Entre JO, Euro et Tour de France.. Les cinq sportifs que la France va (vraiment) découvrir en 2020

FOOTBALL Focus sur cinq noms que les spécialistes connaissent déjà mais qui vont, parions-le, s’inviter dans les discussions du commun des mortels ces douze prochains mois

N.C.

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David Gaudu, profession asphyxieur.
David Gaudu, profession asphyxieur. — Anne-Christine POUJOULAT / AFP

2019, c’est (bientôt) fini. Entre le retour de Roger à Roland-Garros, le Tour de France de maboule animé par Alaphilippe et Pinot et la Coupe du monde féminine de foot en France, elle aura été très correcte niveau émotions. Enfin, surtout pour une année impaire. Parce que la prochaine s’annonce grandiose. L’Euro de hand, avec des Experts qui n’ont plus gagné une grande compétition depuis 2017 (une éternité pour eux), la revanche de Pinot sur le Tour, les Bleus de DD à l’Euro pour un double doublé historique, les JO de Tokyo… On va se régaler. Et découvrir de nouvelles têtes, encore. Focus sur cinq noms que les spécialistes connaissent déjà mais qui vont, parions-le, s’inviter dans les discussions du commun des mortels ces douze prochains mois. L’avenir de la France mesdames messieurs, et pas de n’importe quelle France.

David Gaudu, cyclisme

Pour les gens peu familiers de tout ce qui est grand plateau, bordure et VO2 max, il est, au mieux, « le gars qui roulait comme un bourrin avant l’attaque de Pinot » lors du dernier Tour de France. Le coureur de la FDJ, 23 ans, a commencé à se faire un nom dans le peloton il y a trois ans en remportant le Tour de l’Avenir, mais il a pris une autre dimension en 2019. Cinquième du général du Tour de Romandie, dont il a gagné une étape, il a flambé sur le Tour, dans le rôle obscur de lieutenant, en asphyxiant les favoris dans les grands cols pour ouvrir la voie à son leader – et en en profitant pour terminer deuxième du classement du meilleur jeune, au passage.

David Gaudu, profession asphyxieur.
David Gaudu, profession asphyxieur. - Anne-Christine POUJOULAT / AFP

Son rôle sera encore primordial l’été prochain. Pinot, contraint d’abandonner alors qu’il avait le Tour dans les jambes, va revenir motivé comme jamais. Gaudu sera aux avant-postes dès la deuxième étape de ce Tour très montagneux, et pendant trois semaines. Et quand on ira tous sur les Champs célébrer le premier Français à gagner la Grande Boucle depuis 35 piges, le 19 juillet, Gaudu sera là, juste à la droite du Roi. Avant de voir plus haut. « C’est déjà un champion, ce sera un grand champion », dit de lui Pinot.

Mélanie De Jesus Dos Santos, gymnastique

Le milieu de la gymnastique artistique féminine est du genre concurrentiel. Une certaine Simone Biles a décidé qu’elle gagnerait absolument tout ce qu’il y a à gagner sur trois générations. Mais à 22 ans, l’Américaine commence à se faire vieille pour la discipline. C’est là qu’intervient Mélanie De Jesus Dos Santos, alias DJDS. La Française de 19 ans, triple championne d’Europe (deux fois au sol et une fois au concours général), doit maintenant se hisser au niveau planétaire.

Une belle photo de sport.
Une belle photo de sport. - Matthias Schrader/AP/SIPA

Ce n’est pas joué à grand-chose lors des derniers championnats du monde, en octobre, à Stuttgart. Alors va pour les Jeux de Tokyo. Accrocher un podium serait un exploit, certes, mais sûr que ça va batailler sévère en tout cas. La France retiendra cette tête sympa et ce surnom qui claque. Comme ça en 2024 à Paris tout le monde sera prévenu.

Mathilde Gros, cyclisme sur piste

Des années qu’on la présente comme un prodige, pour en arriver, si le plan se déroule sans accroc, au moment où elle va exploser à la face du monde, en août, à Tokyo. La Nordiste, 20 ans, prépare ce rendez-vous depuis six ans déjà. Elle est multiple championne de France et double championne d’Europe de Keirin, cette discipline de la piste où les coureurs partent derrière une moto avant de s’écharper quand cette dernière s’écarte. Elle a aussi remporté une médaille de bronze en vitesse individuelle lors des Mondiaux l’an dernier.

Bref, objectif titre – ou podium à tout le moins – lors des JO. Et pas qu’un, si possible. C’est l’avantage de la piste, il y a tellement d’épreuves qu’avec un peu de chance vous pouvez squatter les plateaux télé pendant quatre ou cinq jours d’affilée. Laurent Luyat a déjà écrit son lancement pour le portrait de « la surdouée de Sainte-Catherine ». Y’a plus qu’à.

Eduardo Camavinga, football

Le dernier futur crack à être sorti des centres de formation français. Le milieu de terrain du Stade Rennais, 17 ans à peine, bat tous les records de précocité. Passé pro à 16 ans, il est le premier joueur né en 2002 à avoir disputé un match dans l’un des cinq grands championnats européens et est devenu le week-end dernier le plus jeune buteur de l’histoire du club breton en lui donnant la victoire à Lyon. Titulaire depuis le début de saison et une performance ahurissante face au PSG, il bluffe tous les observateurs par sa maturité et son intelligence de jeu.

Naturalisé Français il y a quelques semaines, il va s’installer dans le paysage en 2020 comme Mbappé l’avait fait en 2017. « Ça va très vite pour lui. Il fait déjà de très belles choses avec son club, son avenir semble radieux, dit Deschamps à son propos. Il est censé arriver à un moment ou à un autre avec nous, mais il y a d’autres sélections avant. » Ce sera sûrement un peu court pour participer à l’Euro avec les grands – quoique, si les blessures s’en mêlent… –, mais il sera au pire l’un des tauliers de l’équipe de France qui va disputer les JO. Quand il partira pour le prix d’un Pogba au Real Madrid, qui dépêche des scouts jusqu’au stade de la Licorne en Coupe de la Ligue pour l’observer, il ne faudra pas faire les surpris.

Diane Parry, tennis

Peut-être le pari le plus osé de la liste – sans mauvais jeu de mots. Parce qu’elle n’a que 17 ans, et qu’elle sera sûrement encore un peu tendre cette année. Il faudra sans doute attendre au-delà des douze prochains mois pour la voir vraiment percer, mais en même temps, il suffirait de pas grand-chose pour se faire une place au sein du tennis féminin français, sinistré en simples. Victorieuse du Masters chez les juniors fin octobre, assurée de terminer numéro 1 mondiale de sa catégorie, elle avait fait une courte apparition dans le paysage à Roland-Garros en devenant la plus jeune joueuse à passer le premier tour depuis dix ans.

Parry est l’étendard de la nouvelle politique mise en place par la Direction technique nationale depuis bientôt deux ans pour rebâtir une génération – dont on avait parlé ici. Le capitaine de l’équipe de France de Fed Cup veille sur elle, en tout cas. « Je suis convaincu qu’elle peut être une très grande joueuse, disait Julien Benneteau avant la finale (remportée par les Bleues) en novembre. Dans un futur très proche, elle va devenir une option supplémentaire et créer une émulation dans l’équipe. » Son revers à une main – « un mélange de Hénin et Mauresmo », se marre-t-elle –, vraie rareté dans le tennis féminin, vaut à lui seul qu’on suive la Parisienne de très près.