Djelkhir frappe fort et va en finale

JO2008 Le boxeur se hisse en finale à l'issue d'un combat express. Il se bat samedi pour la médaille d'or...

Stéphane Colineau

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Le Français Khédafi Djélkhir accède à la finale des - de 67 kilos à Pékin après l'abandon de l'Azéri Shahin Imranov, le 22 aoüt 2008.
Le Français Khédafi Djélkhir accède à la finale des - de 67 kilos à Pékin après l'abandon de l'Azéri Shahin Imranov, le 22 aoüt 2008. — © Lee Jae Won / Reuters
Envoyé spécial à Pékin

Il s'obstine à l'appeler «Khadafi», mais promis, il ne pense pas à mal. Brahim Asloum, figure tutélaire de la boxe amateur française, est juste en train de rendre hommage à l'un de ses successeurs, le jeune Khédafi Djelkhir.

Le poids plume (moins de 57 kilos) est en finale de sa catégorie depuis sa victoire face à l'Azéri Imranov ce vendredi à Pékin. Et de quelle manière: «Kadhafi, c'est un bulldozer, il n'a pas de marche arrière» commente Asloum.

Ce n'est pas Imranov qui démentira. Le boxeur a préféré s'en tenir à sa médaille de bronze plutôt que de supporter les foudres de Djelkhir pendant quatre rounds. Il jette l'éponge à la fin du premier round en raison d'une douleur au coude, alors que le Français mène 5 à 2 grâce à cinq touches consécutives.

Asloum: «Il a trois poumons»

«C'est la deuxième fois qu'il me fait ça, commente Djelkhir. A chaque fois il dit qu'il a mal au bras ou au coude. Mais ce n'est pas mon problème. En tout cas j'ai vu de la crainte dans ses yeux avant de monter sur le ring.»

Une crainte justifiée. Plus expérimenté, Imranov commence le combat en s'accrochant. Il marque deux fois. Mais Djelkhir accélère très nettement, trouve son rythme et sa distance, perfore la défense de son adversaire à tous les coups ou presque: «Ce qu'il y a de fort avec lui c'est qu'il a trois poumons» s'amuse Asloum. «Il a fait mal à Imranov, il l'a complètement cassé» renchérit Dominique Nato, le directeur technique national.

En finale, samedi (13 h 35 à Paris) le combat s'annonce autrement compliqué. L'Ukrainien Lomachenko impressionne beaucoup depuis le début de la compétition: «Je ne vais pas changé quoi que ce soit dans ma façon de boxer, on ne change pas une équipe qui gagne», prévient Djelkhir. Asloum se régale d'avance devant l'opposition de style entre les deux hommes: «Techniquement l'Ukrainien a tout. Mais il risque de se faire asphyxier par Khadafi.» Le boxeur, pas l'autre.