Affaire Caster Semenya: La Fédération sud-africaine compare la décision du TAS à l'apartheid

ATHLETISME La championne olympique du 800m a été déboutée de son recours contre le nouveau règlement de la Fédération internationale concernant les athlètes hyperandrogènes

M.D.

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Caster Semenya devra prendre un traitement hormonal pour participer aux Mondiaux de Doha en septembre prochain.
Caster Semenya devra prendre un traitement hormonal pour participer aux Mondiaux de Doha en septembre prochain. — Petr David Josek/AP/SIPA

« Profondément déçue et profondément choquée. » C’est ainsi que la Fédération sud-africaine d’athlétisme a réagi à la décision du Tribunal arbitral du sport (TAS) contre Caster Semenya, en la comparant à la politique de l’apartheid qu’a connu le pays entre 1948 et 1991. La coureuse sud-africaine et sa fédération ont annoncé qu’elles feraient appel dans les prochains jours.

Rappel des faits. Double championne olympique et triple championne du monde du 800m, Caster Semenya avait déposé un recours contre la Fédération internationale d’athlétisme (IAAF) après l’évolution de son règlement concernant les athlètes hyperandrogènes, c’est-à-dire qui sécrètent un niveau élevé d’hormones sexuelles mâles. L’instance avait déclaré que ces athlètes bénéficiaient d’un avantage anormal et que Caster Semenya et ses consœurs devraient donc désormais prendre un traitement hormonal pour faire baisser leur taux de testostérone.

Semenya déterminée à poursuivre son combat

Le débat mis sur la table, le TAS a donc été prié de trancher. Verdict : L’IAAF sort vainqueur de cette joute éthique.

Semenya et l’ASA (Fédération sud-africaine d’athlétisme) n’ont pas été en mesure d’établir que le règlement était "invalide", ont indiqué les rapporteurs du tribunal. La formation du TAS a déterminé que le règlement était discriminatoire mais que […] une telle discrimination constituait un moyen nécessaire, raisonnable et proportionné d’atteindre le but recherché par l’IAAF, à savoir de préserver l’intégrité de l’athlétisme féminin dans le cadre de certaines disciplines. »

Ce à quoi l’athlète a répondu via un communiqué publié par ses avocats : « La décision du TAS ne m’arrêtera pas ». Elle a également été soutenue par SOS Homophobie sur Twitter.

Quatrième coureuse la plus rapide de l’histoire sur 800m, Caster Semenya a encore du chemin à parcourir pour remporter cette course face au règlement.