XV de France : « Si on m’appelle, je répondrai présent » assure Maxime Médard, qui voit toujours la vie en Bleu

INTERVIEW Alors que d’autres joueurs de la génération 1986 comme Guilhem Guirado ou Louis Picamoles ont annoncé leur retraite internationale, l’arrière du Stade Toulousain Maxime Médard se verrait bien étaler sa carrière en Bleu, après sa belle Coupe du monde

Propos recueillis par Nicolas Stival

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Maxime Médard lors d'un entraînement à Fukuoka, pendant la Coupe du monde au Japon, le 1er octobre 2019, veille de France - Etats-Unis.
Maxime Médard lors d'un entraînement à Fukuoka, pendant la Coupe du monde au Japon, le 1er octobre 2019, veille de France - Etats-Unis. — Christophe Ena / AP / Sipa
  • Quinze jours après l’élimination du Mondial par le pays de Galles, Maxime Médard a retrouvé lundi le Stade Toulousain.
  • Pour l’arrière du XV de France, les Bleus pouvaient « peut-être aller au bout » au Japon.
  • A bientôt 33 ans, il se tient à la disponibilité du nouveau sélectionneur Fabien Galthié.
  • A plus court terme, Médard veut aider le champion de France, actuel onzième du Top 14, à retrouver un classement plus digne de son rang.

« Cela fait du bien de revenir, même si c’est sous la pluie. » Maxime Médard parle avec un grand sourire ce lundi en fin d’après-midi à Ernest-Wallon, au terme de son premier entraînement en club de la saison. Après « quelques jours de vacances en famille », pour « s'oxygéner », l’arrière titulaire du XV de France au Japon, auteur d’une bonne Coupe du monde, a retrouvé le Stade Toulousain.

Comme Huget, Guitoune, Ntamack et Baille (Dupont est ménagé), ses compagnons d’infortune en quart de finale face au pays de Galles, le 20 octobre (20-19), Médard a rejoint un champion de France en titre seulement onzième du Top 14 après huit journées.

Avant le choc contre Clermont, samedi au Stadium, et les retrouvailles avec quelques Bleus d’Auvergne, le trois-quarts polyvalent, qui fêtera ses 33 ans le 16 novembre, s’est confié. Il n'exclut pas de rajouter quelques sélections aux 63 (pour 14 essais) déjà collectionnées depuis 2008.

Avec le recul, que retenez-vous de cette Coupe du monde ?

On avait une équipe très intéressante, qui pouvait peut-être aller au bout. On a tout donné mais certaines choses ne se sont pas forcément bien passées. Ceci dit, je suis très content pour « Ches ».

Cheslin Kolbe ?

Oui, parce qu’il a quitté son pays pour venir jouer ici. Ce n’était pas forcément bien pour un Sud-Africain d’agir ainsi dans l’optique d’être sélectionné. Pourtant, il a pris le risque de partir jeune avec sa femme et sa fille. Il est toujours exemplaire. C’est un réel plaisir de le voir marquer, sourire, soulever cette coupe.

Il a explosé à Toulouse alors qu’il était arrivé en 2017 dans un relatif anonymat, puisqu’il était « seulement » international à 7…

Il était connu des gens qui connaissent le rugby. Les autres ont découvert un joueur pétillant, souriant, discret, avec la joie de vivre. Je suis vraiment très content pour lui parce qu’il mérite ce qui lui arrive.

Revenons aux Bleus. Y a-t-il toujours une frustration en repensant à cette aventure ?

Oui forcément. Mais il faut avancer. J’ai envie de passer à autre chose, de reprendre du plaisir avec mon club.

Avec le décalage horaire, avez-vous pu voir des matchs du Stade Toulousain durant la Coupe du monde ?

Non. J’ai vu les scores, j’ai essayé de regarder des bouts de retransmission. Mais les matchs de Top 14 se jouaient à des heures vraiment tardives au Japon (il est 19h [heure d’été] ou 20h [heure d’hiver] à Tokyo lorsqu’il est midi à Paris).

Vous aviez quand même des échos de ce qui se passait à Toulouse…

Forcément. On disait beaucoup que les joueurs qui étaient partis (à la Coupe du monde) manquaient. Mais pour moi, c’est une fausse excuse. Ceux qui étaient là ont tout donné. Et on a pu voir des jeunes issus de la formation toulousaine. C’est top car c’est la richesse du club.

Conserver le titre fait forcément partie de vos motivations...

La saison passée, nous avions des objectifs bien sûr. Mais l’envie de titre s’est dessinée au fur et à mesure, avec des victoires à l’extérieur, des succès dans la difficulté lors de matchs que nous perdions les années précédentes. On va déjà essayer de remonter un peu au classement et on verra ce que ça donne ensuite. Forcément, comme nous sommes champions, tout le monde nous attend.

Et la Coupe d’Europe ?

Ça, c’est la semaine prochaine, on verra bien. Il y aura des matchs difficiles contre Gloucester, le Connacht et Montpellier. La saison dernière, on s’était lancés dans cette compétition sans savoir où on allait, et ça nous avait souri (jusqu'à la défaite en demi-finale chez les Irlandais du Leinster, 30-12). Nous sommes un peu dans la même position.

Toulouse va retrouver Clermont samedi au Stadium, dans un remake de la dernière finale du championnat, le 15 juin au Stade de France.
Toulouse va retrouver Clermont samedi au Stadium, dans un remake de la dernière finale du championnat, le 15 juin au Stade de France. - François Mori / AP / Sipa

Quels sont vos objectifs personnels ?

Prendre du plaisir. Même à mon âge, j’ai encore faim et plein d’objectifs. C’est chouette.

Postulez-vous pour le prochain Tournoi des VI Nations ?

Je n’ai pas encore pris ma décision. Beaucoup de gens me voient arrêter. Mon corps me le dira, mon envie aussi. Mais ce maillot de l’équipe de France m’a tellement donné. Si on m’appelle, je répondrai présent.

Comment voyez-vous le nouveau XV de France qui se dessine ?

Il faut surtout régler cette irrégularité que nous avions auparavant. Une nouvelle génération arrive, avec comme objectif final la Coupe du monde 2023 en France. Je pense qu’il y aura beaucoup de moyens pour pouvoir réussir.