NBA : Foulée, envergure, taille des mains... Giannis Antetokounmpo est-il le prototype du joueur ultime ?

BASKET Physique hors norme, vitesse, adresse... L'ailier des Milwaukee Bucks a tout !

Thibaut Gagnepain

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Giannis Antetokounmpo au dunk. Une scène classique !
Giannis Antetokounmpo au dunk. Une scène classique ! — Morry Gash/AP/SIPA
  • Toutes les caméras seront braquées sur lui vendredi soir à Paris, pendant le match de NBA entre Milwaukee et Charlotte. Lui, c’est Giannis Antetokounmpo, un vrai phénomène.
  • Le Grec, né de parents nigérians, est d’abord un monstre physique, avec des mensurations exceptionnelles. Mais pas que. Techniquement aussi, le joueur des Bucks est au-dessus du lot.
  • Toutes ses qualités font-elles de lui le prototype parfait du basketteur ?

Avec lui, le basket paraît facile. Le public de l’AccorHotels Arena s’en rendra vite compte vendredi soir pendant Charlotte-Milwaukee : Giannis Antetokounmpo va plus vite, plus haut, plus fort que les autres. Un vrai phénomène au sommet de son art. A 25 ans, il a été élu meilleur joueur de la NBA l’an dernier (MVP) et vient tout juste de passer les 10.000 points en carrière.

Cette domination, l’ailier la doit d’abord à un physique exceptionnel. Il n'est pas surnommé le Greek Freak (« monstre grec ») par hasard. Très grand (2,11 m), le n°34 des Bucks possède une envergure de 2,22 m avec, au bout, des énormes mains. Soit 30 centimètres de longueur entre les extrémités de son pouce et de son petit doigt. De quoi presque faire passer un ballon de basket pour une balle de tennis…

« A plus de 2 mètres, les joueurs peuvent souvent être patauds, pas lui »

« Ce qui est encore plus impressionnant, c’est sa capacité à se déplacer aussi vite et aussi haut par rapport à sa taille », juge Fabrice Serrano, préparateur physique de l’équipe de Bourg-en-Bresse (Jeep Elite). « A plus de 2 mètres, les joueurs peuvent souvent être patauds, pas lui. »

Pas du tout. Giannis Antetokounmpo est le roi du coast-to-coast. Avec une foulée de 2,64 m, il peut traverser le terrain en deux dribbles, ou presque. « On pourrait par exemple le comparer à Dirk Nowitski, qui faisait une taille similaire mais qui bougeait beaucoup moins bien. Magic Johnson, lui, était très actif mais n’exploitait pas autant son envergure », poursuit celui qui gère aussi le centre de formation du club bressan. « Quant à Michael Jordan, il était un peu plus petit (1,98 m) mais compensait par d'autres qualités. »

Le Grec n'en manque pas non plus et se signale dans toutes les catégories statistiques. Deuxième meilleur marqueur (30 points/match) de la Ligue cette saison, sixième rebondeur (12,8), trentième passeur (5,6) et... en tête à l'évaluation (34,1) devant James Harden ou LeBron James. Deux joueurs qui ne défendent pas autant que lui...

En progression constante

Serait-il devenu le basketteur parfait ? « Non, car lui-même le dit, il peut encore progresser dans plusieurs secteurs », répond l’ancien joueur et entraîneur Chris Singleton, aujourd’hui consultant pour beIN Sports. « Mais ce qui est fort avec Antetokounmpo, c’est qu'il n'a cessé de s'améliorer depuis son arrivée en NBA en 2013. Au début de sa carrière, il utilisait sa verticalité pour être un formidable attaquant. Depuis, il a bossé et est meilleur au lancer-franc et dans son shoot à mi-distance. Il devra continuer s'il veut gagner quelque chose car c'est là aussi où on reconnaît un grand joueur. On compte ses bagues (de champion) ! »

Pour l'heure, ce fils d'immigrés nigérians, qui a passé son enfance dans les rues d'Athènes à vendre des contrefaçons, n'a jamais réussi à mener sa franchise jusqu'à la grande finale. Une tâche dans son incroyable parcours qui pourrait vite être effacée. A mi-saison, les Bucks sont largement en tête de la conférence Est, portés par Antetokounmpo.

« Il veut tout gagner, tout le temps »

« Sur le terrain, c'est quelqu'un de très agressif. Il est très fort mentalement et veut toujours gagner, tout le temps », confirme l'international français Axel Toupane, qui a brièvement côtoyé le phénomène en 2017 dans le Wisconsin. « Mais en dehors des parquets, c'est vraiment quelqu'un de très sympa ! ».

« Si lui et son équipe restent sur la même trajectoire, il va encore être élu MVP cette saison », assure Chris Singleton, avant de conclure :  « A terme, oui, c'est le joueur qui va détrôner LeBron comme dieu du basket. Pour l'instant, il n'est que sous-dieu ! »