Nice : Infirmière et karatéka, May-Ly Picard se bat pour gagner sa place aux JO de Tokyo 2020

KARATÉ Blessée il y a trois ans, la licenciée de l’ASBTP Nice doit enchaîner les performances internationales pour obtenir son ticket olympique

Jonathan Hauvel

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May-Ly Picard travaille la technique avec son coach Anthony Perez, le lundi 9 décembre 2019, à Nice
May-Ly Picard travaille la technique avec son coach Anthony Perez, le lundi 9 décembre 2019, à Nice — J. Hauvel / ANP / 20 Minutes
  • Le karaté sera discipline olympique pour la première aux JO de Tokyo 2020, avant de disparaître en 2024.
  • Classée 192e mondiale après sa blessure, May-Ly Picard est remontée à la 50e place dans la catégorie moins de 50 kg.
  • Il lui reste cinq compétitions de K1 Premier League à disputer pour être la meilleure Française et participer au tournoi de qualification olympique, étape indispensable avant le Japon.

Un entraînement « cardio » à la salle dès 6 h le matin, du travail technique et tactique le soir, et entre les deux, une journée de travail comme infirmière au sein du service des consultations cardiaques de l'hôpital Pasteur, à Nice.

La karatéka May-Ly Picard, 23 ans le 17 décembre, se bat quotidiennement pour atteindre son objectif : la qualification pour les JO de Tokyo 2020 dans la catégorie moins de 50/55 kg. « C’est un peu stressant, reconnaît la licenciée de l'ASBTP Nice. Après, je ne me pose pas trop de questions. C’est un vrai challenge ! »

La pression sur les épaules de May-Ly Picard est d’autant plus forte que le karaté fait son entrée pour la première fois aux JO de Tokyo… avant de disparaître en 2024. « Je veux que ce soit la première fille du club à être médaillée olympique, annonce son coach Anthony Perez. On visait plutôt les Jeux de Paris, mais là, tout s’est accéléré. Ça devient un one shot. »

Rupture des ligaments croisés et un an hors des tapis

Pour obtenir son ticket olympique, celle qui a commencé le karaté à 4 ans à Grimaud, dans le Var, espérait d’abord figurer parmi les deux premières au classement mondial dans la catégorie moins de 50 kg. Mais en décembre 2016, son corps en a décidé autrement. Lors d’un combat, son genou tourne. Bilan : rupture des ligaments croisés, un an hors des tapis et une chute de la 51e à la 192e place mondiale.

« Souvent, on dit que ça rend plus fort. Je ne sais pas trop si c’est vrai mais ce qui est sûr, c’est que ça apprend à plus s’écouter, analyse May-Ly Picard, revenue depuis à la 50e place mondiale. On en profite d’autant plus quand on refait du karaté. Face au stress, on relativise et on prend beaucoup plus de plaisir. »

Être la meilleure Française

La qualification par points étant devenue impossible, May-Ly Picard vise désormais le tournoi de qualification olympique (TQO) qui se déroulera du 8 au 10 mai 2020 à l’AccorHotels Arena à Paris. Pour y représenter la France, la compétitrice devra enchaîner les performances internationales en K1 Premier League. « May-Ly doit avoir de meilleurs résultats que les autres Françaises à l’Open de Paris, à Dubaï, à Salzbourg, à Rabat et à Madrid. L’idéal serait même qu’elle soit médaillée », anticipe Anthony Perez.

Pour assister à l’ensemble de ces compétitions, May-Ly Picard et son entraîneur mènent un autre combat. Financier celui-là. « Rien que pour les frais de déplacement et l’hôtel, cela coûte environ 5.000 euros », précisent-ils. Le prix de leur rêve olympique.