Draft NBA: «Toutes les franchises sont venues le voir»... Le prodige du CSP Limoges, Sekou Doumbouya, drafté par les Pistons

BASKET Avec la 15e position à la Draft, l'ex-Limougeaud prend la direction de Detroit, où il retrouvera notamment Blake Griffin

Maxime Ducher

— 

Sekou Doumbouya a été drafté en 15e position par les Pistons de Detroit, le 20 juin 2019.
Sekou Doumbouya a été drafté en 15e position par les Pistons de Detroit, le 20 juin 2019. — Sarah Stier / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Seulement 18 ans et déjà un nom qui circule dans les couloirs NBA depuis une saison entière. Sekou Doumbouya, 2m05, ailier au CSP Limoges, s’est présenté la nuit dernière à la Draft NBA, moment solennel où les jeunes prodiges comme lui peuvent faire leur entrée dans la grande ligue nord-américaine.

Annoncé entre la 7e et la 13e position, il a finalement été choisi par les Pistons, en 15e pick. A Detroit, qui a fini en 8e position de la conférence Est (et s'est fait sweeper par Milwaukee au premier tour des playoffs), il retrouvera Blake Griffin, Andre Drummond et Reggie Jackson.

Mais avant d’en arriver là, le Limougeaud a su attirer du monde dans le Limousin. Depuis le début de saison, les équipes (ou franchises) NBA se pressent d’envoyer des recruteurs (ou scouts) dans l’Hexagone pour venir prospecter la pépite Doumbouya. « Toutes les franchises sont venues le voir, et même plusieurs fois pour certaines, confie l’assistant coach du CSP Limoges, Benjamin Villeger. A ma connaissance, il y a eu au moins quatre ou cinq General Managers (numéros 2 des équipes NBA) de franchises très fortes qui sont venus jusqu’à Limoges. Et quand ces gens-là se déplacent, c’est bien qu’ils ont une idée derrière… »

Jeune, athlétique, scoreur, Sekou Doumbouya fait partie de ces un ou deux prodiges que le cru français parvient à produire chaque année. Il y a deux ans, c’est Frank Ntilikina qui a eu l’honneur d’être choisi en 8ème position à la Draft, un record pour un Frenchie.

Mais avant d’engager une pépite dans l’aventure NBA, les franchises doivent s’assurer qu’elles ne prennent aucun risque en choisissant ce joueur-là en particulier. Pour cela, les équipes envoient des recruteurs pour scruter dans les moindres détails les joueurs à fort potentiel comme Sekou Doumbouya. Jean (le nom a été changé) est l’un de ces « espions » en France, il travaille pour une équipe NBA dont il n’a pas le droit de dévoiler le nom. « Je suis allé voir Sekou au minimum dix fois. Mon travail est de m’assurer de tout savoir sur lui. Donc je parle avec tous les gens autour de lui pour savoir comment il se comporte avec ses coéquipiers, comment il est avec le personnel, les spectateurs etc. »

Des doutes évacués

« Les scouts nous posent énormément de questions, explique l’assistant coach du CSP. Les franchises veulent savoir s’il est entraînable, s’il vient à l’heure aux entraînements, s’il s’intègre bien dans le groupe malgré son jeune âge. » En effet, Sekou Doumbouya n’a que 18 ans, ce qui est très jeune dans un effectif de Jeep Elite, et a pu faire naître quelques doutes dans l’esprit des recruteurs cette saison. Blessé puis opéré en début d’année 2019, il a ensuite rassuré par son niveau de jeu excellent sur la deuxième partie de championnat (avec un pic à 34 points contre Levallois lors du dernier match de la saison). Quant à son comportement, le staff de Limoges assure n’avoir eu « aucun souci » avec son joueur, même s’il avait connu quelques dérives lorsqu’il était encore à l’Insep.

« Il faut savoir séparer les légendes de la réalité, affirme Jean, le recruteur NBA. Parce que sur un joueur comme Sekou, qui est arrivé à maturité très très tôt, on a parfois tendance à oublier son âge. A priori il a fait des conneries à l’Insep, mais ce ne sont pas des questions qui revenaient souvent dans mes entretiens avec son entourage. Le problème souvent en France, c’est qu’on ne se rend pas compte que les équipes NBA ne cherchent pas forcément une belle histoire, elles veulent juste connaître l’histoire. Quand elles doivent mettre des millions de dollars sur un contrat, le but c’est qu’elles soient au courant de ces choses-là. »

Ça parle donc beaucoup dans le dos de Sekou Doumbouya, mais en attendant, lui n’a qu’à s’occuper du terrain et vu le gabarit, ça peut donner du lourd dans quelques années.