Le club San Martin de Progreso, théâtre des premiers exploits d'Emiliano Sala, rend hommage samedi 16 février 2019 au footballeur argentin, décédé dans un accident d'avion.
Le club San Martin de Progreso, théâtre des premiers exploits d'Emiliano Sala, rend hommage samedi 16 février 2019 au footballeur argentin, décédé dans un accident d'avion. — Natacha Pisarenko/AP/SIPA

FOOTBALL

VIDEO. Mort d'Emiliano Sala: Le dernier adieu au footballeur, chez lui en Argentine

Dans le gymnase du club de Progreso, une chapelle ardente a été dressée pour accueillir la famille, les amis, les habitants du village et les représentants des clubs de Nantes et Cardiff

Le village de Progreso, où a grandi Emiliano Sala, rend hommage samedi au footballeur argentin, décédé lors d’un accident d'avion au-dessus de la Manche le 21 janvier, alors qu’il venait d’être transféré de Nantes à Cardiff. Dans le gymnase du club San Martin, une chapelle ardente a été dressée pour accueillir la famille, les amis, les habitants de ce village de 3.000 habitants qui connaissaient tous « Emi », et les représentants de son ancien et de son futur club.

Devant le siège du club, le premier de Sala, une banderole dit : « Emi, tu ne marcheras jamais seul », reprenant le mot d’ordre du club de Liverpool. Une dizaine de personnes ont pénétré vers 7h30 heure locale,, dès son ouverture, dans la chapelle ardente dressée dans le gymnase, dont Susana Palometa, la cinquantaine, un bouquet de fleurs à la main, qui sèche ses larmes avec un mouchoir. Le père, la mère, le frère, la soeur et les amis les plus proches d’Emiliano Sala étaient arrivés plus tôt.

« Les gens vont pouvoir se recueillir devant son cercueil, déposer une lettre, un dessin, des fleurs. Il représentait beaucoup pour nous, c’est un village ici, Emi était la célébrité, l’unique footballeur à réussir à devenir professionnel », a dit à l’AFP le président du club San Martin, Daniel Ribero.

A Progreso, on se souvient d’Emi à bicyclette, de ses footings, de ses buts. Quand il marquait dans le championnat de France, le défi permanent était de dénicher une vidéo de l’action de but. « On va lui donner les adieux qu’il mérite, promet le maire de Progreso, Julio Muller. Emi, pour Progreso… Nous nous sentions tous Emiliano Sala. Sa carrière n’a pas été facile, il est parti de chez lui à 15 ans, il a dû surmonter de nombreux obstacles, et il y est arrivé. C’était notre idole ».

Avec son groupe d’amis de Progreso, Emiliano vivait pour le football toute l’année. En été, ils campaient près d’un terrain de football dans la propriété d’un d’eux, et y jouaient le 31 décembre le dernier match de l’année. Quand ses amis ou sa mère lui rendaient visite en France, Il passait commande de « dulce de leche » (confiture de lait) et d’alfajores, pâtisseries typiques d’Argentine.

La tante d'Emiliano Sala, devant le funerarium de Progreso, le 16 février.
La tante d'Emiliano Sala, devant le funerarium de Progreso, le 16 février. - Natacha Pisarenko/AP/SIPA

Diego Solis a les larmes aux yeux quand il écoute à nouveau les messages WhatsApp du footballeur, qu’il a entraîné lors de ses deux dernières années au club de Progreso. « Pour son anniversaire, le 31 octobre, nous lui avons envoyé un message vocal avec mes filles, il nous a répondu qu’il offrirait des maillots de Nantes en échange d’un barbecue [à Progreso]. Au-delà de son talent de footballeur, on se souviendra de ses qualités humaines, sa simplicité. »

Son ami Nicolas Pallois présent aux funérailles

Nicolas Silva, ancien compagnon d’attaque d’Emiliano Sala, regrette de ne pas pouvoir se rendre à Progreso. Joueur du club de Banfield, son entraîneur Hernan Crespo ne lui a pas donné de bon de sortie.

« Pendant deux saisons, 2008 et 2009, nous avons été prêtés ensemble au club de Juventud Guadalupe par Proyecto Crecer, l’académie des Girondins de Bordeaux en Argentine. Nous habitions dans la même maison, avec d’autres jeunes footballeurs. C’était un crack. Il était au-dessus du lot, se rappelle-t-il. Nous nous entendions bien sur le terrain. Quand on terminait l’entrainement, on restait, je lui envoyais des centres et il travaillait son efficacité devant le but. Il disait toujours : « si tu as du mal, entraîne-toi deux fois plus ». »

A des milliers de kilomètres de Progreso, le FC Nantes jouera dimanche à Monaco ; les joueurs ont prévu deux séquences d’hommage, avant le match puis à la 9e minute, en souvenir du numéro qu’il portait sur le terrain. Nicolas Pallois, défenseur central de Nantes, a lui été excusé par l’entraîneur Vahid Halilodzic pour cette rencontre de championnat. Avec le secrétaire général du FC Nantes, Loïc Morin, il sera à Progreso auprès de la famille Sala.

Conflit entre Nantes et Cardiff

Le directeur général de Cardiff Ken Choo et l’entraîneur des Blue Birds Neil Warnock, qui avaient fait signer l’Argentin moyennant une indemnité de transfert de 17 millions d’euros, seront également présents aux obsèques. Nantes et Cardiff sont en conflit car le club gallois n’a pas honoré le premier versement prévu dans le cadre du transfert.

L’hommage se terminera par une messe, donnée par le curé d’une paroisse voisine. Puis le corps sera incinéré. « Contre l’avis du père, et peut-être même d’Emi », confie du bout des lèvres un membre du club.