Dopage : « L'athlétisme est en train de disparaître en Russie... », Maria Lasitskene, star du saut en hauteur est colère

ATHLETISME La star du saut en hauteur russe Maria Lasitskene n'a pas hésité à pointer du doigt les responsabilités russes sur la question du dopage

A.L.G. avec AFP

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Maria Lasitskene, sous bannière neutre, lors des championnats du monde d'athé à Londres en 2017.
Maria Lasitskene, sous bannière neutre, lors des championnats du monde d'athé à Londres en 2017. — Antonin THUILLIER / AFP

La triple championne du monde de saut en hauteur Maria Lasitskene a fustigé ce mardi le rôle des autorités sportives russes face au dopage, qui a conduit à l'exclusion de la Russie des compétitions internationales. La jeune femme, une des voix les plus critiques des autorités parmi les athlètes russes, a accusé dans une lettre ouverte les responsables sportifs de son pays d'avoir échoué face au vaste scandale en cours depuis 2015, les coupables n'ayant pas été punis.

« Pourquoi pratiquement rien n'a changé ? Pourquoi nos athlètes continuent d'utiliser systématiquement des substances interdites, les entraîneurs liés au dopage continuent-ils de travailler dans l'impunité et nos responsables continuent-ils de falsifier des documents officiels ? », a-t-elle écrit, réclamant des « réponses ». Selon la championne, « l'athlétisme en tant que sport est en train de disparaître » en Russie.

Pas de Russie aux JO avant 2024

« Je suis une athlète russe et je devrais avoir le droit de participer librement aux compétitions sous les couleurs russes », ajoute-t-elle, dans une tribune publiée dans le journal en ligne Moscow Times. Elle relève ainsi qu'elle est « privée de drapeau russe depuis 2015 », et qu'avec les sanctions prononcées lundi par l'Agence mondiale antidopage (AMA), elle ne le retrouvera qu'en 2024. L'essentiel de sa carrière donc.

La Russie a été exclue lundi pour quatre ans des compétitions internationales, dont les Jeux olympiques de Tokyo en 2020 et le Mondial de foot 2022, pour avoir falsifié une base de données de contrôles antidopages. Il s'agit là du dernier volet en date d'un scandale qui a éclaté il y a cinq avec la découverte d'un système de dopage d'Etat.

A moins d'une victoire de Moscou en cas d'appel, seuls des sportifs russes triés sur le volet pourront participer à ces grandes compétitions, mais sous drapeau neutre et sans que l'hymne national ne retentisse. Moscou a dénoncé des sanctions « politiquement motivées » et une « hystérie » antirusse.