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Pourquoi le PSG n’a-t-il que 7 % de chance de remporter la C1 cette saison ?

PSG - Bratislava : Pourquoi le PSG n’a-t-il que 7 % de chance de remporter la Ligue des champions cette saison ?

1 % DE CHANCE, 99 % de FOIAlors que le PSG remet son titre en jeu dès ce mercredi soir en Ligue des champions, l’équipe de Luis Enrique fait figure d’outsider cette saison selon les calculs du superordinateur d’Opta
Le PSG prêt à bâtir une dynastie
Aymeric Le Gall

Aymeric Le Gall

L'essentiel

  • Double champion d’Europe en titre, le PSG remet sa couronne en jeu dès ce mercredi soir au Parc des Princes, à l’occasion de la réception du Slovan Bratislava pour la première journée de phase de ligue de C1.
  • Selon le superordinateur d’Opta, les Parisiens n’ont que 7,1 % de chances de remporter la Ligue des champions, se classant cinquième derrière Arsenal, le Bayern, Manchester City et le Barça, un résultat qui s’explique par son début de saison raté et par un « calendrier parmi les plus difficiles de la compétition ».
  • Mais l’ordinateur étant ce qu’il est, il omet forcément certaines variables importantes dans son calcul, comme la capacité d’une équipe à monter en régime tout au long de la saison. C’est là-dessus que compte Luis Enrique pour parvenir en mai prochain à réaliser l’un des plus grands exploits de l’histoire de ce sport.

Comme l’an passé, une bonne habitude dont on ne se lasse pas, le Paris Saint-Germain remet son titre de champion d’Europe en jeu avant de repartir, sabre au clair sur son pur-sang arabe, à la conquête d’une nouvelle couronne de lauriers. Et ça commence dès ce mercredi soir face à la modeste équipe du Slovan Bratislava entraînée par la légende Yaya Touré, dans un Parc des Princes qui ne manquera pas de fêter ses héros victorieux.

Sur le papier, malgré un début de saison passablement compliqué où la victoire se refuse à cette équipe, son dernier succès en Supercoupe d’Europe contre Aston Villa remontant au 12 août dernier, le PSG ne devrait faire qu’une bouchée de cette équipe slovaque pour son grand retour dans sa « compétition préférée », comme le disait João Neves avec un petit sourire après la défaite contre Monaco.

La troisième étoile dans toutes les têtes

Un premier succès pour lancer l’opération re-reconquête, voilà qui ne devrait pas faire de mal à une équipe que tous ses adversaires sans exception rêvent de voir clouée au poteau ou écartelée sur la grande roue de la Ligue des champions. Si les ambitions semblent intactes, « emporter la troisième Ligue des champions » comme le clamait Lucho après la victoire en Supercoupe cet été, et que les adversaires tremblent à l’idée de devoir se farcir cette équipe qui court partout et se trouve les yeux bandés, la quête d’une troisième étoile ressemble à s’y méprendre à une mission quasi impossible que seul le grand Real de Zidane a réussie en 2015, 2016 et 2017.

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Grand manitou des statistiques et des modèles prédictifs dans le football, Opta a d’ailleurs rendu son verdict : le PSG n’a que 7,1 % de chance de revoir Marquinhos brandir la coupe aux grandes oreilles le 5 juin prochain à Madrid. Loin derrière Arsenal (20,9 %), sa victime de Budapest, Paris se classe cinquième et voit aussi le Bayern (19,4 %), Manchester City (12,3 %) et le Barça (8,2 %) lui passer devant. Un chiffre qui peut étonner dans nos contrées, où beaucoup estime encore, à l’image de nos confrères de L’Equipe ce matin, que le PSG fait de nouveau figure de favori cette saison.

Un début de saison qui plombe le résultat

Dès lors, comment expliquer ce résultat sorti tout droit des connexions du superordinateur d’Opta, auquel on ne peut faire de procès d’intention de délit de sale gueule, cette machine étant par définition dénuée de toute émotion ? Pour y parvenir, le « super computer » d’Opta estime la probabilité de chaque résultat en utilisant les cotes des marchés de paris sportifs et ses propres « power rankings », qui reposent tous deux sur les performances historiques et récentes des équipes, avant de simuler l’intégralité de la compétition, match après match, de la phase de ligue jusqu’à la finale.

Le retard à l’allumage du double champion d’Europe explique donc en partie ce résultat. « Son début de saison récent a été mitigé, avec pour seule victoire remportée depuis le début de la saison la Supercoupe de l’UEFA, cela a entraîné une baisse du PSG dans les Power Rankings. Cette évolution a un impact direct sur sa probabilité de remporter la Ligue des champions dans les simulations », nous expliquent les équipes d’Opta.

A l’inverse de l’humain, et c’est peut-être sa plus grande lacune (ou sa plus grande force, allez savoir), l’ordinateur ne prend pas en compte des données essentielles mais difficilement quantifiables par une machine, à savoir qu’une équipe taillée pour être sur le toit de l’Europe en mai n’a pas forcément un besoin impérieux d’être au sommet de son art en tout début de saison. A ce titre, les trois premières années de Luis Enrique au PSG l’ont suffisamment prouvé. Paris se sert de ses six premiers mois pour monter en régime et arriver au mois de février, quand le niveau s’élève et que l’oxygène se fait plus rare, avec la bave aux lèvres et les yeux injectés de sang.

« Limiter les biais d’influence »

« La principale force du superordinateur est sa robustesse, nous dit-on chez Opta. Le modèle évalue les équipes à partir de performances mesurables – résultats, indicateurs sous-jacents tels que les xG, cotes des marchés – plutôt qu’à partir de l’histoire des clubs, des gros titres médiatiques ou d’autres facteurs difficiles à mesurer. Cela permet de limiter les biais qui influencent souvent les prévisions humaines. » On peut en penser ce que l’on veut, dire qu’omettre ces paramètres psychologiques et humains n’a que peu de sens, Opta ne tombe quand même jamais loin de ses prévisions du début de saison. L’an passé, s’il voyait Liverpool remporter la C1, il avait aussi mis le PSG et Arsenal sur le podium.

Autre facteur important que l’ordinateur prend en compte, c’est le tirage au sort de la phase de poule. Et là encore, comme les deux dernières saisons, Paris n’a clairement pas eu « la chatte à DD » en héritant à chaque fois, si ce n’est du tirage de la mort, tout du moins d’un programme européen haut en couleur. Barça, Bayern, Tottenham, Leverkusen et Newcastle l’an passé, Manchester City, le Barça, la Roma, Galatasaray et Aston Villa cette saison. Or, pour le supercalculateur d’Opta, « le facteur le plus important est le tirage au sort de la phase de ligue ».

« Le PSG a hérité d’un calendrier parmi les plus difficiles de la compétition, ce qui réduit ses chances de terminer dans le top 8. Ne pas y parvenir signifie devoir disputer un tour de barrage supplémentaire en deux manches avant les huitièmes de finale : c’est donc une confrontation à élimination directe supplémentaire à franchir, et une source supplémentaire d’incertitude, que les équipes les mieux classées ont davantage de chances d’éviter complètement », développe nos statisticiens en chef. Un argument que balaierait d’un revers de punchline Luis Enrique, que les passages par la case barrages ces deux dernières saisons n’ont pas empêché d’être sacré vainqueur à l’arrivée.

Paris contre le reste du monde (et contre le superordi)

Opta a conscience des limites d’analyse de sa machine et admet volontiers que « le modèle ne dispose pas de certaines informations contextuelles qui peuvent pourtant réellement aider une équipe ». Ils aimeraient d’ailleurs développer à l’avenir d’autres aspects cruciaux « comme la fatigue de l’effectif et la capacité de certains joueurs à élever leur niveau de jeu dans les moments cruciaux, lorsque cela compte le plus » (coucou Kvara !), afin de se rapprocher le plus possible d’une espèce de vérité mathématique.

Car, comme le disait le coach parisien après le revers contre Monaco vendredi, « il y a des fois où le football est inexplicable », et c’est aussi (et surtout) pour ça qu’on l’aime. Ces 7,1 % de chance ne sont donc qu’une estimation technologique que les joueurs parisiens vont devoir faire mentir pour devenir pour de bon une équipe générationnelle, du genre de celle dont on parle encore les yeux pleins d’étoiles vingt, trente ou cinquante ans plus tard.