JO 2020: Escalade, surf, karaté… Sympas les nouvelles épreuves, mais ça va nous faire des médailles ?

JEUX OLYMPIQUES Baseball, escalade, surf, karaté et skateboard, petite présentation des nouveaux arrivés à la table olympique et des chances françaises de s'y distinguer…

B.V.

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Le Français Jérémy Florès au Brésil en 2015
Le Français Jérémy Florès au Brésil en 2015 — Leo Correa/AP/SIPA

De l’un de nos envoyés spéciaux à Rio,

A ce rythme-là, dans 12 ans, on va se retrouver avec une médaille d’or en Mölkky et une autre en effeuillage burlesque. Bon, on en rajoute un peu, mais voilà que le CIO vient de décider de nous ajouter cinq sports au programme olympique : le baseball (et son pendant féminin le softball), l’escalade, le surf, le karaté et le skateboard. Pourquoi pas, après tout, on a bien déjà le BMX et le tir à la carabine trois positions. Bref, plutôt que de faire nos mauvaises langues gratuitement, voici une petite présentation de ce qui nous attendra dans quatre ans, à Tokyo.

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L’escalade va se révolutionner

Ce qu’en pense le président de la Fédération française, Pierre You :

« Nous étions le seul sport dont le mouvement est naturel à tous les hommes à ne pas être aux JO : tout le monde sait grimper. Notre notoriété va changer, l’enjeu olympique va nous permettre d’avoir une autre vision, d’emmener plus de licenciés (entre 3 000 et 6 000) et de permettre la construction de nouvelles infrastructures. »

Comment ça va marcher ?

Habituellement, l’escalade se divise en trois disciplines bien distinctes : la vitesse, le bloc, la difficulté. Aux JO, c’est un combiné des trois (à la moyenne des résultats) qui donnera l’unique podium chez les hommes et les filles. Il n’y aura donc que deux médailles d’or distribuées entre les quarante athlètes présents. « Ce système va totalement révolutionner la filière de haut niveau de l’escalade, nous explique Pierre You. Aujourd’hui, il y a très peu d’athlètes performants sur les trois disciplines. Il va falloir réinventer totalement la manière de s’entraîner et de former les jeunes. »

Est-ce que la France aura une chance de médaille ?

Compte tenu de ce qu’on vient de vous présenter, c’est plutôt dur à dire. Mais « oui, il y en aura », assure le président de la Fédération. On parle notamment de Charlotte Durif, l’une des meilleures mondiales en difficulté mais aussi l’une des rares capables, aussi, « de bien figurer dans les autres disciplines ». Chez les hommes, c’est un Canadien qui semble le plus apte à gérer l’enchaînement.

Le surf français va devoir intégrer Tahiti

Ce qu’en pense le directeur technique national, Michel Plateau :

« C’est évidemment une nouvelle extraordinaire, rentrer dans le monde de l’olympisme ouvre énormément de nouvelles perspectives. »

Comment ça va marcher ?

Une épreuve masculine, une féminine, vingt compétiteurs dans chaque. Celui et celle qui prend le mieux les tonneaux terminent en or. Simple comme bonjour. En revanche, la question de la représentation olympique n’est pas encore définie et pourrait tout changer, explique Michel Plateau : « Si l’on décide de respecter l’universalité et de n’envoyer qu’un seul membre par pays, ça peut ouvrir un peu la compétition et éviter qu’il n’y ait quinze Brésiliens ou Américains. »

Est-ce que la France aura une chance de médaille ?

Vous l’aurez compris, les patrons du surf sont plutôt brésiliens, américains ou australiens. Mais chez les hommes comme les femmes, des Français tournent autour de la cinquième place mondiale et peuvent rêver d’un podium à Tokyo. C’est d’ailleurs plus le cas de Johanne Defay, récente gagnante de l’épreuve aux Fidji, que de Jérémy Florès, descendu à la 31e place mondiale. De plus, il va falloir gérer la question de Tahiti : sur le circuit, les îliens concourent sous leurs propres couleurs. Mais aux yeux du CIO, ils sont Français, et le meilleur surfeur tahitien, Michel Bourez (8e mondial), « est sensiblement du même niveau que Jérémy Florès », précise Michel Plateau. Bref, une chance de médaille en plus, certes, mais aussi une situation à régler.

En embuscade
En embuscade - Capture d'écran

Au karaté, la France vise l’or

Ce qu’en pense le président de la Fédération, Francis Didier :

« Ça va changer le regard sur le karaté. Apporter une stabilité, une reconnaissance et bien sûr un plus dans le sponsoring. »

Comment ça va marcher ?

Ce sont en tout huit médailles d’or qui seront distribuées en karaté. Six dans des combats (par catégories de poids, homme et femmes) et deux dans une épreuve technique de gestuelle synchronisée, le kata (hommes et femmes).

Est-ce que la France aura une chance de médaille ?

Oui, oui, oui et oui. Déjà, elle est quasi certaine d’emmener une belle délégation avec l’épreuve de kata par équipes de quatre. Mais surtout, elle peut rêver de médaille. « Une en or » serait très bien, avance déjà le président de la Fédération, qui estime qu’actuellement la France se place dans les premières nations mondiales.

Le baseball/softball, ce serait déjà bien d’y être pour les Bleus

La réaction du président de la Fédération, Didier Seminet :

« Rentrer dans le giron olympique est une fierté, une joie mais pas une surprise, quand on sait l’importance du baseball au Japon. Comment le CIO aurait pu dire non au baseball là-bas ? »

Comment ça va marcher ?

Comme n’importe quel sport collectif : ses poules, des matchs à élimination directe et trois nations médaillées par sexe.

Est-ce que la France aura une chance de médaille ?

On a compté : vous êtes huit en France à connaître les règles du baseball. Nan sans rire, si on vous dit : « pitcher, strike out, innings, RBI ou Tommy John Surgery », ça vous évoque quelque chose ? Bref, faudra pas s’étonner de ne pas faire de médaille à Tokyo. Mais, MAIS, car il y a un mais, on ne part pas de si loin que ça. « On a une équipe qui peut envisager une qualification olympique, assure le président de la fédération. On travaille très dur pour avoir une sélection compétitive, on a déjà battu les champions du monde hollandais. »

Ah oui, car contrairement à ce que vous pouvez croire, les Américains ne sont pas les maîtres du monde au baseball. Comptez plutôt sur les Cubains ou les Japonais, fanatiques de ce sport. D’ailleurs, selon les estimations des organisateurs des Jeux de Tokyo, le retour de cette double discipline rapporterait 50 millions de dollars (44,7 millions d’euros) supplémentaires uniquement en ventes de billets.

Et au softball, l’équivalent féminin ? Ça marche mieux pour les Américains. Pour les Françaises, en revanche… « C’est plus compliqué chez les filles mais quand on est sportif, le mot olympique décuple la motivation et l’envie. » Ah ouais, ça sent pas bon à ce point-là ?

Le stakeboard va devoir s’organiser

La réaction du président de la Fédération de roller, Nicolas Belloir(sur le site de la fédé) : « Au-delà d’être une pratique libre, sans contrainte, notre discipline sera aussi reconnue comme un sport. Cette reconnaissance sportive et médiatique donnera un nouvel élan à la Fédération française de roller sports pour poursuivre son travail quotidien de développement du skateboard pour le plus grand nombre, avec des clubs, des écoles labellisées, un circuit de championnat, mais également la préparation de collectifs potentiellement sélectionnables pour Tokyo 2020. »

Comment ça va marcher ?

Comme dans Tony Hawk. Enfin presque. En gros, il y aura une épreuve de « bowl » où il faut faire les meilleurs tricks dans une sorte de cuvette/piscine, et une autre de street où l’on se débrouille avec le mobilier urbain.

Est-ce qu’on a une chance de médaille ?

Après trente minutes de recherches, on est tombé sur 253 fédérations différentes représentant à peu près autant de skaters. Et parfois, il y a des Français. Voilà, c’est tout ce qu’on est en mesure de vous dire. Autant dire qu’il va falloir faire quelques petits efforts de lisibilité et vous regrouper dans une grande fédé, les amis du 540-Japan air.