Dabaya y va «cool»
JO2008•Porte-drapeau du Cameroun à Athènes, il est maintenant la meilleure chance de médaille française en haltérophilie depuis trente deux ans...Pierre Koetschet
Envoyé spécial à Pékin
Il ne fait pas bon avoir une petite originalité, quand on est un athlète de haut niveau. Car les médias ont tôt fait de se jeter dessus, quitte à oublier les qualités purement sportives souvent hors du commun qui ont conduit l’athlète en question aux Jeux olympiques.
Evacuons donc rapidement la petite histoire de Vencelas Dabaya. Né à Kumba il y a vingt-sept ans, porte-drapeau du Cameroun en 2004 à Athènes, il est aujourd'hui la meilleure chance de médaille française en haltérophilie depuis trente-deux ans, en lice mardi dans la catégorie des 69 kg.
Bien sûr, Vencelas Dabaya répond de bonne grâce à toutes les questions sur son changement de drapeau. «J’ai cette culture de posséder deux nationalités, c’est naturel pour moi. Si je pouvais être celui qui permet à mon sport d’être mieux connu en France, je serai très fier.» Car le choix de Dabaya est d’abord celui de la raison.
Il se lance dans l’haltérophilie très jeune, en cachette, car ses parents s’opposent à la pratique de ce sport, pourtant très développé au Cameroun. La raison: la discipline n'est pas sans risque. Le petit Vencelas s’accroche tout de même, et obtient finalement la bénédiction de son père mourant: «Fais-le de la plus belle des façons. Fais-toi connaître du monde entier»
Pour respecter cette promesse, il arrive en France en 1999, il y trouve de meilleures conditions d’entraînement, et une fédération plus compréhensive et bien contente de récupérer un oiseau rare.
Naturalisé en 2004, il devient champion de France en 2005 et champion du monde l’année suivante. «Il est, de loin, notre meilleure chance de médaille», reconnaît Vincent Rigaud, DTN adjoint de l’équipe de France.
Un objectif qui s’est un peu compliqué car il se retrouve dans le groupe A avec les Chinois Liao Hui et Shi Zhiyong. La tâche s'annonce ardue.Pas de quoi inquiété Dabaya, plutôt relax. «Je veux juste donner le meilleur de moi-même. La seule fois où je me suis mis la pression, j’ai perdu. Maintenant, je reste cool.» Une méthode qui pourrait bien marcher mardi.



















