XV de France: «Ils imposent de longues séquences à l'adversaire», Brunel s'attend à (encore) prendre la marée contre l'Irlande

RUGBY Le sélectionneur se souvient bien du match de l'année dernière au Stade de France

N.C., à Marcoussis

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Jacques Brunel, le sélectionneur du XV de France, lors de la victoire contre l'Ecosse le 23 février 2019 au Stade de France.
Jacques Brunel, le sélectionneur du XV de France, lors de la victoire contre l'Ecosse le 23 février 2019 au Stade de France. — Anne-Christine POUJOULAT / AFP

Souvenez-vous l’hiver dernier. Début février, au Stade de France, les Bleus mènent d’un point face à l’Irlande et pensent tenir, enfin, une victoire face à l’une des meilleures nations du monde. A la 77e minute, Belleau manque la pénalité qui aurait tué le match et les Irlandais récupèrent le ballon. Il leur reste trois minutes pour remonter 60 mètres et aller marquer. Pendant huit interminables minutes, ils vont avancer et avancer encore, enchaînant une bonne quarantaine de temps de jeu sans jamais perdre la possession ni se mettre à la faute. Et au bout du bout du temps additionnel, aller chercher la gagne  grâce à un drop de Jonathan Sexton (15-13).

Si vous n’avez pas les images en tête, Jacques Brunel, lui, n’a pas oublié. Avant de retrouver les Irlandais, dimanche à Dublin, il s’attend à voir à nouveau les vagues vertes déferler sur le camp français. « Ils ont cette capacité à tenir le ballon, à imposer de longues séquences à adversaire. Je vois mal comment ça pourrait ne pas ressembler à d’habitude, a estimé le sélectionneur ce mardi à Marcoussis. L’Irlande va rester sur ses forces, ses constantes, et nous on va tenter de rester sur la même quantité de plaquage. »

Brunel fait ici référence aux chiffres astronomiques de ce fameux dernier match. Ultra-dominés (68 % d’occupation du terrain et 68 % de possession pour l’Irlande), les Bleus avaient terminé la rencontre avec 267 plaquages au total (96 % de réussis), d’après les stats de l’entraîneur de la défense Jean-Jacques Bederede. Quand on sait que la moyenne internationale se situe dans les 160 par match, ça en dit long sur la performance défensive des Bleus - ou sur le bouillon qu’ils avaient pris, au choix.

« Réfléchir à comment être efficace »

« On doit encore s’attendre à cette pression, note Brunel. Il va falloir tenir compte de leur force, mais aussi réfléchir à comment être efficace contre elle. C’est le challenge, difficile, que toutes les équipes ont à relever contre l’Irlande. » L’Angleterre, vainqueur 32-20 à Dublin en ouverture du Tournoi, y est parvenue. L’Italie aussi, pendant 40 minutes, il y a deux semaines.

De là à dire que l’Irlande est moins impressionnante qu’il y a un an ? « Elle est toujours deuxième nation mondiale. L’Angleterre est passée par là, du coup on se pose des questions. Mais c’est très relatif tout ça. On voit le pays de Galles invincible aujourd’hui, mais on ne pensait peut-être pas la même chose à la mi-temps de notre match. Ce sont des impressions. L’Irlande reste obligatoirement une nation forte car elle a des certitudes dans le jeu », assène le sélectionneur. Avec une pointe d’envie dans la voix.