite, longtemps, ajoute Marfaing. C’est de l’endurance de vitesse. Un mental à toute épreuve est aussi nécessaire. Quand on est dans le rouge, et on l’est vite, il faut être capable de s’accrocher. »
« Le VII, c’est avant tout du plaisir »
On sent l’enthousiasme chez le technicien comme chez les joueurs, même parmi les pros qui transpirent pendant que leurs potes (enfin, ceux qui ne préparent pas le France – Angleterre de dimanche) goûtent à deux semaines de vacances. « Le VII, c’est avant tout du plaisir », sourit Lebel, dont l’équipe commencera la compétition à 11h50 précises contre Agen, en huitièmes de finale. « Mais il est clair que l’on ne va pas là-bas pour perdre », poursuit-il.
« On veut aller le plus loin possible et gagner un titre si possible », confirme Marfaing, grand amoureux du VII, qu’il fait pratiquer aux pensionnaires du centre de formation. « C’est quelque chose de capital pour l’apprentissage de jeunes joueurs, assure-t-il. Regardez Cheslin Kolbe. Il est passé par le VII, à une époque où on ne le voulait pas à XV à cause de son petit gabarit. C’est le VII qui lui a permis de sortir et de basculer sur le XV pour être aujourd’hui le meilleur du monde. »
Sur le synthétique du Wallon, la rapidité et les appuis du jeune ailier Nelson Epée (19 ans) font justement penser aux prouesses de l’électrique Sud-Africain, récent vainqueur du Mondial japonais. Le public francilien découvrira samedi ce produit du centre de formation stadiste, lors d’un événement sportivo-festif (un concert d’IAM est prévu) sur lequel la LNR compte beaucoup pour attirer un nouveau public. A raison, selon Marfaing.
« « Les mamans qui inscrivent leur gamin à l’école de rugby aujourd’hui ont un petit peu peur avec tout ce qui se passe. La pratique du VII, beaucoup plus aérée, avec moins de contacts même s’il y en a au haut niveau, permet de créer une porte supplémentaire pour entrer dans le rugby. » »
L’événement de samedi, qui réunira 16 équipes (celles du Top 14 plus une formation de Monaco et des Barbarians), va faire des petits. Dès le mois d’août, trois tournois qualificatifs seront organisés dans des stations balnéaires, avant une phase finale programmée le 7 novembre, toujours à la Paris-Défense Arena.


















