NBA: Comment les Bucks de Milwaukee sont devenus cools (en partant de très loin)

BASKETBALL Les Bucks sont parvenus à remettre Milwaukee sur la carte du basket américain 

Maxime Ducher

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Le «Greek Freak» est un sérieux  prétendant au titre de MVP cette saison.
Le «Greek Freak» est un sérieux prétendant au titre de MVP cette saison. — Morry Gash/AP/SIPA
  • Les Bucks atteignent cette saison les finales de conférence pour la première fois depuis 2001.
  • En 2013, Milwaukee est tombée sur une pépite en draftant Giannis Antetokounmpo, un Grec sans référence universitaire, sorti de nulle part.
  • Aujourd'hui, il emmène sa franchise (quasiment) au sommet de la NBA, une place qu'elle n'a que peu connu dans son histoire (un seul titre en 1971).

Showtime, dunks en pagaille, équipe sexy… Bienvenue au fin fond du Wisconsin, à Milwaukee. Enfin, ça c’est pour cette année. Car jusqu’alors, « Cream City », perdue dans le grand nord des Etats-Unis, végétait un peu. Sans titre de NBA depuis près de cinquante ans (1971), ni de joueur majeur depuis vingt ans -- avec Ray Allen -- les Bucks n’étaient pas franchement la franchise qui fait parler (ni rêver). Et pourtant, c’est là qu’est le spectacle, maintenant.

Premier de la saison régulière à l’Est, Milwaukee retrouve mercredi soir les Toronto Raptors, pour le premier match de la finale de conférence Est. Si l’affiche est inédite, retrouver la cité côtière du lac Michigan à un tel niveau dans le sport US l’est presque tout autant (0 titre majeur en baseball, football américain ou hockey sur glace).

La première raison de ce renouveau est grecque et vient de nulle part ou presque (de deuxième division grecque justement) : Giannis Antetokounmpo. Drafté en 2013 en 15ème position, le « Greek Freak » possède un jeu complet et des qualités athlétiques hors norme : 2m11, 110 kg et une envergure de 2m21. Excellent en attaque comme en défense, les stats de cet archétype du basketteur parfait parlent d’elles-mêmes (27.7 points, 12.5 rebonds, 5.9 passes décisives en saison régulière) et font de lui le « franchise player » que recherchait Milwaukee depuis le départ d’Allen en 2003.

De nouveaux investisseurs

« Un coup de draft extraordinaire pour un joueur n’ayant aucune référence universitaire », estime le consultant BeIN Sports Jacques Monclar. Surtout dans une franchise qui avait trouvé le moyen d’échanger – juste après l’avoir drafté en 1998 – l’immense Dirk Nowitzki contre Robert Traylor, dont la page Wikipédia n’excède pas les cinq lignes. « Giannis Antetokounmpo est déjà devenu un joueur dominant, reprend Monclar. L’ancien coach, Jason Kidd, a cru en lui il y a quatre ans, et ils ont monté une équipe autour de lui avec des joueurs expérimentés et certains jeunes, parce qu’Antetokounmpo est monstrueux. Il remplit toutes les cases. »

 

Hors des terrains, Milwaukee tente de lutter avec les plus gros business de la NBA. En 2018, selon Forbes, la franchise du Wisconsin pesait 1 milliard de dollars, soit la 26ème équipe sur les 30 de la Ligue. Très loin derrière les 3,6 milliards de dollars des New York Knicks, leaders en la matière. Les Bucks ont ainsi convaincu la star de football américain Aaron Rodgers de devenir actionnaire et deux hommes d’affaires américains d’investir 550 millions de dollars (490 millions d’euros) dans le club et 100 millions de dollars supplémentaires dans un nouvel écrin. Bye bye le BMO Harris Bradley Center, troisième plus ancienne salle de NBA. Welcome le Fiserv Forum et ses 17 500 places, où le record historique d’abonnements a déjà été battu cette saison (10 000).

Malgré sa volonté de rayonner un peu plus face aux mastodontes américains, Milwaukee reste « un petit marché », selon Jacques Monclar. « Il y a eu l’époque Abdul-Jabbar dans les années 1960-1970, puis une embellie avec Ray Allen vers 2000. C’est une équipe constante de la NBA, mais ils ne sont jamais revenus vraiment au très haut niveau. » Une destination qui pouvait paraître compliquée pour des joueurs devenus hommes d’affaires « qui rêvent davantage de Miami ou Los Angeles [coucou LeBron James] » que de la petite maison dans la prairie au bord du Michigan. Enfin ça, c’était avant l’arrivée de Giannis.