OGC Nice : Quel modèle économique pour le Gym après son rachat par Ineos ?

FOOTBALL Jim Ratcliffe, première fortune britannique avec le groupe Ineos, détient désormais 100 % des parts de l’OGC Nice

Mathilde Frénois

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Bob Ratcliffe lors du rachat de l'OGC Nice par Ineos.
Bob Ratcliffe lors du rachat de l'OGC Nice par Ineos. — M. Frénois / ANP / 20 Minutes
  • Le groupe Ineos emploie 19.000 personnes pour un chiffre d’affaires de 60 milliards d’euros.
  • « L’objectif est aussi de développer le club dans l’aspect commercial, pas uniquement dans l’aspect sportif », a exposé Bob Ratcliffe lors de la conférence de presse du nouvel actionnaire.
  • Le groupe va aussi développer ses liens avec le FC Lausanne, autre équipe appartenant à Ineos.

Quand un milliardaire rachète un club, les supporters se voient déjà les rois du pétrole. Mais le projet de l’investisseur peut parfois décevoir les rêves des aficionados. A Nice, Jim Ratcliffe, première fortune britannique avec le groupe Ineos​, détient désormais 100 % des parts du Gym. Déjà propriétaire d’une équipe cycliste et du FC Lausanne (D2 suisse), quelles ambitions le groupe porte-t-il pour l'OGC Nice ? Côté sportif, c’est affiché : « atteindre le top 4 de la Ligue 1 ». Et côté business ?

Car Ineos, ce n’est pas seulement une équipe cycliste sur le Tour de France. C’est surtout un fabriquant de produits pétrochimiques présents dans 24 pays. Selon le communiqué de presse de l’OGC Nice, le groupe emploie 19.000 personnes pour un chiffre d’affaires de 60 milliards d’euros.

« L’aspect commercial »

« L’objectif est aussi de développer le club dans l’aspect commercial, pas uniquement dans l’aspect sportif, a exposé Bob Ratcliffe lors de la conférence de presse du nouvel actionnaire. Nous n’arriverons pas à atteindre nos objectifs uniquement en dépensant de l’argent. Concernant le budget de 50 millions d’euros, nous pouvons le faire augmenter notamment avec l’aspect commercial, à la diffusion. Nous allons beaucoup travailler sur cet aspect-là. »

Deux ans avant l’OGC Nice, quand le Lausanne Sport a vu ces mêmes investisseurs débarquer en novembre 2017, les yeux des supporters ont brillé. « Lorsqu’ils sont arrivés, ils avaient un projet très ambitieux pour le club tant sportivement que du côté des infrastructures et de la réorganisation, explique André Boschetti, journaliste sportif à Lausanne pour le quotidien 24 heures. En dehors du domaine sportif, ils ont tenu tous les engagements : ils ont employé 20 personnes pour l’administratif, ils ont lancé le projet de nouveau stade… Mais au niveau sportif, ça ne s’est pas passé comme ils l’espéraient. »

« La puissance de l’économie du football »

Cinquième de Super League (l’équivalent de la Ligue 1) à Noël, Lausanne tombe en Challenge League six mois plus tard. La saison d’après, le plus haut budget de deuxième division finit seulement troisième. « Du coup, ils ont fait une cure d’amaigrissement dans le budget et le groupe, pointe le journaliste. Ils ont diminué la masse salariale d’environ 2 millions de francs suisse. » Enzo Zidane notamment quitte le club en juin dernier. C’est le prix à payer pour que le FC Lausanne remonte au classement.

« L’objectif avec Lausanne, ce n’est pas de gagner la Champions League mais d’être connecté aux instances sportives. L’intérêt avec le leader mondial du cyclisme, c’est le branding, énumère Vincent Chaudel, économiste et fondateur de l’Observatoire du sport business. Avec l’OGC Nice, ce n’est pas la même logique. On est sur une autre approche : Ratcliffe a conscience de la puissance de l’économie du football. »

Une synergie avec Lausanne

A en croire son PDG, Ineos ne fera donc pas chauffer la carte bleue à Nice. « C’est une bonne opération, affirme Claude Chaudel. Le club dispose d’un nouveau stade, d’un nouveau centre d’entraînement et de formation, bientôt du tram avec une marge de progression importante en termes d’affluence. Les planètes ont tendance à bien s’aligner. »

D’autant qu’Ineos compte bien créer une synergie avec le Lausanne Sports. Pour faire de ses différents clubs une galaxie. De jeunes joueurs formés à Lausanne ou des pépites découvertes en Suisse pourraient venir fournir les troupes de l’OGC Nice. Mais pas d’empressement : le projet est établi « sur 3 à 5 ans ».