VIDEO. Stade Toulousain: Des champions puissance 20 et (vraiment) nouvelle génération

RUGBY Après sept ans de disette, les Toulousains ont fait une énorme fête au Brennus et à leurs champions qui incarnent le renouveau y compris dans la célébration

Helene Menal

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L'arrivée des joueurs et du Brennus sur la place du Capitole. Lancer le diaporama
L'arrivée des joueurs et du Brennus sur la place du Capitole. — H. Menal - 20 Minutes
  • Le Stade Toulousain a arraché samedi contre Clermont son vingtième titre de champion de France.
  • Les spécialistes saluent le renouveau des Rouget et Noir mais il ne se cantonne pas à la performance sportive.
  • Dans le très chic club de la Ville rose, les joueurs prennent aussi des libertés avec le protocole, parlent écologie et se promènent avec des rappeurs.

C’est la vingtième fois que le Brennus est brandi sur le Capitole, qu’une marée noire déferle sur la place sous un soleil brûlant. Mais après sept ans de disette, ce titre-là avait dimanche un parfum particulier. Laurent, 47 ans, une bière à la main, fête les boucliers du Stade Toulousain « depuis tout petit » et ne les compte plus vraiment. « Mes deux filles sont avec moi, comme en 2012, mais la petite dernière était trop petite pour s’en souvenir », explique-t-il, pas peu fier d’avoir entraîné dans son sillage une famille « plutôt foot ». « On s’est remis à faire monter des jeunes, le staff a changé, et ce renouvellement fait beaucoup de bien », se réjouit ce supporter occasionnel.

Sans reniement évidemment. Au pays du rugby cassoulet, les joueurs ont « remis les pendules à l’heure et fait honneur à la tradition en envoyant du jeu », relève un retraité avec un maillot qui semble avoir vu défiler plusieurs générations.

Ecologie, rap et rupture avec l’étiquette

Mais c’est à peu près tout pour la tradition. Car il y a aussi dans cette équipe, un grain de folie rafraîchissant auquel les rugbymen toulousains n’avaient pas habitué leurs supporters. Et ça a même commencé avant la finale. Quand le jeune pilier Clément Castets a profité de la poignée de main du président Macron pour parler écologie. « J’ai décidé de le faire deux-trois jours avant, raconte-t-il. C’est un sujet qui préoccupe vraiment les jeunes et je pense qu’on peut aussi y contribuer à travers le sport ». Un discours étonnant dans le rugby, qui plus est à cinq minutes du coup d’envoi du match le plus important de la saison.

Pas très habituel non plus, quitte à désarçonner la vieille génération, de débarquer sur le Capitole avec deux rappeurs dans l’impériale. Du concert au Stade de France au Capitole, en passant par les vestiaires, Bigflo et Oli n’ont pas quitté leurs champions, image « du Toulouse qui réussit », selon l'aîné des frangins.

Très freestyle enfin, cette longue célébration au pied du Capitole pour pousser la chansonnette (d’une voix éraillée) avec les milliers de Toulousains rassemblés quand des invités et des officiels plus prestigieux poireautent dans la Salle de Illustres. Avec un coach, Ugo Mola, qui s’exécute quand ses joueurs lui intiment de boire son verre de jaune cul sec ; et un président, Dicier Lacroix, qui envoie des « bisous » puis annonce sous les vivats que l’équipe féminine vient de rejoindre l’élite. Pas de doute, un vent nouveau souffle sur le Stade Toulousain.